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Citations sur l'homme

Nous vivons l’époque des évidences oubliées…

« Nous vivons l’époque des évi­dences oubliées. Répé­tons-nous donc. La nature, c’est tout ce qui, dans l’univers, n’est pas fait de main d’homme. Tout ce que homo faber, dans son obses­sion du contrôle total, ne contrôle, jus­te­ment, pas.
La nature autour et en face de nous est la limite de notre pou­voir sur la matière, sur le monde et sur notre propre des­tin. »

Slo­bo­dan Despot
« Sor­tir de la tour sans porte », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

L’idée-principe de la modernité…

« L’idée-principe de la moder­ni­té (du 17e siècle à la moi­tié du 20e) repo­sait sur la sépa­ra­tion entre la culture et la nature. L’homme était consi­dé­ré comme maître et pos­ses­seur de la nature” (Des­cartes). Cette domi­na­tion for­ce­née a abou­ti à la dévas­ta­tion du monde. Les sac­cages éco­lo­giques, dont l’actualité n’est pas avare le prouvent abon­dam­ment. Cette concep­tion : le sujet pen­sant domi­nant un objet inerte, a conduit, déchaî­ne­ment tech­no­lo­gique aidant, à une véri­table déca­dence spirituelle ! »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Durant toute la modernité…

« Durant toute la moder­ni­té, dès le 16e siècle et ses grandes décou­vertes, le 17e et la phi­lo­so­phie ratio­na­liste, le 18e siècle et la phi­lo­so­phie des Lumières met­tant au centre du monde l’homme et dans les grands sys­tèmes sociaux du 19e siècle, ce qui a été au centre des idéo­lo­gies était le mythe du pro­grès. Aujourd’hui le pro­gres­sisme, dont tous les hommes poli­tiques se gar­ga­risent laisse la place, en cette post­mo­der­ni­té nais­sante, à un nou­veau mythe, celui de l’écosophie. »

Michel Maf­fe­so­li
« L’émergence d’une sen­si­bi­li­té éco­so­phique », Livr’ar­bitres, hors-série « La nature comme socle – Actes du 7e col­loque annuel de l’Institut Iliade – Pour une éco­lo­gie à l’endroit », automne 2020

Il y a non seulement la nature en dehors de l’homme…

« Comme le montre très bien Camus, il y a non seule­ment la nature en dehors de l’homme, dont l’écologie poli­tique s’est empa­rée, mais aus­si la nature en l’homme, qui n’est d’ailleurs ni bonne, ni mau­vaise. Sans ce contre­poids qu’est l’amour du monde et des hommes tels qu’ils sont, sans cette accep­ta­tion du tra­gique de l’existence humaine, la révolte s’adosse à un pro­jet de sub­ver­sion, de décons­truc­tion, ou bien de des­truc­tion, comme les tota­li­ta­rismes qui ont cher­ché à saper tous les fon­de­ments anthro­po­lo­giques des socié­tés humaines pour fabri­quer de toutes pièces un homme nou­veau, libé­ré des entraves du pas­sé. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

Si le mouvement écologique est une prise de conscience…

« Si le mou­ve­ment éco­lo­gique est une prise de conscience de la déme­sure tech­no­lo­gique, cette conscience devrait s’étendre aux limites inhé­rentes à la condi­tion humaine et ne pas adhé­rer aux pro­jets divers mais conver­gents, qui vou­draient s’en prendre à la condi­tion sexuée, à l’énigme de la nais­sance et à la condi­tion mor­telle, qui favo­risent le carac­tère inter­chan­geable de toute chose et de tout être. Je constate aus­si qu’une autre branche de l’écologie, qui s’exprime chez les défen­seurs de la cause ani­male”, mani­feste fré­quem­ment une véri­table haine de l’humanité. »

Jacques Dewitte
« L’esprit conser­va­teur est le sou­ci de ce qui tient ensemble le monde de manière invi­sible », Limite, 12 mai 2016

Il ne s’agit certes pas de le domestiquer…

« Il ne s’agit certes pas de le domes­ti­quer, mais de se fami­lia­ri­ser à nou­veau avec le loup, de retrou­ver la fami­lia­ri­té avec tous les ani­maux sau­vages, avec toute une nature sau­vage qui n’est pas contre l’homme ni hors de lui, mais autour de lui, avec lui et en lui. »

Falk van Gaver
« Qui veut la peau des grands pré­da­teurs ? Au loup ! », Élé­ments n°170, février-mars 2018

C’est aussi en posant des limites à notre emprise…

« Ce n’est pas sim­ple­ment en vou­lant opti­mi­ser nos rela­tions avec notre habi­tat (par une ges­tion durable des éco­sys­tèmes) que nous nous sau­ve­rons. C’est aus­si en posant des limites à notre emprise, en res­pec­tant l’espace du sau­vage pour ce qu’il est, en posant un regard gra­tuit et, en un sens, fra­ter­nel sur le loup, le lynx et l’ours des Pyré­nées, sur le san­glier et le cra­paud accou­cheur, sur la chouette de teng­malm et l’azuré des paluds. Ain­si seule­ment, nous appro­che­rons peut-être, un peu mieux, ce que nous sommes et la signi­fi­ca­tion de notre appar­te­nance au monde. Médi­tons les vers d’Hölderlin : C’est en poète que l’homme habite sur cette terre.” »

Fabien Niez­go­da
Le sens de l’é­co­lo­gie poli­tique : une vision par delà droite et gauche, édi­tions Sang de la Terre, 2017

N’aborder la nature que dans le rapport utilitaire…

« N’aborder la nature que dans le rap­port uti­li­taire que l’homme peut entre­te­nir avec elle est pour­tant très pro­blé­ma­tique, y com­pris pour l’homme lui-même, comme j’ai cher­ché à le mon­trer pré­cé­dem­ment en m’appuyant sur la phi­lo­so­phie de Hei­deg­ger. Quoi qu’il en soit, entrer dans la logique comp­table de l’intérêt et ne pas accor­der à la nature une valeur intrin­sèque, c’est ris­quer de la voir pas­ser par pertes et pro­fits. L’évaluation de l’avantage résul­tant de la pré­ser­va­tion d’un espace natu­rel peut très bien esti­mer cet avan­tage infé­rieur à celui d’une exploi­ta­tion à court terme ou d’une des­truc­tion pure et simple. »

Fabien Niez­go­da
Le sens de l’é­co­lo­gie poli­tique : une vision par delà droite et gauche, édi­tions Sang de la Terre, 2017

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