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Citations sur la forêt
Dans la profondeur de la forêt résonnait un appel
« Dans la profondeur de la forêt résonnait un appel, et chaque fois qu’il l’entendait, mystérieusement excitant et attirant, il se sentait forcé de plonger dedans toujours plus avant, il ne savait où ni pourquoi. »
Jack London
L’appel de la forêt (The Call of the Wild), 1903, trad. Raymonde de Galard, éditions Felix Juven, 1906, trad. Pierre Coustillas, LGF, coll. Livre de Poche, 2000
Plus ils se rapprochaient du faîte de la montagne sacrée…
« Plus ils se rapprochaient du faîte de la montagne sacrée et plus chaque arbrisseau, chaque arbre semblait posséder sa propre nature divine comme si, tout naturellement, il était lui-même devenu un dieu.
Lorsque, par exemple le vent attrapait les extrémités des grands chênes, dispersant leurs fleurs en nuée jaune pâle qui planait ensuite à travers la solitude forestière de la montagne, Honda sentait en lui que ce tableau éclatait d’esprit divin, comme une brusque décharge électrique. »
Yukio Mishima
Chevaux échappés, 1969, trad. Tanguy Kenec’hdu, éditions Gallimard 1980, coll. Quarto, 2004
Avec ou sans arme…
« Avec ou sans arme, par la chasse, je fais retour à mes sources nécessaires : la forêt enchantée, le silence, les mystères du sang sauvage, l’ancien compagnonnage clanique. Avec l’enfantement, la mort et les semailles, la chasse est peut-être le dernier rite primordial à échapper partiellement aux défigurations et manipulations d’une mortelle démesure. »
Dominique Venner
Dictionnaire amoureux de la chasse, éditions Plon, coll. Dictionnaire amoureux, 2006
Jamais je ne serai blasé devant la découverte…
« Jamais je ne serai blasé devant la découverte soudaine de la proie, devant la découverte miraculeuse de la sauvagerie. Je m’abandonnai béatement à la jouissance de surprendre sans être surpris. Toujours en ces instants m’inonde une excitation voluptueuse mêlée de gratitude. Moi, médiocre et lourd bipède civilisé, sans vue perçante ni odorat subtil, pour une seconde ou une minute, je suis maître du jeu, non par force mais par ruse et chance, à l’exemple de mon ancêtre à l’épieu de bois durci. Que je sois un maître dérisoire, je le sais bien. Ici, je ne suis qu’un intrus, trop généreusement toléré par les divinités de la forêt. »
Dominique Venner
Dictionnaire amoureux de la chasse, éditions Plon, coll. Dictionnaire amoureux, 2006
Ils avançaient sans parler, tendus par l’effort…
« Ils avançaient sans parler, tendus par l’effort, avares de leur souffle. Le silence presque solide qui les entourait les écrasait comme l’eau écrase le plongeur dans l’océan. Le sentiment de l’infini, la conscience d’affronter une force supérieure pesaient sur eux de tout leur poids. Telle une grappe piétinée qui exprime son suc, leur esprit se détachait peu à peu des fausses valeurs, des idoles de plâtre, des suffisances mesquines, et ils se percevaient tels qu’ils étaient réellement, avec leurs étroites limites, leur insignifiance, leur sagesse d’insectes, luttant de toutes leurs faibles forces pour ne pas être emportés comme des fétus de paille par la puissance aveugle des éléments. »
Jack London
Croc-Blanc (White Fang), 1906, trad. Philippe Sabathé, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Folio Junior, 1997
Toujours dans le lit du ruisseau…
« Toujours dans le lit du ruisseau, avec de l’eau jusqu’à mi-roue, je pénétrai sous la forêt qui montait en pente douce vers le flan d’un petit morne. Une centaine de mètres plus loin, le ruisseau prenait sa source et je dus abandonner ma jeep et poursuivre à pied, enjambant les troncs d’arbres pourris de cette jungle alpine. Je marchai environ une demi-heure jusqu’au sommet du petit morne et là, à travers un rideau de verdure d’où tombaient d’épaisses gouttes de pluie, j’entrevis à nouveau, au loin, les sombres pentes du massif de la Selle. Malgré mes efforts, il semblait ne pas s’être approché d’un mètre et puis ses sommets disparurent au milieu de lourds nuages gorgés d’eau. Je restai là quelques temps à rêver, les yeux fixés sur la muraille de pluie. C’est ainsi que les mythes demeurent, plus nécessaires à l’homme que le pain. »
Jean Raspail
La hache des steppes, éditions Robert Laffont, 1974
L’Appel se faisait entendre…
« Une nuit, il fut réveillé tout à coup en sursaut : alerte, les yeux brillants, les narines frémissantes, le poil hérissé en vagues… L’Appel se faisait entendre, et tout près cette fois. Jamais il ne l’avait distingué si clair et si net. Cela ressemblait au long hurlement du chien indigène. Et, dans ce cri familier, il reconnut cette voix, entendue jadis, qu’il cherchait depuis des semaines, et des mois. »
Jack London
L’Appel de la forêt (The Call of the Wild), 1903, trad. Raymonde de Galard, Éditions du Rocher, coll. Motifs, 2006
En Jeanne nous voyons agir, à son insu…
« En Jeanne nous voyons agir, à son insu, les vieilles imaginations celtiques. Le paganisme supporte et entoure cette sainte chrétienne. La Pucelle honore les saints, mais d’instinct elle préfère ceux qui abritent sous leurs vocable les fontaines fées. Les diverses puissances religieuses éparses dans cette vallée meusienne, Jeanne les ramasse et les accorde, dût-elle en mourir par un effet de sa noblesse naturelle… Fontaines druidiques, ruines latines et vieilles églises romanes forment un concert. (…) Autant que nous aurons un cœur celtique et chrétien, nous ne cesserons d’aimer cette fée dont nous avons fait une sainte. »
Maurice Barrès
L’œuvre de Maurice Barrès (Philippe Barrès, Maurice Barrès), tome XII, éditions Au Club de l’honnête homme, 1967
Qu’est-ce qu’une montagne ?
Qu’est-ce qu’une montagne, par exemple ? Celle-là, le Mont Blanc, la deuxième la plus haute du continent.
Une montagne, nous dit la réponse bien connue, est une élévation naturelle du terrain qui, engendrée depuis les plissements hercynien ou alpin… Suivent plein d’autres détails.
Une fois le détail conclu, saurons-nous ce qu’est une montagne ? Saurons-nous ce qu’elle est, non pas comment elle s’est formée lors d’un choc tellurique d’il y a des millions d’années ; non pas comment se déploie la sinueuse orographie de ce Mont Blanc dont la masse de granit apparaît soudain, enveloppée par le couchant aux doigts de rose, comme dirait l’autre, tandis que tu es en train de t’approcher, et soudain, après un tournant, la montagne se plante devant toi, et sa masse te frappe, intime et lointaine, nimbée de lumière, de cette lumière d’or que tu es presque sur le point de goûter et de savourer.
Les sciences qui étudient la montagne, parviendront-elles jamais à rendre raison du mystère qui fulgure à travers la flèche de ses sommets, au milieu de la majesté de son ciel, de l’abîme de ses ravins, de la clarté de ses sources ? Quelle science pourra nous expliquer le mystère qui nous serre le cœur quand nous nous enfonçons dans ses bosquets et ses épaisseurs ? »
Javier Portella
Les esclaves heureux de la liberté, éditions David Reinharc, 2012
L’amitié ne se forge pas seulement en discutant…
« L’amitié ne se forge pas seulement en discutant dans la chaleur des troquets. Elle s’éprouve aussi dans l’effort des marches en forêt. »
Erik L’Homme
Le regard des princes à minuit, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2014
L’Histoire ne doit pas rester captive, c’est un animal sauvage…
« L’Histoire ne doit pas rester captive, c’est un animal sauvage, un loup qui s’étiole lorsqu’il est mis à la chaîne. Il faut aller à sa rencontre. Arpenter la France intime, la France des siècles, pénétrer dans les forêts profondes, tracer dans les garrigues des sentiers de lumière, promener sur les chemins du littoral nos rêves éveillés ! Frotter nos paumes aux murs des cathédrales et des châteaux ! »
Erik L’Homme
Le regard des princes à minuit, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2014
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