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Citations sur l'Italie

Citations sur l'Italie : découvrez 4 citations de Dino Buzzati, Jean-François Gautier, Guy de Maupassant, Philippe de Villiers

La nature a multiplié ses inépuisables inventions…

« Les sculp­teurs d’au­jourd’­hui feraient bien de redon­ner un peu de sang à leur ins­pi­ra­tion ané­mique en côtoyant les Éoliennes. Où la nature a mul­ti­plié ses inépui­sables inven­tions de monstres, de géants, d’a­rai­gnées tapies, d’orgues cyclo­péens aux tuyaux faus­sés, de sirènes tor­dues, de ruines crou­lantes, de masques dila­tés, d’au­tels consu­més, de flèches de gra­nit, d’af­freuses plaies sup­pu­rantes, de gnomes et d’ogres punis, de cita­delles per­fides et de cathé­drales pro­fa­nées. Et ain­si elle crée dans de très petits espaces des soli­tudes pro­fondes, et dans tous les coins condense ce qui est sa suprême beau­té, c’est-à-dire le mystère. »

Dino Buz­za­ti
L’é­cueil, in Les nuits dif­fi­ciles, nou­velles, 1971, trad. Michel Sager, édi­tions Robert Laf­font, Coll. Pavillon, 1972

Le dernier conservatoire des ferveurs européennes traditionnelles…

« Il a exis­té un catho­li­cisme rural qui, quant à lui, était poly­lâtre, à cultes mul­tiples, et magni­fiait nombre de saints locaux, ceux des ter­ri­toires parois­siaux. Il en sub­siste encore des traces en Bre­tagne, en Irlande, en Espagne ou en Ita­lie. Ce catho­li­cisme-là a été le der­nier conser­va­toire des fer­veurs euro­péennes tra­di­tion­nelles, très éloi­gnées des conte­nus mono­théistes officiels. »

Jean-Fran­çois Gautier
Entre­tien au site Le Rouge et le Noir, 5 avril 2016

Plus on est grisé, plus on est conquis par la séduction de ce voyage…

« Plus on est gri­sé, plus on est conquis par la séduc­tion de ce voyage dans une forêt d’œuvres d’art, plus on se sent aus­si enva­hi par un bizarre sen­ti­ment de malaise qui se mêle bien­tôt à la joie de voir. Il pro­vient de l’étonnant contraste de la foule moderne si banale, si igno­rante de ce qu’elle regarde avec les lieux qu’elle habite. On sent que l’âme déli­cate, hau­taine et raf­fi­née du vieux peuple dis­pa­ru qui cou­vrit ce sol de chefs‑d’œuvre, n’agite plus les têtes à cha­peaux ronds cou­leur cho­co­lat, n’anime point les yeux indif­fé­rents, n’exalte plus les dési­rs vul­gaires de cette popu­la­tion sans rêves. »

Guy de Maupassant
La Côte ita­lienne, 1890, in Au soleil sui­vi de La Vie errante et autres voyages, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 2015

Ceux qui crachent sur la France…

« Ceux qui crachent sur la France doivent par­tir vers les pays d’où ils viennent. La remi­gra­tion, c’est la migra­tion du retour. Il y eut, pour la France, une illus­tra­tion trau­ma­ti­sante d’une telle remi­gra­tion. C’est en 1962 : l’Algérie jette à la mer un mil­lion de Fran­çais ins­tal­lés depuis un siècle en terre algé­rienne. On peut sou­hai­ter que la migra­tion inverse soit moins trau­ma­ti­sante et moins bru­tale. […] La remi­gra­tion vaut pour ceux qui, chez nous, mettent le désordre ou cultivent une mélan­co­lie mâti­née de mépris. Les choses se feront natu­rel­le­ment. À la condi­tion que nous assu­mions notre iden­ti­té, que nous levions toute ambi­guï­té sur nos fier­tés et notre assu­rance sur l’avenir. Alors le malaise chan­ge­ra de côté. Et ceux qui ne s’y retrouvent plus par­ti­ront, comme la moi­tié des Ita­liens ou des Polo­nais, avant-guerre, ont quit­té la France, mal­gré nos racines communes. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

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