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Citations sur l'ordre
Les Dieux et les hommes sont liés entre eux par une communauté…
« Le ciel et la terre, les Dieux et les hommes sont liés entre eux par une communauté, faite d’amitié et de bon arrangement, de sagesse et d’esprit de justice, et c’est la raison pour laquelle à cet univers est donné le nom de cosmos, d’arrangement, et non celui de dérangement non plus que de dérèglement. »
Platon
Gorgias, 507d-508a, IVe siècle av. notre ère. Cité par Éric Grolier dans Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, Philippe Conrad dir., édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018
Mais que faire, si les faibles méconnaissent la loi…
« Mais que faire, si les faibles méconnaissent la loi, et dans leur aveuglement tirent les verrous qui n’étaient poussés que pour les protéger ? […] L’ordre humain ressemble au Cosmos en ceci, que de temps en temps, pour renaître à neuf, il lui faut plonger dans la flamme. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
Aussi loin que l’on regarde dans l’histoire des cités…
« Aussi loin que l’on regarde dans l’histoire des cités, des royaumes et des nations d’Europe, l’esprit militaire, dans sa structure masculine, en a été le cœur vivant étroitement associé à la souveraineté. La plupart de ceux qui se sont révoltés, toutes catégories sociales confondues, hommes et femmes, oui, femmes aussi, avaient en commun, souvent par tradition familiale, un attachement quasi liturgique au contenu de l’ordre militaire. Non pour l’armée de leur temps qui, à bien des égards, était peu défendable, mais pour ce que l’esprit et la formation authentiquement militaire apportent d’unique et d’irremplaçable au sein de la société civile : austérité, abnégation, maîtrise des sentiments, soumission au devoir. Dispositions viriles, foncièrement anti-utilitaires et antibourgeoises, même quand elles sont honorées, ce qui est fréquent, par des familles appartenant socialement à la bourgeoisie. Elles étaient tout ce qui subsistait de l’ancienne armature humaine qui, depuis plus de trois mille ans, avait fait de l’Europe ce qu’elle avait été. »
Dominique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédition Pierre-Guillaume de Roux, 2014
On sait que la volonté d’ordre et de forme constitue la base
« On sait que la volonté d’ordre et de “forme” constitue la base de toute civilisation traditionnelle ; que la loi traditionnelle ne pousse pas vers l’inqualifié, l’égal, l’indéfini, vers ce qui rendrait les différentes parties du tout semblables, sous l’effet de l’homogénéisation ou de l’atomisation, mais veut que ces parties soient elles-mêmes, expriment de plus en plus parfaitement leur nature propre. »
Julius Evola
Révolte contre le monde moderne (Rivolta contro il mondo moderno), 1934
Il faut tout de même voir qu’il y a des ordres apparents…
Lassés de peupler des villes surpeuplées dont la gouvernance…
« Lassés de peupler des villes surpeuplées dont la gouvernance implique la promulgation toujours plus abondante de règlements, haïssant l’hydre administrative, excédés par l’impatronisation des nouvelles technologies dans tous les champs de la vie quotidienne, pressentant les chaos sociaux et ethniques à venir, ils décideraient de quitter les zones urbaines pour regagner les bois. Ils recréeraient des villages dans des clairières, ouvertes au milieu des nefs. Ils s’inventeraient une nouvelle vie. Ce mouvement s’apparenterait aux expériences hippies mais se nourrirait de motifs différents. Les hippies fuyaient un ordre qui les oppressait. Les néo-forestiers fuiront un désordre qui les démoralise. Les bois, eux, sont prêts à accueillir les hommes ; ils ont l’habitude des éternels retours. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
La verticalité est intrinsèque à la masculinité…
« La verticalité est intrinsèque à la masculinité et à l’ancien ordre européen. Elle se manifeste par une tension naturelle vers le risque, la différence, l’altitude en tout. Elle méprise la sécurité, la tranquillité, l’indolence, l’hédonisme, qui sont penchants horizontaux. Elle distingue, élève, attribue un rang. Elle hiérarchise les idées et les personnes. L’ordre d’Homère est vertical comme l’est aussi le langage, l’élégance, la grammaire, les donjons, ou la forme que l’on donne aux authentiques créations. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté…
« L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. »
Charles Péguy
Notre patrie, Les Cahiers de la Quinzaine, VII‑3, 1905, in Œuvres en prose complètes, Tome II, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1988
L’homme supérieur, l’homme d’élite, est caractérisé…
« L’homme supérieur, l’homme d’élite, est caractérisé par l’intime nécessité d’en appeler de lui-même à une règle qui lui est extérieure, qui lui est supérieure, et au service de laquelle il s’enrôle librement. On se souviendra que, au début de cet essai, nous distinguions l’homme d’élite de l’homme médiocre en affirmant que le premier exige beaucoup plus de lui-même, tandis que le second, au contraire, toujours satisfait de lui, se contente d’être ce qu’il est. La noblesse se définit par l’exigence, par les obligations, et non par les droits. Noblesse oblige. « Vivre à son gré est plébéien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi » (Goethe). Les privilèges de la noblesse ne sont pas, à l’origine tout au moins, des concessions ou des faveurs, mais des conquêtes. Et, en principe, leur maintien suppose que le privilégié devait être capable de les reconquérir à tout instant, si cela était nécessaire, ou si quelqu’un les lui disputait. Les droits privés, ou privilèges, ne sont donc pas une possession passive ou une simple jouissance, mais au contraire ils représentent les limites où se haussent les efforts des individus. En revanche, les droits communs comme ceux de « l’homme et du citoyen » sont une propriété passive, pur usufruit et bénéfice, don généreux du destin, auquel tout homme peut participer et qui ne correspond à aucun effort, à moins que ce ne soit l’effort de respirer et de demeurer sain d’esprit. Les droits impersonnels, on les a, mais les droits personnels, il faut les soutenir. »
José Ortega y Gasset
La révolte des masses (La rebelión de las masas, 1929), trad. Louis Parrot, éditions Stock, 1937
La notion qui fonde toute coutume vivante…
« La notion qui fonde toute coutume vivante, c’est l’honneur. Tout le reste, fidélité, humilité, bravoure, esprit chevaleresque, maîtrise de soi, résolution, en découle. Et l’honneur est une question de sang, non de raison. On ne réfléchit pas – sinon, on a déjà perdu l’honneur. Perdre l’honneur, c’est être effacé de la vie, du temps, de l’Histoire. L’honneur de l’ordre, de la famille, de l’homme et de la femme, du peuple et de la patrie, l’honneur du paysan, du soldat, et même du bandit : l’honneur signifie que la vie, en une certaine personne, vaut quelque chose, possède un rang historique, sa distance, sa noblesse. »
Oswald Spengler
Écrits historiques et philosophiques. Pensées, éditions Copernic, 1980
L’harmonie invisible vaut mieux que…
« L’harmonie invisible vaut mieux que celle qui est visible. »
Héraclite
Fragments, 54, 576 – 480 av. notre ère, trad. Jean-François Pradeau, éditions Garnier-Flammarion, 2018
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