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Citations sur la beauté

Renée de Vincay avait toujours bénéficié d’une réputation…

« Renée de Vin­cay avait tou­jours béné­fi­cié d’une répu­ta­tion d’intel­li­gence. Cette répu­ta­tion venait de ce qu’elle se mêlait aux conver­sa­tions des hommes et non sans inso­lence. N’importe quoi, débi­té avec assu­rance pre­nait un petit air de véri­té dans la bouche d’une très jeune femme, très décol­le­tée. Moins jeune et non moins décol­le­tée, l’esprit n’était plus le même. Heu­reu­se­ment pour Renée, l’habitude crée l’assurance, et bien qu’elle n’eût plus une coquet­te­rie directe à l’égard des mâles, elle conser­vait l’aplomb de sa ving­tième année pour pré­sen­ter ses meilleures inepties. »

Roger Nimier
Les enfants tristes, 1951, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio, 1983

Je ne pense pas que je puisse apprendre quelque chose…

« Je ne pense pas que je puisse apprendre quelque chose aux gens de mon île. Mais ce matin, quand le soleil de l’an nou­veau se lève, je sais qu’il va éclai­rer, avant mon île, tout un conti­nent, là-bas vers l’est, qui émerge du som­meil et de la si longue nuit.
Immense et rouge, le soleil illu­mine une année nou­velle. Les rochers sont comme des aiguilles sombres. Des paillettes jaune pâle scin­tillent sur la mer. Mon île, mon pays, mon peuple, mes amis saluent le soleil.
Et len­te­ment, tu sur­gis du som­meil. J’ai veillé sur toi pen­dant toute cette nuit, ô mon Europe aux longs che­veux d’or dénoués sur mon épaule. Ouvre les yeux, vois, nous allons par­tir ensemble, pour une île immense, héris­sée de cathé­drales et de stades. Nous navi­gue­rons du Cap Nord au détroit de Gibral­tar, de la mer d’Irlande au golfe de Corinthe. Nous décou­vri­rons les Shet­lands et les Cyclades, les Baléares et les Lofo­ten, îles innom­brables de ta cou­ronne, mer­veilleux royaume de ta beau­té et de ta puis­sance, sous le grand tour­nant du soleil.
Viens, c’est une année nouvelle. »

Jean Mabire
L’Esprit public, 1963

C’était l’hiver. Il y était allé en voiture…

« C’était l’hiver. Il y était allé en voi­ture. Qui ne connaît pas la cam­pagne l’hiver ne connaît pas la cam­pagne, et ne connaît pas la vie. Tra­ver­sant les vastes éten­dues dépouillées, les vil­lages tapis, l’homme des villes est brus­que­ment mis en face de l’austère réa­li­té contre laquelle les villes sont construites et fer­mées. Le dur revers des sai­sons lui est révé­lé, le moment sombre et pénible des méta­mor­phoses, la condi­tion funèbre des renais­sances. Alors, il voit que la vie se nour­rit de la mort, que la jeu­nesse sort de la médi­ta­tion la plus froide et la plus déses­pé­rée et que la beau­té est le pro­duit de la claus­tra­tion et de la patience. »

Pierre Drieu la Rochelle
Gilles, édi­tions Gal­li­mard, 1939

Que faut-il donc pour que le beau, le sublime…

« Or, quel que soit le nom que nous lui don­nions, ce n’est pas la seule dénon­cia­tion de la lai­deur qui fera éclore la beau­té. Que faut-il donc pour que le beau, le sublime, le sacré rem­plisse l’air ambiant du monde ? Que faut-il pour que, l’air que nous res­pi­rons soit embau­mé d’éclat et de mys­tère, de dévoi­le­ment et d’émerveillement ? Que faut-il, en un mot, pour que le beau occupe la place, au centre du monde, qui est la sienne ?
Que faut-il ?… Il faut, tout d’abord, que des créa­teurs sur­gissent, évi­dem­ment. En très grand nombre et de façon nul­le­ment mar­gi­nale. Il nous faut des créa­teurs capables non seule­ment de créer de grandes œuvres, mais d’incarner à tra­vers elles tout un nou­veau, tout un grand élan. Des créa­teurs dont les œuvres reçoivent dans le monde et dans le cœur des hommes l’accueil que la beau­té devra arra­cher aux objets et à l’argent des marchands. »

Javier Por­tel­la
La dis­si­dence par la beau­té, allo­cu­tion au deuxième col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 25 avril 2015

Le beau… qu’est-il donc ?

« Le beau… qu’est-il donc ? Le beau n’est rien d’autre, disait Goethe, que « le sai­sis­se­ment devant le sacré ». Le sai­sis­se­ment donc devant quelque chose qui a trait avec le divin, mais qui ne se confond pas avec lui. Le sai­sis­se­ment devant quelque chose d’insaisissable… et qui par là même nous sai­sit, nous ébranle, nous ravit (dans tous les sens du mot). »

Javier Por­tel­la
La dis­si­dence par la beau­té, allo­cu­tion au deuxième col­loque de l’Ins­ti­tut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 25 avril 2015

Pourquoi la civilisation européenne se renie-t-elle…

« Pour­quoi la civi­li­sa­tion euro­péenne, qui est le lieu par excel­lence de la haute culture, de l’évolution et de la beau­té, se renie-t-elle à ce point, craint de faire état de volon­té de puis­sance et fait mani­fes­te­ment tout pour se sui­ci­der ? C’est un nihi­lisme pro­fond qui est à l’œuvre ; un nihi­lisme enten­du comme une mala­die de l’esprit que les civi­li­sa­tions fati­guées, et trop cou­pées du natu­rel, attrapent. […] En termes de réponse et pour résu­mer briè­ve­ment, je crois qu’il faut se débar­ras­ser de la mora­line qui est son symp­tôme puru­lent, reve­nir au droit natu­rel, assai­nir nos modes de vie, et trou­ver de nou­veaux défis civi­li­sa­tion­nels exigeants. »

Julien Roche­dy
Entre­tien à Valeurs Actuelles, 19 décembre 2019

Un des vices de la France a été la perfection…

« Un des vices de la France a été la per­fec­tion – laquelle ne se mani­feste jamais aus­si clai­re­ment que dans l’écriture. Le sou­ci de bien for­mu­ler, de ne pas estro­pier le mot et sa mélo­die, d’enchaîner har­mo­nieu­se­ment les idées, voi­là une obses­sion fran­çaise. Aucune culture n’a été plus pré­oc­cu­pée par le style et, dans aucune autre, on n’a écrit avec autant de beau­té, à la per­fec­tion. Aucun Fran­çais n’écrit irré­mé­dia­ble­ment mal. Tous écrivent bien, tous voient la forme avant l’idée. Le style est l’expression directe de la culture. »

Emil Cio­ran
De la France, 1941, Cahier Cio­ran, Édi­tions de L’Herne, 2009

Aucun des dogmes de la société moderne n’est inébranlable…

« Aucun des dogmes de la socié­té moderne n’est inébran­lable. Ni les usines gigan­tesques, ni les offices buil­dings qui montent jus­qu’au ciel, ni les grandes villes meur­trières, ni la morale indus­trielle, ni la mys­tique de la pro­duc­tion ne sont néces­saires à notre pro­grès. D’autres modes d’existence et de civi­li­sa­tion sont pos­sibles. La culture sans le confort, la beau­té sans le luxe, la machine sans la ser­vi­tude de l’usine, la science sans le culte de la matière per­met­traient aux hommes de se déve­lop­per indé­fi­ni­ment, en gar­dant leur intel­li­gence, leur sens moral et leur viri­li­té. »

Alexis Car­rel
L’homme, cet incon­nu, édi­tions Plon, 1935

La beauté de notre histoire, c’est d’abord celle d’un peuple…

« La beau­té de notre his­toire, c’est d’abord celle d’un peuple qui ne veut pas dis­pa­raître et qui s’accroche à l’existence de toutes les manières possibles.
Rien n’est plus contre-intui­tif, aujourd’hui, j’en conviens. Les modernes sec­taires aime­raient bien nous déra­ci­ner. Nos sym­boles, ils veulent les effa­cer, les lami­ner, les décons­truire. Ils pré­tendent nous libé­rer du pas­sé alors qu’ils nous déshu­ma­nisent, ils pro­voquent une détresse psy­chique et cultu­relle que nous pei­nons pour­tant à recon­naître, puisque nous ne vou­lons plus accor­der quelque droit que ce soit au pas­sé sur notre pré­sent. Même lorsqu’il est semé de traces nous per­met­tant de mieux nous com­prendre. Le sys­tème média­tique qui se fait le pro­pa­ga­teur d’une nou­velle culture glo­bale sou­vent insi­gni­fiante accor­dée aux prin­cipes de la mon­dia­li­sa­tion cherche à frap­per d’obsolescence l’héritage his­to­rique des peuples, qui entrave l’avènement de l’individu mondialisé. […]
On l’oublie, mais un peuple qui perd le goût de vivre peut mou­rir, en deve­nant étran­ger à lui-même et indif­fé­rent aux pro­messes qu’il s’était déjà fait. […] Un pays sans légendes, à la mémoire vide, aux racines sèches, n’est plus un pays, mais un ter­ri­toire sans âme, un ter­rain vague, sur lequel n’importe qui peut se per­mettre n’importe quoi. […] C’est par l’enracinement que nous décou­vrons la pos­si­bi­li­té de la renais­sance. Et je me dis qu’un pays qui renoue avec ses légendes, qui redé­couvre ses grands mythes, qui ne se laisse plus séduire par les décons­truc­teurs qui nous expliquent que tout, dans notre culture, est faux ou per­fide, peut du coup se réanimer. »

Mathieu Bock-Côté
Gilles Vigneault : poète de l’enracinement et de la renais­sance, Le Jour­nal de Mont­réal (blog), 24 novembre 2014

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