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Par l’une de ces habituelles ruses de la raison…

« Par l’une de ces habi­tuelles ruses de la rai­son chères à Hegel, le vrai sens de l’histoire sera dis­si­mu­lé jus­qu’au bout aux pro­ta­go­nistes qui occupent l’avant-scène de la révolte étu­diante, mais ne voient rien de la pièce qu’ils sont en train de jouer, s’agitant, à l’image de Daniel Cohn-Ben­dit, le divin rou­quin”, comme des acteurs enivrés par leur logo­ma­chie et leur ver­bi­gé­ra­tion. Plus que les formes tra­di­tion­nelles des luttes sociales et du com­bat poli­tique en l’efficacité des­quelles ils ne croient pas, les enra­gés” s’attachent à mettre en avant la force sub­ver­sive de la libé­ra­tion du désir. Contrai­re­ment à la pro­phé­tie de Raoul Vanei­gem et des pen­seurs de l’Internationale situa­tion­niste, ce ne sera pas la socié­té mar­chande qui céde­ra sous les coups des guer­riers du plai­sir à outrance”, mais l’idéologie du désir qui ser­vi­ra l’expansion du mar­ché. Sous cou­vert d’une contes­ta­tion radi­cale du sys­tème, le modèle cultu­rel de libé­ra­tion des mœurs por­té par le mou­ve­ment se révé­le­ra infi­ni­ment mieux adap­té aux exi­gences struc­tu­relles du capi­ta­lisme de consom­ma­tion que l’encadrement nor­ma­tif des socié­tés tra­di­tion­nelles. Sous les pavés, il n’y avait pas la plage, mais Paris Plages. »

Patrick Buis­son
La Cause du peuple, édi­tions Per­rin, 2016

À propos de l'auteur

Patrick Buisson, né le 19 avril 1949 à Paris, est un journaliste, politologue et conseiller politique français. Militant pour l'union des droites, il est aussi spécialiste des études d'opinion, directeur général de la chaîne Histoire de 2007 à 2018 et conseiller du président Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012.
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L’ennemi des médias de l’oligarchie…

« L’ennemi des médias de l’oligarchie est clai­re­ment défi­ni : c’est l’homme fidèle à ses racines eth­niques, cultu­relles, his­to­riques, reli­gieuses : c’est le natio­nal, l’identitaire, le patriote, le catho­lique, celui qui est atta­ché aux per­ma­nences anthro­po­lo­giques, aux valeurs tra­di­tion­nelles et à son terroir. »

Jean-Yves Le Gallou
La socié­té de pro­pa­gande. Manuel de résis­tance au gou­lag men­tal, édi­tions de La Nou­velle Librai­rie, Coll. Car­touches, 2022

J’ai gardé les pieds sur ma propre Terre maternelle…

« J’ai construit, je le crois, une époque ima­gi­naire, mais quant au lieu j’ai gar­dé les pieds sur ma propre Terre mater­nelle. Je pré­fère cela à la mode moderne qui consiste à recher­cher des pla­nètes loin­taines dans « l’espace ». Quoique curieuses, elles nous sont étran­gères, et l’on ne peut les aimer avec l’amour de ceux dont nous par­ta­geons le sang. La Terre du Milieu n’est pas (à pro­pos et si une telle note est néces­saire) de ma propre inven­tion. C’est une moder­ni­sa­tion, ou une alté­ra­tion d’un terme ancien dési­gnant le monde habi­té par les Hommes, oikou­menē : milieu parce qu’elle est vague­ment figu­rée comme pla­cée entre les Mers encer­clantes et (dans l’imagination du Nord) entre la glace au Nord et le feu au Sud. Vieil anglais mid­dan-geard, moyen anglais mid­den-erd, middle-erd. De nom­breux cri­tiques semblent croire que la Terre du Milieu est une autre planète ! »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n°211, édi­té par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

Il n’avait aucune histoire propre…

« Par ailleurs, et j’espère ici ne pas paraître absurde, j’ai très tôt été attris­té par la pau­vre­té de mon propre pays bien aimé : il n’avait aucune his­toire propre (étroi­te­ment liée à sa langue et à son sol), en tout cas pas de la nature que je recher­chais et trou­vais (comme ingré­dient) dans les légendes d’autres contrées. Il y avait les grecques, les celtes, et les romanes, les ger­ma­niques, les scan­di­naves et les fin­noises (qui m’ont for­te­ment mar­qué), mais rien d’anglais… »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n°131, édi­té par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

Le sans-couronne redeviendra roi…

« Tout ce qui est or ne brille pas,
Ne sont pas per­dus tous ceux qui vagabondent ;
Ce qui est vieux mais fort ne se flé­trit pas,
Le gel n’atteint pas les racines profondes.
Des cendres, un feu sera attisé,
Une lueur des ombres surgira ;
Refor­gée sera l’épée qui fut brisée :
Le sans-cou­ronne rede­vien­dra roi. »

John Ronald Reuel Tolkien
La Fra­ter­ni­té de l’Anneau (1954), trad. Daniel Lau­zon, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2014, Livre I, chap. 10.

Les philosophes grecs n’approuvaient pas la démocratie…

« L’autre jour à la Chambre, M. Eden a expri­mé sa dou­leur face aux évé­ne­ments en Grèce, la patrie de la démo­cra­tie”. Est-il igno­rant ou de mau­vaise foi ? δημοχρατία n’était pas, en grec, un terme posi­tif, mais presque l’équivalent de loi de rue” ; et il a omis de signa­ler que les phi­lo­sophes grecs (et la Grèce est bien davan­tage la patrie de la phi­lo­so­phie) n’approuvaient pas la démo­cra­tie. Et les grands États grecs, en par­ti­cu­lier Athènes à l’époque de son apo­gée artis­tique et poli­tique, étaient plu­tôt des dic­ta­tures, si elles n’étaient pas des monar­chies mili­taires comme Sparte ! Et la Grèce moderne a aus­si peu de rap­port avec l’ancienne Hel­lade que nous en avons, nous, avec la Bre­tagne d’avant Julius Agricola. »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n°94, édi­té par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

J’ai un amour particulier pour la langue latine…

« Auden a affir­mé que pour moi, le nord est une direc­tion sacrée”. Cela n’est pas vrai. Le nord-ouest de l’Europe, où je vis (tout comme la plu­part de mes ancêtres), a mon affec­tion, comme le mérite le foyer de tout homme. J’aime son atmo­sphère et en sais plus sur son his­toire et ses langues que sur celles d’autres régions ; mais ce n’est pas sacré”, ni n’épuise toute mon affec­tion. J’ai par exemple un amour par­ti­cu­lier pour la langue latine, et par­mi ses des­cen­dants, pour l’espagnol. Ces pro­pos ne sont pas vrais de mon his­toire, comme une simple lec­ture des synop­sis le mon­te­rait. Le Nord fut le siège de la place fort du Diable. Le fil du récit débouche sur ce qui res­semble à la réins­tau­ra­tion d’un véri­table Saint Empire Romain dont la capi­tale serait Rome, bien plus qu’à tout ce que pour­rait conce­voir un Nor­dique”. »

John Ronald Reuel Tolkien
Lettres (1981), n°294, édi­té par Hum­phrey Car­pen­ter et Chris­to­pher Tol­kien, trad. Del­phine Mar­tin et Vincent Fer­ré, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 2005

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