« L’épaisseur du rempart compte moins que la volonté de le prendre. »
Thucydide
Histoire de la guerre du Péloponnèse, 431 – 411 av. notre ère, trad. Jacqueline de Romilly, Robert Laffont éditeur, coll. Bouquins, 1990
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« L’épaisseur du rempart compte moins que la volonté de le prendre. »
Thucydide
Histoire de la guerre du Péloponnèse, 431 – 411 av. notre ère, trad. Jacqueline de Romilly, Robert Laffont éditeur, coll. Bouquins, 1990
« Parce qu’Homère est la source même de la tradition européenne. Il répond au trouble immense dans lequel les Européens ont été jetés. Le trouble est partout, dans la politique, la religion, la morale commune, l’éducation, le travail, l’idée que les Européens se font d’eux-mêmes. Rien ne tient debout, sinon une sorte de nihilisme grossier, l’appétit des jouisseurs et des prédateurs, grimés de discours moralisateurs. Tout est faux et corrompu. Les religions elles-mêmes offrent les discours les plus contradictoires et les plus démoralisants. Comment s’y retrouver ? Pour échapper au conflit des pensées et des actes, les Européens n’ont pas d’autre choix que de faire retour à ce qui leur appartient en propre, à la source intacte, indiscutable, incorruptible de leur civilisation. Pour reprendre le mot de la grande helléniste qu’était Jacqueline de Romilly, il faut en revenir à l’essentiel, à Homère, au tout à fait pur. Si l’on cherche les catégories de l’action, de la connaissance, de la beauté, de l’excellence et de la sagesse tragique, tout est déjà présent dans l’Iliade et l’Odyssée, à condition de libérer ces textes magnifiques des bibliothèques poussiéreuses où on les a fossilisés. »
Dominique Venner
Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011
« Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ?
Je me demande surtout comment on pourrait ne pas l’être ! Exister, c’est combattre ce qui me nie. Être rebelle, ce n’est pas collectionner des livres impies, rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoi qu’il en coûte. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préférer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pratiquer aussi en corsaire et sans vergogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut convertir à sa norme, sans s’arrêter sur les apparences. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l’inutilité d’un combat perdu. »
Dominique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2014
« Deux qualités sont indispensables au Rebelle. Il refuse de se laisser prescrire sa loi par les pouvoirs, qu’ils usent de la propagande ou de la violence. Et il est décidé à se défendre. »
Ernst Jünger
Traité du rebelle ou le recours aux forêts (Der Waldgang), 1951, trad. Henri Plard, Christian Bourgois éditeur, 1995
« La radicalité […] implique de chercher toujours à comprendre plus loin, en remontant à la racine (radix) – à la chose même (zur Sache selbst, disait Heidegger en se référant à Husserl) – e à en tirer les conséquences. Être radical, ce n’est pas seulement refuser le compromis, c’est s’intéresser aux causes lointaines plus qu’aux effets immédiats, déduire d’une position quelconque les conclusions logiques qui en dérivent (si l’on soutient telle position, alors on ne peut pas soutenir telle autre, mais on doit en revanche admettre une troisième dans tel autre domaine), chercher à connaître la nature d’une thématique en établissant sa généalogie, c’est-à-dire en remontant à ses origines. Donner aux choses une dimension de profondeur qui est constitutive de la pensée. La recherche des principes premiers, la méditation sur les choses ultimes font partie de la radicalité. Ce qui exige d’être intellectuellement structuré. »
Alain de Benoist
Mémoire vive, entretiens avec François Bousquet, éditions de Fallois, 2012
« […] La collectivité a ses racines dans le passé. Elle constitue l’unique organe de conservation pour les trésors spirituels amassés par les morts, l’unique organe de transmission par l’intermédiaire duquel les morts puissent parler aux vivants. Et l’unique chose terrestre qui ait un lien direct avec la destinée éternelle de l’homme, c’est le rayonnement de ceux qui ont su prendre une conscience complète de cette destinée, transmis de génération en génération. »
Simone Weil
L’enracinement, 1943, éditions Gallimard, 1949
« Dès le début de son action, Pearse avait compris que les hommes qui veulent retrouver leurs racines doivent d’abord honorer ceux qui les ont précédés sur cette voie magnifique et ingrate du retour vers soi-même. »
Jean Mabire
Patrick Pearse, une vie pour l’Irlande, éditions Terre et Peuple, 1998
« Plus terrifiant que le bruit des bottes, le silence des pantoufles. »
Max Frisch
Cité par Maxime Dalle in Eléments, n°170, 2018
« Une politique qui répondrait à la volonté, de plus en plus manifeste du peuple français, de retrouver en partage un monde commun de valeurs, de signes et de symboles qui ne [demande] qu’à ressurgir à la faveur des épreuves à venir. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« C’est pour un peuple le plus déplorable de tous les aveuglements que de laisser perdre son originalité, que de méconnaître sa nature la plus profonde, que de se laisser entraîner à des pratiques étrangères, que de chercher à acquérir des biens qui ne lui étaient pas destinés et que de mépriser ceux qu’il aurait eu la force de s’approprier […] Que la nation apprenne à s’analyser, à se fouiller : elle découvrira en son sein une source profonde qui communique avec des trésors souterrains ! »
Josef Görres, directeur du Mercure rhénan (1814−1815), cité par Alain de Benoist
Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017
« Celui qui oublie la détresse de la patrie, celui-là sera oublié de Dieu en sa détresse. »
Achim von Arnim (lettre à Franz Brentano, 1806), cité par Alain de Benoist
Ce que penser veut dire, Éditions du Rocher, 2017