Tous les bustes « classiques » semblent reprendre les mêmes…

« Tous les bustes clas­siques” semblent reprendre les mêmes traits et donnent aux gale­ries des musées une atmo­sphère de réunion de famille. Tous ces hommes sont dif­fé­rents. Et pour­tant ils appa­raissent tous parents. Les rois aux por­tiques des cathé­drales gothiques res­semblent trait pour trait aux guer­riers et aux ath­lètes de l’éternelle Hel­lade. Qui a voya­gé dans les pays nor­diques a sou­dain retrou­vé, en regar­dant jouer les enfants, le sou­rire de l’ange de Reims. Par­fois même au détour d’un sen­tier, sur un che­min brû­lé de soleil, dans un décor d’oliviers tour­men­tés et de caillasses blan­châtres, resur­git du fond des âges un lumi­neux visage d’Atlante ou de Vandale. »

Jean Mabire
Thu­lé : le soleil retrou­vé des Hyper­bo­réens, édi­tions Robert Laf­font, 1977

La beauté d’une race, d’une famille, sa grâce, sa perfection dans…

« La beau­té d’une race, d’une famille, sa grâce, sa per­fec­tion dans tous les gestes est acquise péni­ble­ment : elle est comme le génie, le résul­tat du tra­vail accu­mu­lé des géné­ra­tions. Il faut avoir fait de grands sacri­fices au bon goût, il faut à cause de lui avoir fait et aban­don­né bien des choses ; le dix-sep­tième siècle, en France, mérite d’être admi­ré sous ce rap­port, — on avait alors un prin­cipe d’élection pour la socié­té, le milieu, le vête­ment, les satis­fac­tions sexuelles ; il fal­lut pré­fé­rer la beau­té à l’utilité, à l’habitude, à l’opinion, à la paresse. Règle supé­rieure : on ne doit pas se lais­ser aller” même devant soi-même. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Il existe des associations entre les arbres de la même…

« […] Il existe des asso­cia­tions entre les arbres de la même espèce, comme dans une famille humaine du même sang, qui s’aident réci­pro­que­ment en échan­geant des élé­ments vitaux à tra­vers leurs racines, et se pro­tègent les uns les autres des intem­pé­ries avec leurs branches. »

Mario Rigo­ni Stern
Sen­tiers sous la neige (Sen­tie­ri soto la neve), 1998, trad. Monique Bac­cel­li, édi­tions La Fosse aux ours, 2000

On est en train avec le mariage pour tous de tuer la filiation…

« Je me désole de l’idée qu’on est en train de fabri­quer – et je pèse mes mots – un petit Fran­çais qui sera demain une sorte de consom­ma­teur à l’américaine, éle­vé dans l’hédonisme, le consu­mé­risme, une sorte de petit consom­ma­teur asexué et apa­tride. On est en train avec le mariage pour tous de tuer la filia­tion, bio­lo­gique, à terme, c’est ça qu’on veut d’ailleurs. Des gens comme Atta­li le disent très bien, très fort. Et puis apa­tride parce qu’à par­tir du moment où il n’y a plus le prin­cipe de sou­ve­rai­ne­té et qu’il n’y a plus la trans­mis­sion… »

Phi­lippe de Villiers
Inter­view à BFMTV, 12 novembre 2014

Un peuple, une société ne sauraient vivre sans un territoire…

« Pour­tant un peuple, une socié­té ne sau­raient vivre sans un ter­ri­toire pour eux sacré. Nous avons besoin, nous les humains, de lieux d’appartenance, de familles, de patries, et tant pis si c’était un slo­gan de Pétain. Nous avons besoin de nous iden­ti­fier à des ter­ri­toires où naissent nos langues et où gisent nos morts, où gran­dissent des enfants qui nous res­semblent et où dorment tout vivants les sou­ve­nirs de notre exis­tence pas­sée. Nous ne sommes pas des êtres de nulle part, de purs cos­mo­po­lites, d’absolus citoyens du monde, comme la vul­gate bran­chée vou­drait nous le faire croire. À moins de deve­nir fous, il nous faut des ancrages, car ce sont eux qui nous iden­ti­fient et nous per­mettent de vivre une vie com­plète. La patrie est l’un de ces ancrages, qui ne peut être sup­pri­mé au pro­fit d’une vani­teuse citoyen­ne­té du monde […]. »

Chan­tal Delsol
14 juillet 2014, l’étrange fête natio­nale, Le Figa­ro, 14 juillet 2014

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