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Puis, les Cavaliers de la Maison du Roi défilèrent autour du tombeau…

« Puis, les Cava­liers de la Mai­son du Roi défi­lèrent autour du tom­beau mon­tés sur des che­vaux blancs, chan­tant en chœur un chant sur Théo­den fils de Then­gel, com­po­sé par son ménes­trel Gléo­wine, qui n’en fit plus d’autre par la suite. Les accents lents des Cava­liers, émurent même les cœurs de ceux qui ne connais­saient pas la langue de ce peuple, mais les paroles du chant firent naître une lueur dans les yeux de ceux de la Marche qui enten­daient de nou­veau le ton­nerre des sabots du Nord et la voix d’Eorl domi­nant le bruit de la bataille dans le Champ de Célé­brant, et l’histoire des rois se pour­sui­vit, le cor de Helm reten­tis­sait dans les mon­tagnes, jusqu’à ce que l’Obscurité tom­bât et que le Roi Théo­den se levât pour tra­ver­ser à che­val l’Ombre jusqu’au feu et mou­rir en splen­deur, tan­dis que le Soleil, reve­nant contre tout espoir, res­plen­dis­sait au matin sur le Mindol-aluin.
Hors du doute, hors des ténèbres, vers le lever du jour
il che­vau­cha, chan­tant dans le Soleil et l’épée hors du fourreau.
Il rani­ma l’espoir, et dans l’espoir il finit,
au-des­sus de la mort, au-des­sus de la peur, au-des­sus du des­tin élevé,
hors de la ruine, hors de la vie, vers une durable gloire. »

J.R.R. Tol­kien
Le Sei­gneur des Anneaux (The Lord of the Rings), 1954 – 1955

À propos de l'auteur

John Ronald Reuel Tolkien, né en 1892 à Bloemfontein et mort en 1973 à Bournemouthest, est un écrivain britannique, principalement connu pour ses romans Le Hobbit et Le Seigneur des anneaux. Après la Première Guerre mondiale, il enseigne les langues et la littérature à l’université de Leeds puis d’Oxford. Il y défend l’apprentissage des langues et publie l'essai Du conte de fées (1939), considéré comme crucial dans l’étude de ce genre littéraire. Tolkien écrit également pour son plaisir, élaborant une mythologie autour de langues qu’il invente et de l'univers de la Terre du Milieu. En 1937, la publication du Hobbit fait de Tolkien un auteur pour enfants estimé. Sa suite longtemps attendue, Le Seigneur des anneaux, nettement plus sombre, paraît en 1954-1955 (trois tomes), et devient un véritable phénomène de société à partir des années 1960.
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Un pays qui n’a plus de légendes…

« Un pays qui n’a plus de légendes, dit le poète, est condam­né à mou­rir de froid. C’est bien pos­sible. Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes serait déjà mort. La fonc­tion de la classe par­ti­cu­lière de récits que sont les mythes est en effet d’exprimer dra­ma­ti­que­ment l’idéologie dont vit la socié­té, de main­te­nir devant sa conscience non seule­ment les valeurs qu’elle recon­naît et les idéaux qu’elle pour­suit de géné­ra­tion en géné­ra­tion, mais d’abord son être et sa struc­ture mêmes, les élé­ments, les liai­sons, les équi­libres, les ten­sions qui la consti­tuent, de jus­ti­fier enfin les règles et les pra­tiques tra­di­tion­nelles sans quoi tout en elle se disperserait. »

Georges Dumé­zil
Heur et mal­heur du guer­rier, Presses uni­ver­si­taires de France, 1969, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs, 1999

On n’a rien donné tant qu’on n’a pas tout donné…

« On n’a rien don­né tant qu’on n’a pas tout don­né. À com­men­cer par soi-même : son corps, son esprit et sa joie. Pour cela, for­mons une pha­lange d’hommes inac­ces­sibles au décou­ra­ge­ment, fidèles et inso­lents, radi­caux et intel­li­gents, réa­listes et révo­lu­tion­naires. Don­nons tout et ne leur lais­sons rien ! »

Julien Lan­gel­la
Refaire un peuple. Pour un popu­lisme radi­cal, édi­tions La Nou­velle Libraire, 2021

Ris donc ennemi féroce…

« Ris donc enne­mi féroce !
Mais prend garde car tout trépasse !
Seule la gloire ne s’éteindra pas ;
Elle ne s’éteindra pas, et racontera
Ce qui est adve­nu en ce monde,
Qui avait rai­son et qui avait tort,
Et de qui nous sommes les fils. »

Taras Chevt­chen­ko
Kob­zar (Кобзар), 1840, trad. de l’ukrainien par D. Cla­ri­nard, J. Horets­ka, E. Mas­sis, S. Maillot et T. Sirot­chouk, édi­tions Bleu & Jaune, 2015

Inverser rapidement le processus des déconstructeurs…

« Si, aujourd’hui, il n’est guère envi­sa­geable d’inverser rapi­de­ment le pro­ces­sus des décons­truc­teurs, du moins est-il pos­sible de faire ce salu­taire pas de côté, vers un ailleurs où trans­cen­der nos héri­tages. »

Anne-Laure Blanc
Pour un renou­veau artis­tique : l’exigence de la beau­té in Pour un réveil euro­péen, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Iliade, 2020

Une nation n’est saine…

« Une nation n’est saine que si cha­cun s’y regarde comme un homme, non regar­dant der­rière soi, ni pre­nant le vent, ni ron­gé de peur, ni jaune d’ambition, non ten­dant la bouche à la gour­mette de quelque tra­hi­son, mais fidèle à sa parole d’homme, à l’enga­ge­ment avec lequel il est entré dans la vie, à la pro­messe faite non seule­ment à celui qui guide et dans lequel on le recon­naît, mais à tra­vers lui à tous les cama­rades de tra­vail et de combat. »

Mau­rice Bardèche
Qu’est-ce que le fas­cisme ?, édi­tions Les Sept Cou­leurs, 1961, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

Ça y est, c’est le bonheur…

« Ça y est, c’est le bon­heur, hein ? Il y a du sau­cis­son et des bananes. On se vautre dans la merde et on ne bouffe que de la nour­ri­ture impor­tée. Au lieu d’une Patrie, on a un immense super­mar­ché. »

Svet­la­na Aleksievitch
La fin de l’homme rouge ou le temps du désen­chan­te­ment (Время секонд хэнд (Конец красного человека), trad. Sophie Benech, édi­tions Actes Sud, 2013

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