Thème
Citations sur la mort
« Donner des chants », autrement dit des poèmes, cela signifie transcender le malheur…
« “Si les dieux ont infligé la mort à tant d’hommes, c’est pour donner des chants aux gens de l’avenir”, L’Iliade (VIII, 579 – 580). “Donner des chants”, autrement dit des poèmes, cela signifie transcender le malheur en œuvre d’art et en beauté. Le malheur est ainsi renversé en son contraire. »
Dominique Venner
Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis, éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2013
Ne cherchez point à trop réussir votre mort…
« Ne cherchez point à trop réussir votre mort. Sous peine de rater ce qui la précédait et qui n’est pas négligeable… la vie ! »
Sylvain Tesson
Un été avec Homère, éditions des Équateurs, 2018
Il est certain qu’aujourd’hui encore…
« Il est certain qu’aujourd’hui encore, et précisément en Italie, les rites par lesquels une communauté guerrière déclare « présents » les camarades morts au champ d’honneur, ont retrouvé une force singulière. Qui part de l’idée que tout ce qu’un processus d’involution a, de nos jours, doté d’un caractère allégorique et au maximum éthique, avait à l’origine une valeur de réalité (et tout rite était action et non simple cérémonie) doit penser que les rites guerriers actuels peuvent être matière à méditation et à rapprocher du mystère contenu dans l’enseignement dont nous avons parlé : l’idée de héros qui ne sont pas vraiment morts, comme celle de vainqueurs qui, à l’image du César romain, restent « vainqueurs perpétuels » au centre d’une lignée. »
Julius Evola
Métaphysique de la Guerre (Diorama Filosofico, 1935), in Cahiers de l’Unicorne 7, trad. H.J. Maxwell, Arche éditions, 1980
Bien philosopher, c’est-à-dire…
« […] Bien philosopher, c’est-à-dire, au fond, s’exercer à mourir aisément. »
Socrate selon Platon
Phédon, 81a-82c, IVe siècle av. notre ère
Il n’est qu’un bon présage, c’est de combattre pour sa patrie…
Hector : « Il n’est qu’un bon présage, c’est de combattre pour sa patrie. »
Homère
Iliade, Chant XII, 243, vers 800 – 725 avant notre ère
Pendant près de quinze siècles, le christianisme a commandé l’imaginaire…
« Pendant près de quinze siècles, le christianisme a commandé l’imaginaire et les représentations des Européens. Il leur a fourni une morale, une vision de la mort et de l’au-delà en même temps que les cadres temporels de leur existence. C’est dans le récit biblique autant que dans la tradition troyenne que s’est inscrite l’image des rois de France. C’est à l’inverse avec le passé romain que renoue l’Empire chrétien carolingien, continué au siècle suivant par le Saint Empire romain germanique. C’est d’autre part contre l’ennemi musulman que se forge au nom du Christ, sur les fronts ibérique, méditerranéen et oriental l’identité européenne qui va s’affirmer à partir de l’an mil. »
Philippe Conrad
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité européenne, Philippe Conrad dir., édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018
Ils avaient été des hommes qui connaissaient la peine…
« Mais en vérité, ils avaient été des hommes qui connaissaient la peine, les privations, la violence, la débauche — mais ne connaissaient point la peur et n’éprouvaient aucun élan de méchanceté en leur cœur. Des hommes difficiles à diriger, mais faciles à inspirer, des hommes sans voix — mais suffisamment virils pour mépriser dans leur cœur les voix sentimentales qui se lamentaient sur la dureté de leur destin. C’était un destin et c’était le leur ; cette capacité de le supporter leur semblait le privilège des élus ! Leur génération vivait muette et indispensable, sans connaître les douceurs de l’affection ou le refuge du foyer — et mourait libre de la sombre menace d’une tombe froide. Ils étaient les éternels enfants de la mer mystérieuse. Leurs successeurs sont les fils adultes d’une terre insatisfaite. Ils sont moins dépravés mais moins innocents ; moins irrévérencieux mais peut-être aussi moins croyants ; et s’ils ont appris à parler, ils ont aussi appris à gémir. »
Joseph Conrad
Le nègre du Narcisse, 1913, trad. Robert d’Humières, éditions Gallimard, coll. L’imaginaire, 2007
Georges Bataille estimait que la violence de la corrida…
« Georges Bataille estimait que la violence de la corrida, incarnée dans le jeu qu’entretient l’homme vivant avec sa propre mort et la bête qui est en lui, symbolisait la recherche de transcendance de l’homme. Il voyait dans la tauromachie la survivance d’un culte rendu par les légionnaires romains au dieu Mithra. D’autres théories existent. On sait par exemple que les Celtes avaient des jeux ritualisés assez proches, de même que la fresque du palais de Cnossos en Crète montre un jeune homme sautant par dessus un énorme taureau furieux. »
Gabriel Robin
« Les Traditions vivantes », intervention à la 7ème journée de réinformation de Polémia, Paris, 18 octobre 2014
Ce long compagnonnage avec le courage…
« Ce long compagnonnage avec le courage m’a été utile en prison et lorsque je suis tombé malade, à la fin des années soixante-dix. Les heures tombaient une à une dans le silence. Je m’avançais sur les rebords du vertige, lorsque la tentation de céder était trop forte. Je pensais alors à la nuit du tunnel et à mes frères de malheur, aux heures d’attente dans les carlingues avant de sauter, et à ma mère devant son ouvrage, avec son aiguille, point par point, dans la lumière pâle de l’hiver. Alors je marchais intérieurement, une respiration après l’autre, pour atteindre la terre ferme, ou l’angoisse lâchait prise.
Ce courage-là me sera sans doute nécessaire en approchant de la mort. J’ai suffisamment vécu pour savoir que mes victoires passées ne me garantissent pas contre l’affolement final. Chacun rejoue sa vie jusqu’à la dernière seconde. C’est sans doute à ce moment-là qu’il me faudra retrouver, une dernière fois, le courage de ma mère, son sourire et son regard vert. »
Hélie Denoix de Saint Marc
Les sentinelles du soir, éditions les arènes, 1999
Le courage est presque une contradiction dans les termes…
« Le courage est presque une contradiction dans les termes. C’est un puissant désir de vivre qui prend la forme d’un empressement à mourir. “Celui qui perdra sa vie la sauvera” n’est pas une sentence mystique à l’usage des saints et des héros. C’est le conseil quotidien aux marins et aux montagnards. On pourrait l’imprimer dans un guide des Alpes ou dans un manuel de manœuvres maritimes. Ce paradoxe est tout le principe du courage, même du courage tout à fait terrestre ou tout à fait brutal. »
Gilbert Keith Chesterton
Orthodoxie, 1908, trad. Lucien d’Azay, éditions Flammarion, coll. « Climats », 2010
Qu’est-ce que cela signifie, politique ? Gouverner les hommes ?
« Qu’est-ce que cela signifie, politique ? Gouverner les hommes ? J’écris que là n’est pas la question et qu’il s’agit de donner des raisons de vivre et de mourir. Des oublis de soi. Et ces raisons de vivre sont, depuis toujours, exactement les mêmes que les raisons de mourir. »
Jean Cau
Les écuries de l’Occident. Traité de morale, éditions de La Table Ronde, 1973
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