Citation

C’est pour un peuple…

« C’est pour un peuple le plus déplo­rable de tous les aveu­gle­ments que de lais­ser perdre son ori­gi­na­li­té, que de mécon­naître sa nature la plus pro­fonde, que de se lais­ser entraî­ner à des pra­tiques étran­gères, que de cher­cher à acqué­rir des biens qui ne lui étaient pas des­ti­nés et que de mépri­ser ceux qu’il aurait eu la force de s’approprier […] Que la nation apprenne à s’analyser, à se fouiller : elle décou­vri­ra en son sein une source pro­fonde qui com­mu­nique avec des tré­sors souterrains ! »

Josef Görres, direc­teur du Mer­cure rhé­nan (1814−1815), cité par Alain de Benoist
Ce que pen­ser veut dire, Édi­tions du Rocher, 2017

À propos de l'auteur

Johann Joseph von Görres, né à Coblence en 1776 et mort à Munich en 1848, est un écrivain allemand connu pour ses pamphlets et des positions politiques ultramontaine et polémiques. D'abord épris par la Révolution française, il est l'un des principaux membres du groupe romantique de Heidelberg. En 1813, il embrasse la cause de l'indépendance nationale et fonde Der rheinische Merkur, journal à la fois hostile à Napoléon et à la Prusse. Interdit, il fuit à Strasbourg, puis en Suisse. Dans son célèbre pamphlet Deutschland und die Revolution (1821), il déclare qu'il n'est plus possible de réprimer l'opinion publique, puis, que les princes sont les briseurs des libertés du peuple, avant de défendre le pouvoir de l’Église dans Athanasius (1838).