« Plus terrifiant que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. »
Max Frisch
Cité par Maxime Dalle in Eléments, n°170, 2018
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« Plus terrifiant que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. »
Max Frisch
Cité par Maxime Dalle in Eléments, n°170, 2018
« Une politique qui répondrait à la volonté, de plus en plus manifeste du peuple français, de retrouver en partage un monde commun de valeurs, de signes et de symboles qui ne [demande] qu’à ressurgir à la faveur des épreuves à venir. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« C’est pour un peuple le plus déplorable de tous les aveuglements que de laisser perdre son originalité, que de méconnaître sa nature la plus profonde, que de se laisser entraîner à des pratiques étrangères, que de chercher à acquérir des biens qui ne lui étaient pas destinés et que de mépriser ceux qu’il aurait eu la force de s’approprier […] Que la nation apprenne à s’analyser, à se fouiller : elle découvrira en son sein une source profonde qui communique avec des trésors souterrains ! »
Josef Görres, directeur du Mercure rhénan (1814−1815), cité par Alain de Benoist
Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
« Celui qui oublie la détresse de la patrie, celui-là sera oublié de Dieu en sa détresse. »
Achim von Arnim (lettre à Franz Brentano, 1806), cité par Alain de Benoist
Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
« Ils veulent tuer l’Occident…
Ils veulent fabriquer un homme nouveau coupé de son histoire, de ses racines intellectuelles, morales, spirituelles, de sa civilisation. »
Henri Guaino
Ils veulent tuer l’occident, éditions Odile Jacob, 2019
« La jeunesse qui a 20 ans aujourd’hui ne le sait pas encore, mais les désordres du monde n’ont jamais été aussi grands depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Elle n’a connu que ces désordres, on lui a dit que c’était le Monde Nouveau qui était en train de naître et elle l’a cru. On lui a dit que c’était la “destruction créatrice” et elle l’a cru. On lui a dit que dans ce monde il ne tenait qu’à elle d’accomplir tous ses rêves et elle l’a cru. Elle n’avait pas le choix : la jeunesse quand elle commence sa vie d’adulte est obligée de prendre le monde qu’on lui a préparé. Mais elle apprendra bientôt que le monde qu’on lui offre, sous les apparences du neuf, est un vieux monde ou les rêves n’ont pas leur place. »
Henri Guaino
Ils veulent tuer l’occident, éditions Odile Jacob, 2019
« La condition nécessaire pour surmonter les crises en cours consiste à renverser la table et à balayer l’idéologie mortifère aujourd’hui dominante, à affirmer les identités des patries charnelles et des nations et la communauté civilisationnelle correspondant à notre vieille Europe brisée par le sombre XXe siècle. »
Philippe Conrad
Relever le défi migratoire, rendre à l’Europe son identité, allocution au troisième colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 9 avril 2016
« Disons les mots. Le modernisme est, le modernisme consiste à ne pas croire ce que l’on croit. La liberté consiste à croire ce que l’on croit et à admettre, (au fond, à exiger), que le voisin aussi croie ce qu’il croit.
Le modernisme consiste à ne pas croire soi-même pour ne pas léser l’adversaire qui ne croit pas non plus. C’est un système de déclinaison mutuelle. La liberté consiste à croire. Et à admettre, et à croire que l’adversaire croit.
Le modernisme est un système de complaisance. La liberté est un système de déférence.
Le modernisme est un système de politesse. La liberté est un système de respect.
Il ne faudrait pas dire les grands mots, mais enfin le modernisme est un système de lâcheté. La liberté est un système de courage.
Le modernisme est la vertu des gens du monde. La liberté est la vertu du pauvre. »
Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008
« Quinze sortes de ketchup. À cause de choses pareilles, j’ai eu envie de quitter ce monde. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« Nous avons connu, nous avons touché un monde, (enfants nous en avons participé), où un homme qui se bornait dans la pauvreté était au moins garanti dans la pauvreté. C’était une sorte de contrat sourd entre l’homme et le sort, et à ce contrat le sort n’avait jamais manqué avant l’inauguration des temps modernes. Il était entendu que celui qui faisait de la fantaisie, de l’arbitraire, que celui qui introduisait un jeu, que celui qui voulait s’évader de la pauvreté risquait tout. Puisqu’il introduisait le jeu, il pouvait perdre. Mais celui qui ne jouait pas ne pouvait pas perdre. Ils ne pouvaient pas soupçonner qu’un temps venait, et qu’il était déjà là, et c’est précisément le temps moderne, où celui qui ne jouerait pas perdrait tout le temps, et encore plus sûrement que celui qui joue. »
Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008
« Et ce bonheur, ce climat de bonheur. Évidemment on ne vivait point encore dans l’égalité. On n’y pensait même pas, à l’égalité, j’entends à une égalité sociale. Une inégalité commune, communément acceptée, une inégalité générale, un ordre, une hiérarchie qui paraissait naturelle ne faisait qu’étager les différents niveaux d’un commun bonheur. On ne parle aujourd’hui que de l’égalité. Et nous vivons dans la plus monstrueuse inégalité économique que l’on n’ait jamais vue dans l’histoire du monde. On vivait alors. On avait des enfants. Ils n’avaient aucunement cette impression que nous avons d’être au bagne. Ils n’avaient pas comme nous cette impression d’un étranglement économique, d’un collier de fer qui tient à la gorge et qui se serre tous les jours d’un cran. Ils n’avaient point inventé cet admirable mécanisme de la grève moderne à jet continu, qui fait toujours monter les salaires d’un tiers, et le prix de la vie d’une bonne moitié, et la misère, de la différence. »
Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008
« Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ? Comment a‑t-on fait, du peuple le plus laborieux de la terre, et peut-être du seul peuple laborieux de la terre, du seul peuple peut-être qui aimait le travail pour le travail, et pour l’honneur, et pour travailler, ce peuple de saboteurs, comment a‑t-on pu en faire ce peuple qui sur un chantier met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’histoire une des plus grandes victoires, et sans doute la seule, de la démagogie bourgeoise intellectuelle. Mais il faut avouer qu’elle compte. Cette victoire. »
Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quinzaine, 1913, Éditions des Équateurs, coll. Parallèles, 2008