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L’homme supérieur, l’homme d’élite, est caractérisé…

« L’homme supé­rieur, l’homme d’élite, est carac­té­ri­sé par l’intime néces­si­té d’en appe­ler de lui-même à une règle qui lui est exté­rieure, qui lui est supé­rieure, et au ser­vice de laquelle il s’enrôle libre­ment. On se sou­vien­dra que, au début de cet essai, nous dis­tin­guions l’homme d’élite de l’homme médiocre en affir­mant que le pre­mier exige beau­coup plus de lui-même, tan­dis que le second, au contraire, tou­jours satis­fait de lui, se contente d’être ce qu’il est. La noblesse se défi­nit par l’exigence, par les obli­ga­tions, et non par les droits. Noblesse oblige. « Vivre à son gré est plé­béien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi » (Goethe). Les pri­vi­lèges de la noblesse ne sont pas, à l’origine tout au moins, des conces­sions ou des faveurs, mais des conquêtes. Et, en prin­cipe, leur main­tien sup­pose que le pri­vi­lé­gié devait être capable de les recon­qué­rir à tout ins­tant, si cela était néces­saire, ou si quel­qu’un les lui dis­pu­tait. Les droits pri­vés, ou pri­vi­lèges, ne sont donc pas une pos­ses­sion pas­sive ou une simple jouis­sance, mais au contraire ils repré­sentent les limites où se haussent les efforts des indi­vi­dus. En revanche, les droits com­muns comme ceux de « l’homme et du citoyen » sont une pro­prié­té pas­sive, pur usu­fruit et béné­fice, don géné­reux du des­tin, auquel tout homme peut par­ti­ci­per et qui ne cor­res­pond à aucun effort, à moins que ce ne soit l’effort de res­pi­rer et de demeu­rer sain d’esprit. Les droits imper­son­nels, on les a, mais les droits per­son­nels, il faut les soutenir. »

José Orte­ga y Gasset
La révolte des masses (La rebe­lión de las masas, 1929), trad. Louis Par­rot, édi­tions Stock, 1937

La civilisation moderne ne doit pas être considérée…

« La civi­li­sa­tion moderne ne doit pas être consi­dé­rée comme une civi­li­sa­tion » active », mais comme une civi­li­sa­tion d’agités et de névro­pathes. Comme com­pen­sa­tion du « tra­vail » et de l’usure d’une vie qui s’abrutit dans une agi­ta­tion et une pro­duc­tion vaines, l’homme moderne, en effet, ne connaît pas l’otium clas­sique, le recueille­ment, le silence, l’état de calme et de pause qui per­mettent de reve­nir à soi-même et de se retrou­ver. Non : il ne connaît que la « dis­trac­tion » (au sens lit­té­ral, dis­trac­tion signi­fie « dis­per­sion ») ; il cherche des sen­sa­tions, de nou­velles ten­sions, de nou­veaux exci­tants, comme autant de stu­pé­fiants psy­chiques. Tout, pour­vu qu’il échappe à lui-même, tout, pour­vu qu’il ne se retrouve pas seul avec lui-même, iso­lé du vacarme du monde exté­rieur et de la pro­mis­cui­té avec son « pro­chain ». D’où radio, télé­vi­sion, ciné­ma, croi­sières orga­ni­sées, fré­né­sie de mee­tings spor­tifs ou poli­tiques dans un régime de masse, besoin d’écouter, chasse au fait nou­veau et sen­sa­tion­nel, « sup­por­ters » en tout genre et ain­si de suite. Chaque expé­dient semble avoir été dia­bo­li­que­ment dis­po­sé pour que toute vie inté­rieure soit détruite, pour que toute défense interne de la per­son­na­li­té soit inter­dite dès le départ, pour que, tel un être arti­fi­ciel­le­ment gal­va­ni­sé, l’individu se laisse por­ter par le cou­rant col­lec­tif, lequel, évi­dem­ment, selon le fameux « sens de l’histoire », avance vers un pro­grès illimité. »

Julius Evo­la
L’arc et la mas­sue, Cha­pitre V, « L’affaiblissement des mots », 1968

Nouvelle internationale, comme tant d’autres libérés…

« Nou­velle inter­na­tio­nale, comme tant d’autres libé­rés par la guerre, ces nou­veaux riches se ris­quèrent, puis pul­lu­lèrent, se répan­dirent par­tout avec cette indis­cré­tion, ces petites fureurs, ce pro­sé­ly­tisme frou­frou­tant qu’on leur connaît. Ayant gran­di dans les cata­combes, ils s’épanouirent vers 1920, comme une socié­té secrète s’emparant du pou­voir et heu­reuse de faire des sta­tuts éso­té­riques de l’ordre la consti­tu­tion même de la répu­blique. […] C’est alors que les modes, les salons, les cafés, l’art, furent enva­his d’une gent amère, insi­dieuse, ayant du goût à en périr et rien que cela, impul­sive, névro­sée, sub­tile, pué­rile et empoisonnée. »

Paul Morand
Jour­nal inutile, 1974, cité par Chris­to­pher Gérard, in Quo­li­bets, L’Age d’Homme, 2013

Pour la puissance mondiale, tout aussi intégriste…

« Pour la puis­sance mon­diale, tout aus­si inté­griste que l’orthodoxie reli­gieuse, toutes les formes dif­fé­rentes et sin­gu­lières sont des héré­sies. À ce titre, elles sont vouées soit à ren­trer de gré ou de force dans l’ordre mon­dial, soit à dis­pa­raître. […] L’objectif est de réduire toute zone réfrac­taire, de colo­ni­ser et de domes­ti­quer tous les espaces sau­vages, que ce soit dans l’espace géo­gra­phique ou dans l’univers mental. »

Jean Bau­drillard
Power Infer­no, édi­tions Gali­lée, 2002

La guerre est la politique originelle de tout ce qui vit…

« La guerre est la poli­tique ori­gi­nelle de tout ce qui vit, et ceci jusqu’au point que la lutte et la vie sont, dans leur pro­fon­deur, une seule et même chose, et qu’avec la volon­té de lutte, c’est aus­si l’être qui s’éteint. »

Oswald Spen­gler
Écrits his­to­riques et phi­lo­so­phiques. Pen­sées, édi­tions Coper­nic, 1980

Ce qu’on appelle un gouvernement, c’est un concert de pouvoirs…

« Ce qu’on appelle un gou­ver­ne­ment, c’est un concert de pou­voirs qui cha­cun, dans un office dis­tinct, tra­vaillent ensemble à une œuvre finale et totale. Que le gou­ver­ne­ment fasse cette œuvre, voi­là tout son mérite ; une machine ne vaut que par son effet. Ce qui importe n’est pas qu’elle soit bien des­si­née sur le papier, mais qu’elle fonc­tionne bien sur le ter­rain. En vain les construc­teurs allé­gue­raient la beau­té de leur plan et l’enchaînement de leurs théo­rèmes : on ne leur a deman­dé ni plans ni théo­rèmes, mais un outil. »

Hip­po­lyte Taine
Les ori­gines de la France contem­po­raine, 1870 – 1893

Avec la globalisation, la Terre ne s’unifie pas n’importe comment…

« Avec la glo­ba­li­sa­tion, la Terre ne s’unifie pas n’importe com­ment. Elle s’unifie ten­dan­ciel­le­ment sous la forme d’un mar­ché, c’est-à-dire sous l’unique hori­zon de la logique de la mar­chan­dise et la recherche d’une hausse per­ma­nente des pro­fits. Cet avè­ne­ment d’un mar­ché mon­dial s’accompagne d’une trans­for­ma­tion des men­ta­li­tés. L’intériorisation du modèle du mar­ché consacre, dans les esprits comme dans les com­por­te­ments, le pri­mat des valeurs mar­chandes. La plu­part des domaines qui, aupa­ra­vant, échap­paient encore dans une cer­taine mesure à la logique du capi­tal (culture, sport, édu­ca­tion, etc.), y sont aujourd’­hui plei­ne­ment intégrés.
[…] Quels sont les effets de la globalisation ?
Le plus évident tient dans l’extension et la concré­ti­sa­tion de ce que j’appellerai l’idéologie du Même : homo­gé­néi­sa­tion pla­né­taire, uni­for­mi­sa­tion des com­por­te­ments, dis­pa­ri­tion des modes de vie dif­fé­ren­ciés, géné­ra­li­sa­tion d’un modèle de « déve­lop­pe­ment », etc. »

Alain de Benoist
Confé­rence pro­non­cée à Anvers le 11 novembre 2003, cité par Éric Bran­ca in 3 000 ans d’idées poli­tiques, Chro­nique édi­tions, 2014

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