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Citations sur les mythes et religions
Aucune société ne peut faire l’économie du sacré…
« Aucune société ne peut faire l’économie du sacré. »
Pierre Chaunu
La mémoire et le sacré, éditions Calmann-Lévy, 1978
Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre…
« Le 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes. »
Albert Camus
L’Homme révolté, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1951
Il est dans l’essence du mythe de requérir le culte…
« Parce que “le divin demande à être incarné” (Walter F. Otto), il est dans l’essence du mythe de requérir le culte, comme il est dans l’essence du culte d’appeler le mythe. Tous deux traduisent la manifestation du sacré et la présence du divin. Tous deux répondent à cette présence, l’un par la parole, l’autre par le geste, éclairant du même coup la façon dont la théorie et la pratique sont liées. Si le mythe est un dire, le rite est un faire qui prolonge ce dire. “Le mythe, écrit Van der Leeuw, est une célébration en parole, le rite est une déclaration en acte”. Pascal David ajoute que “le culte n’est autre chose que l’attitude de l’homme dans laquelle le mythe prend corps”. Le culte, en effet, n’est pas une simple évocation de l’événement mythique, mais le dévoilement répété, toujours plus assuré, de cet événement même. “L’unité du mythe et du culte, précise Walter F. Otto, consiste en ce que dans les deux cas, la proximité du divin se manifeste dans une Figure”. Dans le culte comme geste, dans le mythe comme parole de vérité. La plus profonde différence entre les deux est que dans le culte l’homme s’élève jusqu’au divin et agit pour ainsi dire en communauté avec lui, tandis que dans le mythe, c’est le divin qui s’abaisse jusqu’à lui en s’incarnant dans une figure humaine ou apparentée à l’homme. »
Alain de Benoist
L’empire intérieur, éditions Fata Morgana, 1995
Puis, les Cavaliers de la Maison du Roi défilèrent autour du tombeau…
« Puis, les Cavaliers de la Maison du Roi défilèrent autour du tombeau montés sur des chevaux blancs, chantant en chœur un chant sur Théoden fils de Thengel, composé par son ménestrel Gléowine, qui n’en fit plus d’autre par la suite. Les accents lents des Cavaliers, émurent même les cœurs de ceux qui ne connaissaient pas la langue de ce peuple, mais les paroles du chant firent naître une lueur dans les yeux de ceux de la Marche qui entendaient de nouveau le tonnerre des sabots du Nord et la voix d’Eorl dominant le bruit de la bataille dans le Champ de Célébrant, et l’histoire des rois se poursuivit, le cor de Helm retentissait dans les montagnes, jusqu’à ce que l’Obscurité tombât et que le Roi Théoden se levât pour traverser à cheval l’Ombre jusqu’au feu et mourir en splendeur, tandis que le Soleil, revenant contre tout espoir, resplendissait au matin sur le Mindol-aluin.
Hors du doute, hors des ténèbres, vers le lever du jour
il chevaucha, chantant dans le Soleil et l’épée hors du fourreau.
Il ranima l’espoir, et dans l’espoir il finit,
au-dessus de la mort, au-dessus de la peur, au-dessus du destin élevé,
hors de la ruine, hors de la vie, vers une durable gloire. »
J.R.R. Tolkien
Le Seigneur des Anneaux (The Lord of the Rings), 1954 – 1955
Il faudrait mettre à l’écart…
« Il [Jean Raspail] comprenait que, pour survivre, il faudrait mettre à l’écart un pan important de la culture chrétienne qui imprègne notre inconscient et nos comportements. C’est à ce genre de signes que l’on mesure un basculement historique. »
Dominique Venner
Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013
Les mêmes esprits qui s’étaient estimés assez forts…
« Les mêmes esprits qui s’étaient estimés assez forts pour trancher les liens de l’antique religion des ancêtres étaient à ce point asservis par le sortilège d’idoles barbares. L’image qu’ils offraient d’eux-mêmes dans leur aveuglement était plus répugnante que l’ivresse que l’on voit dans le plein jour. Alors qu’ils pensaient prendre leur vol et s’en faisaient gloire, ils se vautraient dans la poussière. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
Homère est la source même de la tradition européenne…
« Parce qu’Homère est la source même de la tradition européenne. Il répond au trouble immense dans lequel les Européens ont été jetés. Le trouble est partout, dans la politique, la religion, la morale commune, l’éducation, le travail, l’idée que les Européens se font d’eux-mêmes. Rien ne tient debout, sinon une sorte de nihilisme grossier, l’appétit des jouisseurs et des prédateurs, grimés de discours moralisateurs. Tout est faux et corrompu. Les religions elles-mêmes offrent les discours les plus contradictoires et les plus démoralisants. Comment s’y retrouver ? Pour échapper au conflit des pensées et des actes, les Européens n’ont pas d’autre choix que de faire retour à ce qui leur appartient en propre, à la source intacte, indiscutable, incorruptible de leur civilisation. Pour reprendre le mot de la grande helléniste qu’était Jacqueline de Romilly, il faut en revenir à l’essentiel, à Homère, au tout à fait pur. Si l’on cherche les catégories de l’action, de la connaissance, de la beauté, de l’excellence et de la sagesse tragique, tout est déjà présent dans l’Iliade et l’Odyssée, à condition de libérer ces textes magnifiques des bibliothèques poussiéreuses où on les a fossilisés. »
Dominique Venner
Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011
Défendre la raison fait partie de l’essence même du christianisme…
« Défendre la raison […] fait partie de l’essence même du christianisme. Chesterton fait dire à son prêtre-détective, le père Brown, quand un faux ecclésiastique qu’il vient de démasquer lui demande comment il a bien pu faire pour l’identifier : « Vous avez attaqué la raison, c’est de la mauvaise théologie ». Juifs et chrétiens sont en tant que tels des rationalistes. À leurs yeux, « au commencement », au principe de toutes choses, il y avait et il y a encore le logos. Les premiers mots du quatrième Évangile : « Au commencement était le Verbe » (logos) font écho aux premiers mots de la Genèse, qui ouvre toute la Bible. Dieu lui aussi est rationnel, et peut-être même rationaliste. »
Rémi Brague
Modérément moderne, éditions Flammarion, 2014
Contrairement à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hollywood…
« Contrairement à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hollywood, Zeus et Achille n’étaient pas noirs, le roi Arthur n’était pas un migrant érythréen, Jeanne d’Arc n’entendait pas des Negro Spirituals avant d’aller bouter les Russes hors d’Ukraine, Marguerite d’Anjou ne venait pas des rives du Niger.
Les Européens doivent résister au forçage idéologique permanent que veut leur imposer la superclasse mondiale. Ils doivent refuser l’altération et la colonisation de leur imaginaire par la « World music » et les séries et les films déréalisants.
Les Européens doivent reprendre possession de leur mythologie et de leur histoire. »
Jean-Yves Le Gallou
XXIe siècle, vers un nouveau cycle européen ?, allocution au cinquième colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 7 avril 2018
N’en déplaisent aux républicains laïcs et aux curés de l’œcuménisme…
« N’en déplaisent aux républicains laïcs et aux curés de l’œcuménisme, il n’est pas juste (…) de placer toutes les religions sur le même plan. L’islam est une religion étrangère. Le christianisme est une part de l’histoire de l’Europe depuis plus de quinze siècles. Sans oublier que le christianisme a repris une partie de l’héritage et de la géographie sacrée des anciennes religions européennes. »
Jean-Yves Le Gallou
Pour la préférence de civilisation, allocution au troisième colloque de l’Institut Iliade, Paris, Maison de la Chimie, 9 avril 2016
Marcher régulièrement dans la nature, s’immerger dans la splendeur…
« Dans sa sagesse d’homme éternellement libre, Dominique Venner proposait quelques pistes aux modernes pour se retrouver : marcher régulièrement dans la nature, s’immerger dans la splendeur, les parfums, les couleurs, renouer avec la beauté et la poésie – premières ruptures fondamentales avec le monde moderne, premières conditions au réenchantement du monde ; se retirer dans la forêt-sanctuaire, le calme, le silence, et faire la paix avec soi-même ; pérégriner librement, dans l’effort, la camaraderie et le sentiment de liberté ; s’inscrire dans la tradition de rites rythmant l’année et célébrant les cycles naturels. Ces démarches sont plus que jamais nécessaires et d’actualité si nous voulons traverser le siècle sans clore définitivement le chapitre européen de l’histoire du monde. »
Éric Grolier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, Philippe Conrad dir., édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018
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