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Citations d’un auteur français

Par l’une de ces habituelles ruses de la raison…

« Par l’une de ces habi­tuelles ruses de la rai­son chères à Hegel, le vrai sens de l’histoire sera dis­si­mu­lé jus­qu’au bout aux pro­ta­go­nistes qui occupent l’avant-scène de la révolte étu­diante, mais ne voient rien de la pièce qu’ils sont en train de jouer, s’agitant, à l’image de Daniel Cohn-Ben­dit, le divin rou­quin”, comme des acteurs enivrés par leur logo­ma­chie et leur ver­bi­gé­ra­tion. Plus que les formes tra­di­tion­nelles des luttes sociales et du com­bat poli­tique en l’efficacité des­quelles ils ne croient pas, les enra­gés” s’attachent à mettre en avant la force sub­ver­sive de la libé­ra­tion du désir. Contrai­re­ment à la pro­phé­tie de Raoul Vanei­gem et des pen­seurs de l’Internationale situa­tion­niste, ce ne sera pas la socié­té mar­chande qui céde­ra sous les coups des guer­riers du plai­sir à outrance”, mais l’idéologie du désir qui ser­vi­ra l’expansion du mar­ché. Sous cou­vert d’une contes­ta­tion radi­cale du sys­tème, le modèle cultu­rel de libé­ra­tion des mœurs por­té par le mou­ve­ment se révé­le­ra infi­ni­ment mieux adap­té aux exi­gences struc­tu­relles du capi­ta­lisme de consom­ma­tion que l’encadrement nor­ma­tif des socié­tés tra­di­tion­nelles. Sous les pavés, il n’y avait pas la plage, mais Paris Plages. »

Patrick Buis­son
La Cause du peuple, édi­tions Per­rin, 2016

Ils reviendront…

« Ils revien­dront, ces dieux que tu pleures toujours
Le temps va rame­ner l’ordre des anciens jours
La terre a tres­sailli d’un souffle prophétique »

Gérard de Nerval
Les Chi­mères, 1854, édi­tions Mille et une nuits, coll. La Petite Col­lec­tion, 1999

La force est à l’origine de tout mouvement…

« La force est à l’origine de tout mou­ve­ment, de toute action et, néces­sai­re­ment, elle en est le cou­ron­ne­ment. La vie est l’épanouissement de la force et, hors de la force, il n’y a que néant. […] L’idée, la pen­sée, tant belle soit-elle, n’est que bulle de savon si elle ne s’étaye pas sur la force, si elle n’est pas fécon­dée par elle. »

Émile Pou­get
L’action directe, Édi­tion du Réveil ouvrier, 1910

Tu vois, Anastasie, le monde est vivant…

« Tu vois, Anas­ta­sie, le monde est vivant. Les pierres songent, les arbres mur­murent, les ani­maux pleurent. La terre grince, l’air s’agite, l’eau gémit, le feu gronde. Et l’homme, qui appar­tient pour­tant à ce monde, est deve­nu sourd et aveugle alors qu’il lui suf­fit d’une poi­gnée de runes pour défier les dieux ! Le Borgne s’est décar­cas­sé à déchif­frer la trame, à cra­cker le chiffre caché dans les étoiles, et pour quel résul­tat ? Des hommes qui achètent leurs rêves à Hollywood… »

Erik L’Homme
Déchi­rer les ombres, édi­tions Cal­mann-Lévy, 2018

Georges Bataille estimait que la violence de la corrida…

« Georges Bataille esti­mait que la vio­lence de la cor­ri­da, incar­née dans le jeu qu’entretient l’homme vivant avec sa propre mort et la bête qui est en lui, sym­bo­li­sait la recherche de trans­cen­dance de l’homme. Il voyait dans la tau­ro­ma­chie la sur­vi­vance d’un culte ren­du par les légion­naires romains au dieu Mithra. D’autres théo­ries existent. On sait par exemple que les Celtes avaient des jeux ritua­li­sés assez proches, de même que la fresque du palais de Cnos­sos en Crète montre un jeune homme sau­tant par des­sus un énorme tau­reau furieux. »

Gabriel Robin
« Les Tra­di­tions vivantes », inter­ven­tion à la 7ème jour­née de réin­for­ma­tion de Polé­mia, Paris, 18 octobre 2014

Le sentiment de ne plus habiter le vaisseau terrestre…

« Le sen­ti­ment de ne plus habi­ter le vais­seau ter­restre avec la même grâce pro­ve­nait d’une tré­pi­da­tion géné­rale fon­dée sur l’ac­crois­se­ment. Il y avait trop de tout, sou­dain. Trop de pro­duc­tion, trop de mou­ve­ment, trop d’énergies.
Dans un cer­veau, cela pro­vo­quait l’épilepsie.
Dans l’His­toire, cela s’ap­pe­lait la massification.
Dans une socié­té, cela menait à la crise. »

Syl­vain Tesson
Sur les che­mins noirs, 2016, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 2019

Et si nos malheurs venaient…

« Et si nos mal­heurs venaient de ce que nous vivons à trop grande échelle ? La terre se glo­ba­lise, les fron­tières se dis­solvent, les mar­chan­dises cir­culent. J’ai la subite envie de m’in­ven­ter une vie au 125000. C’é­tait le rêve des anar­chistes, des com­mu­nards et des Grecs qui lisaient Xéno­phon : réduire l’es­pace de notre agi­ta­tion, se replier dans un domaine, ne vou­loir atteindre que ce qui est acces­sible. Accueillir des pen­sées uni­ver­selles en culti­vant un lopin. Ne côtoyer que les gens que l’on peut aller visi­ter à pied. Ne man­ger que les pro­duits de sa propre région, en bref, vivre sur les che­mins noirs, ces sentes secrètes qui strient les feuilles de l’I­GN, échap­pant au contrôle de l’É­tat. Il est urgent de chan­ger d’échelle. »

Syl­vain Tesson
Une très légère oscil­la­tion, jour­nal 2014 – 2017, édi­tions des Équa­teurs, 2017

Ce long compagnonnage avec le courage…

« Ce long com­pa­gnon­nage avec le cou­rage m’a été utile en pri­son et lorsque je suis tom­bé malade, à la fin des années soixante-dix. Les heures tom­baient une à une dans le silence. Je m’a­van­çais sur les rebords du ver­tige, lorsque la ten­ta­tion de céder était trop forte. Je pen­sais alors à la nuit du tun­nel et à mes frères de mal­heur, aux heures d’at­tente dans les car­lingues avant de sau­ter, et à ma mère devant son ouvrage, avec son aiguille, point par point, dans la lumière pâle de l’hi­ver. Alors je mar­chais inté­rieu­re­ment, une res­pi­ra­tion après l’autre, pour atteindre la terre ferme, ou l’an­goisse lâchait prise.
Ce cou­rage-là me sera sans doute néces­saire en appro­chant de la mort. J’ai suf­fi­sam­ment vécu pour savoir que mes vic­toires pas­sées ne me garan­tissent pas contre l’af­fo­le­ment final. Cha­cun rejoue sa vie jus­qu’à la der­nière seconde. C’est sans doute à ce moment-là qu’il me fau­dra retrou­ver, une der­nière fois, le cou­rage de ma mère, son sou­rire et son regard vert. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Les sen­ti­nelles du soir, édi­tions les arènes, 1999

Sachez-le, c’était un crime…

« Pen­dant des années les cau­che­mars liés à l’é­va­cua­tion de Talung ont rejoint ceux de la dépor­ta­tion. J’a­vais le sen­ti­ment d’a­voir été par­jure. Ce mot veut-il dire encore quelque chose à une époque où la notion d’hon­neur est pas­sée à l’ar­rière-plan ? Disons qu’il ne s’a­gis­sait pas d’un ser­ment che­va­le­resque. Tout sim­ple­ment de cen­taines d’hommes et de femmes dont, par­fois, les moindres traits sont ins­crits dans ma mémoire et à qui, au nom de mon pays, j’a­vais deman­dé un enga­ge­ment au péril de leur vie. Nous les avons aban­don­nés en deux heures. Nous avons pris la fuite comme des mal­frats. Ils ont été assas­si­nés à cause de nous.
Sachez-le, c’é­tait un crime. »

Hélie Denoix de Saint Marc
Toute une vie, édi­tions les arènes, 2004

J’ai vu la grande France s’écrouler…

« J’ai vu la grande France s’é­crou­ler en quelques semaines. Je ne l’ai jamais oublié. Pre­nez les puis­sants d’au­jourd’­hui, tou­jours entre deux avions pri­vés et trois conseils d’ad­mi­nis­tra­tion, avec des rému­né­ra­tions fara­mi­neuses. Leur monde peut implo­ser en qua­rante-huit heures. Et com­bien d’entre eux se réfu­gie­ront sous la table, trem­blants de peur, à essayer de sau­ver leur peau ? »

Hélie Denoix de Saint Marc
Toute une vie, édi­tions les arènes, 2004

Je vois bien que pour croire à la différence…

« Je vois bien que pour croire à la dif­fé­rence il faut croire à un cer­tain abso­lu. Il faut croire à l’être. Un exis­ten­tia­liste végé­tant dans un monde non orien­té, où tout est per­mis, où rien n’a ni queue ni tête, où les capi­taines ont été dégra­dés par la mort de Dieu, où le 1er jan­vier est un jour comme un autre, où Sisyphe ne roule son caillou que par entê­te­ment, dans une espèce de bon­heur tout de même un peu som­maire, n’a évi­dem­ment que faire des dif­fé­rences. Mais aus­si ce sont les exis­ten­tia­listes qui ont prô­né le déses­poir envi­sa­gé comme une manière de vivre. Or, fran­che­ment, le déses­poir ne m’in­té­resse pas. »

Vla­di­mir Volkoff
Le com­plexe de Pro­custe, édi­tions Jul­liard – L’Âge d’Homme, 1981

La différence, qu’est-ce que c’est ?…

« La dif­fé­rence, qu’est-ce que c’est ?
Carac­tère ou ensemble de carac­tères qui dis­tingue une chose d’une autre”, pose le dic­tion­naire. Comme telle, la dif­fé­rence est le sup­port de la connais­sance. Ce n’est que par leurs dif­fé­rences que l’in­tel­li­gence peut sai­sir les choses. La dis­cri­mi­na­tion est sa fonc­tion pre­mière, et le monde ne lui est acces­sible que dans la mesure où il est com­po­sé d’élé­ments dis­tincts. Il ne sau­rait y avoir de connais­sance du chaos. »

Vla­di­mir Volkoff
Le com­plexe de Pro­custe, édi­tions Jul­liard – L’Âge d’Homme, 1981

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