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Citations sur les mathématiques

Citations sur les mathématiques : découvrez 3 citations de Simone Weil, Martin Heidegger, François Perroux

Le chant grégorien, les églises romanes…

« Le chant gré­go­rien, les églises romanes, l’Iliade, l’invention de la géo­mé­trie, n’ont pas été, chez les êtres à tra­vers les­quels ces choses sont pas­sées pour venir jusqu’à nous, des occa­sions d’épanouissement.
La science, l’art, la lit­té­ra­ture, la phi­lo­so­phie qui sont seule­ment des formes d’épanouissement de la per­sonne, consti­tuent un domaine où s’accomplissent des réus­sites écla­tantes, glo­rieuses, qui font vivre des noms pen­dant des mil­liers d’années. Mais au-des­sus de ce domaine, loin au-des­sus, sépa­ré de lui par un abîme, en est un autre où sont situées les choses de tout pre­mier ordre. Celles-là sont essen­tiel­le­ment ano­nymes. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

L’humanité sur cette terre se trouve dans une situation dangereuse…

« L’humanité sur cette terre se trouve dans une situa­tion dan­ge­reuse. Pour­quoi ? Est-ce pour la seule rai­son qu’une troi­sième guerre mon­diale peut écla­ter brus­que­ment et qu’elle entraî­ne­rait la des­truc­tion com­plète de l’humanité et la ruine de la terre ? Non pas. Un dan­ger beau­coup plus grand menace les débuts de l’âge ato­mique – et pré­ci­sé­ment au cas où le risque d’une troi­sième guerre mon­diale pour­rait être écar­té […] (Ce dan­ger, c’est) qu’un jour, la pen­sée cal­cu­lante fût la seule à être admise et à s’exercer […] Alors la plus éton­nante et féconde vir­tuo­si­té du cal­cul qui invente et pla­ni­fie s’accompagnerait… d’indifférence envers la pen­sée médi­tante, c’est-à-dire d’une totale absence de pen­sée. Et alors ? Alors l’homme aurait nié et reje­té ce qu’il pos­sède de plus propre, à savoir qu’il est un être pen­sant. »

Mar­tin Hei­deg­ger
Séré­ni­té (Gelas­sen­heit), 1955, in Ques­tions III, édi­tions Gal­li­mard, 1966

Le calcul, expression privilégiée et à tort envahissante de…

« Le cal­cul, expres­sion pri­vi­lé­giée et à tort enva­his­sante de la ratio­na­li­té éco­no­mique, consiste à tra­duire par des quan­ti­tés algé­briques ou par des nombres les coûts et les ren­de­ments. Par sa nature même, il s’attache aux choses, aux objets maté­riels que l’on compte, que l’on est cen­sé mesu­rer et à par­tir des­quels une dis­po­si­tion lar­ge­ment conven­tion­nelle de chiffres per­met l’énonciation d’un maxi­mum net. Que ce maxi­mum soit, sur une pente irré­sis­tible, confon­du avec un opti­mum est révé­la­teur. »

Fran­çois Per­roux
Pour une phi­lo­so­phie du nou­veau déve­lop­pe­ment, Édi­tions Aubier, 1981

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