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Citations sur la famille

Le premier échelon d’entraide c’est la famille…

« Le pre­mier éche­lon d’entraide, de soli­da­ri­té et d’assistance, aux dires mêmes de l’État, c’est la famille et la filia­tion fon­dée sur le prin­cipe que les aînés aident à sau­ver les enfants. Et que les plus jeunes déploient auprès des anciens leur sol­li­ci­tude pro­tec­trice. C’est l’idée de la géné­ra­tion et du Temps long qui triomphe. Tout à coup, on découvre que la pre­mière sécu­ri­té sociale dans cette socié­té qui a fabri­qué une espèce hybride de soli­daires-soli­taires et fait naître des fils d’éprouvette, c’est la famille au sens de l’ordre natu­rel. Comme pour la fron­tière, comme pour la sou­ve­rai­ne­té, comme pour le local, on a éva­cué le réel par la porte, il revient par la fenêtre du confinement. »

Phi­lippe de Villiers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

La frontière, c’est à dire la protection…

« Aujourd’hui, nous com­pre­nons que cette vision idéo­lo­gique [mon­dia­liste] est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus. En effet, quand revient le mal­heur, quand rôde la guerre – par exemple à la fron­tière gré­co-turque – ou la mort – avec la pan­dé­mie -, les zom­bies des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales n’ont plus rien à dire – et d’ailleurs on ne les consulte plus. C’est le grand retour au car­ré magique de la sur­vie.
Le pre­mier point du car­ré, c’est la fron­tière, c’est à dire la pro­tec­tion, ce pour quoi les États ont été inven­tés. Le deuxième, c’est la sou­ve­rai­ne­té, c’est à dire la liber­té des peuples pour prendre des déci­sions rapides et ajus­tées. Le troi­sième coin du car­ré, c’est le local, donc le contrôle au plus proche des inté­rêts vitaux. Le qua­trième point, c’est la famille, puisque, quand on décide de confi­ner un pays, la Répu­blique de la PMA” ne confie pas les enfants des écoles aux fonds de pen­sion mais aux pépés et mémés. »

Phi­lippe de Villiers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

Je considère que c’est le devoir de tous ceux qui, solitaires…

« Je consi­dère que c’est le devoir de tous ceux qui, soli­taires, vont leur propre che­min de faire part à la socié­té de ce qu’ils ont décou­vert au cours de leur voyage d’exploration. Que ce soit une fon­taine fraîche pour ceux que tour­mentent la soif ou l’aride désert de l’erreur stérile. »

Carl Gus­tav Jung
L’Âme et la Vie, recueil de textes ras­sem­blés par Jolande Jaco­bi et intro­duits par Michel Caze­nave, trad. Yves Le Lay, édi­tions Buchet Chas­tel, 1965, édi­tions Le Livre de Poche, 1995

Nous avons été nourris dans un peuple gai…

« Le croi­ra-t-on, nous avons été nour­ris dans un peuple gai. Dans ce temps-là un chan­tier était un lieu de la terre où des hommes étaient heu­reux. Aujourd’­hui un chan­tier est un lieu de la terre où des hommes récri­minent, s’en veulent, se battent ; se tuent.
De mon temps tout le monde chan­tait. (Excep­té moi, mais j’é­tais déjà indigne d’être de ce temps-là.) Dans la plu­part des corps de métiers on chan­tait. Aujourd’­hui on renâcle. Dans ce temps-là on ne gagnait pour ain­si dire rien. Les salaires étaient d’une bas­sesse dont on n’a pas idée. Et pour­tant tout le monde bouf­fait. Il y avait dans les plus humbles mai­sons une sorte d’ai­sance dont on a per­du le sou­ve­nir. Au fond on ne comp­tait pas. Et on n’a­vait pas à comp­ter. Et on pou­vait éle­ver des enfants. Et on en éle­vait. Il n’y avait pas cette espèce d’af­freuse stran­gu­la­tion éco­no­mique qui à pré­sent d’an­née en année nous donne un tour de plus. On ne gagnait rien ; on ne dépen­sait rien ; et tout le monde vivait. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

L’univers est formé de mondes étagés…

« Pour cha­cun d’entre nous, l’univers est for­mé de mondes éta­gés, dont le centre com­mun est la mai­son ances­trale. On apprend à les connaître gra­duel­le­ment, au fur et à mesure que l’on s’enhardit à s’éloigner un peu plus du sanc­tuaire fami­lial. On est heu­reux tant que, ain­si loin qu’on soit, on conserve des attaches avec lui. Au contraire, le jour où l’on perd toutes rela­tions avec la mai­son”, on a le cœur bou­le­ver­sé : tout est désor­mais chan­gé dans la vie. »

Hen­ri Vincenot
Récits des friches et des bois, édi­tions Anne Car­rière, 1997

Le culte du passé, c’est le mémorial de la famille…

« Le culte du pas­sé, c’est le mémo­rial de la famille, le bla­son de la chau­mière, la gloire du foyer. C’est la source vivi­fiante où le sen­ti­ment de l’honneur se raf­fer­mit, où le cœur se retrempe. C’est, aux jours de repos, la légende qui édi­fie, le conte qui recrée, la chan­son qui fait rire. C’est, aux jours d’anxiété, la poé­sie d’Ossian qui entend la parole des siens dans le souffle des vents et voit appa­raître leur blanche figure dans les lueurs du cré­pus­cule, dans les contours des nuages. »

Xavier Mar­mier
Prose et Vers, 1890, édi­tions Hachette Livre, 2018

Ma famille m’a laissé mieux…

« Ma famille m’a lais­sé mieux : une tra­di­tion et un exemple. Je vais essayer de les rap­por­ter fidè­le­ment. C’est une dette que j’ac­quitte. Quand j’é­cris que le plus impor­tant n’est pas le sens de l’His­toire mais le sens du devoir, je prends ce mot au mot. Devoir, c’est avoir des dettes. Nous sur­vi­vons écrou­lés de dettes. Envers nos parents et envers ceux qui nous sui­vrons. Envers ceux que nous aimons et envers ceux que per­sonne n’a aimé. Envers ceux qui nous ont don­né, et envers ceux à qui on n’a pas don­né. Je n’ai jamais pu sup­por­ter le spec­tacle d’un enfant qui pleure. Essayons de res­ter, dans ce monde per­du, capable de l’hon­neur et des larmes. »

Jean-Fran­çois Deniau
Mémoires de 7 vies. Les temps aven­tu­reux, Tome 1, édi­tions Plon, 1994

On peut dire que cette institution qu’est le foyer…

« On peut dire que cette ins­ti­tu­tion qu’est le foyer est l’ins­ti­tu­tion anar­chiste par excel­lence. C’est-à-dire qu’elle est plus ancienne que la loi et qu’elle se tient à l’é­cart de l’É­tat. De par sa nature, elle est revi­go­rée ou cor­rom­pue par des forces indé­fi­nis­sables issues de la cou­tume ou de la parenté. »

Gil­bert Keith Chesterton
Le monde comme il ne va pas, 1910, trad. Marie-Odile For­tier-Masek, Édi­tions L’Âge d’Homme, 1994

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