Thème
Citations philo
Ni l’existence des moyens d’extermination…
« Ni l’existence des moyens d’extermination, ni une méchanceté préméditée ne constituent la menace dernière. Celle-ci réside dans le caractère inéluctable d’une contrainte morale. Les hommes qui utilisent ces moyens contre d’autres hommes se voient contraints d’anéantir aussi moralement ces autres hommes, leurs victimes et leurs objets. Ils sont forcés de déclarer criminel et inhumain dans son ensemble le camp adverse, d’en faire une non-valeur totale, sous peine d’être eux-mêmes des criminels et des monstres. La logique de la valeur et de la non-valeur déploie sa pleine rigueur destructrice et contraint à des discriminations, à des criminalisations et à des dépréciations toujours nouvelles, toujours plus profondes, jusqu’à l’extermination de tout sujet sans valeur, indigne de vivre. »
Carl Schmitt
Théorie du partisan, 1963
Nous ne sommes pas de ceux qui ne pensent qu’au sein des livres…
« Nous ne sommes pas de ceux qui ne pensent qu’au sein des livres et dont l’idée attend pour naître les impulsions de l’imprimé ; notre habitude est de penser au grand air, marchant, sautant, montant, dansant, et de préférence sur les montagnes solitaires ou sur l’extrême bord de la mer, là où les chemins se font méditatifs eux-mêmes. »
Friedrich Nietzsche
Le Gai Savoir (Die fröhliche Wissenschaft, la gaya scienza), 1882, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2007
Sur le même autel, il y a bien des grains d’encens…
« Sur le même autel, il y a bien des grains d’encens ; tel grain est le premier qui tombe dans le feu ; tel autre n’y tombe qu’un peu plus tard. Ce n’est pas une différence. »
Marc Aurèle
Pensées pour moi-même, IV, 15, vers 170 – 180, trad. Mario Meunier, éditions Garnier-Flammarion, 1964
Non pas le Bien et le Mal, mais le Grand et le Bas…
Une fois qu’un être humain a une grande tâche…
Devenir grec, c’est donc devenir fidèle…
Dire qu’une force est disponible, c’est affirmer qu’elle existe…
« Il faut […] dissiper le malentendu auquel donnent lieu certaines interprétations philosophiques de la force qui la définissent comme potentialité ou virtualité. Il nous semble au contraire qu’elle est actualité, qu’elle ne vaut que par ses effets. Dire qu’une force est disponible, c’est affirmer qu’elle existe, qu’elle est présente et prête, mais inemployée, inerte, tel le nombre de soldats dans les casernes ou de tanks et d’avions dans les hangars. Les forces disponibles d’un pays se laissent énumérer, comptabiliser, calculer et permettent de faire des prévisions. La force n’a rien de mystérieux, au contraire de la puissance qui est imprévisible, occulte parfois, parce qu’elle est illimitée. Le malentendu a son origine dans le fait que l’application de la force exige une volonté, principalement en ce qui concerne la force humaine. La volonté n’est pas une machine, mais une puissance, c’est-à-dire qu’avec de moindres forces, mais intelligemment appliquées, elle est capable d’anéantir une autre force, matériellement et quantitativement supérieure. Le fait est courant, non seulement en politique, mais partout où des forces sont en compétition : sport, biologie, etc. Ce fut l’une des constatations singulières de la vie dans les camps de concentration que les personnes qui passaient pour les plus fortes et les plus robustes étaient en général les premières à succomber, faute de résistance. La question n’est donc pas de faire de la puissance et de la force des notions antithétiques. Au contraire, il n’y a pas de puissance sans forces, mais la puissance ajoute aux moyens matériels et mesurables, l’intelligence, l’autorité, le prestige, le sens de la décision, la fermeté, etc. C’est en ce sens que […] la politique [est] un phénomène de puissance et non uniquement de force, celle-ci n’étant qu’un moyen, fût-il spécifique au politique. Comme n’importe quel autre moyen, la force n’est efficace que si elle est appliquée, c’est-à-dire mise en œuvre par une volonté ou un organe. […] C’est la notion de résistance qui nous fournit, par analogie avec les sciences physiques, la clé de l’analyse de la force. […] Quel que soit le système, on ne peut pas parler de la force au singulier, car toute force suppose d’autres forces qui lui résistent, la combattent ou l’annulent. La force est l’obstacle d’une autre force, c’est-à-dire il faut encore une force pour combattre la force. […] La force nous apparaît ainsi en politique comme le moyen de la contrainte, soit que le pouvoir étatique réussisse à faire vivre dans la concorde les forces parfois hétérogènes qui s’agitent au sein de la collectivité et à faire respecter son intégrité contre les forces extérieures, soit qu’au contraire l’une des forces intérieures, jusque-là contenue, parvienne à briser la résistance du pouvoir établi, à s’en emparer et à maîtriser à son tour les autres forces internes ou qu’une force extérieure triomphe de la collectivité en lui imposant ses conditions. »
Julien Freund
Qu’est-ce que la politique ?, Éditions du Seuil, 1967
Trois fées façonnent le Destin sur leur quenouille…
« Trois fées façonnent le Destin sur leur quenouille et leur fuseau, de leurs doigts qui tordent les fils de la laine : c’est qu’il y a trois périodes dans le Temps, le passé qui est déjà filé et dévidé dans le fuseau, le présent qui passe dans les doigts de la fileuse ; le futur, c’est la laine enroulée sur la quenouille qui doit passer par les doigts de la fileuse sur le fuseau comme le présent doit devenir le passé […] On a voulu qu’elles fussent trois : l’une pour ourdir la vie de l’homme, la deuxième pour la tisser, la troisième pour la rompre. »
Isidore de Séville
vers 562 – 636
Le fort fait ce qu’il peut faire…
« Le fort fait ce qu’il peut faire et le faible subit ce qu’il doit subir. »
Thucydide
Histoire de la guerre du Péloponnèse, 431 – 411 avant notre ère, trad. Jacqueline de Romilly, Robert Laffont éditeur, coll. Bouquins, 1990
Un héroïsme sans drapeaux ni tambours…
« Un héroïsme sans drapeaux ni tambours. Semblable à l’enfantement, il se manifeste dans le silence du quotidien et des tâches sacrées par lesquelles, chaque jour, les femmes font renaître la vie au sein d’un foyer. Oui, il y a une sacralité des gestes quotidiens des femmes, parce que ces gestes renouvellent la vie par les travaux de la maison, le soir aux enfants, la préparation des repas, l’attention à la toilette, toutes choses par lesquelles un foyer existe ou non, et par lesquelles la transmission de la tradition s’effectue par exemplarité. »
Dominique Venner
Le Choc de l’histoire, Via Romana, 2011
L’homme est capable de faire…
« L’homme est capable de faire ce qu’il est incapable d’imaginer. »
René Char
Feuillets d’Hypnos, éditions Gallimard, coll. Espoir, 1946
Auteurs
Auteurs récemment ajoutés















































