« Une nuit, il fut réveillé tout à coup en sur­saut : alerte, les yeux brillants, les narines fré­mis­santes, le poil héris­sé en vagues… L’Ap­pel se fai­sait entendre, et tout près cette fois. Jamais il ne l’a­vait dis­tin­gué si clair et si net. Cela res­sem­blait au long hur­le­ment du chien indi­gène. Et, dans ce cri fami­lier, il recon­nut cette voix, enten­due jadis, qu’il cher­chait depuis des semaines, et des mois. »

Jack Lon­don
L’Ap­pel de la forêt (The Call of the Wild), 1903, trad. Ray­monde de Galard, Édi­tions du Rocher, coll. Motifs, 2006

À propos de l'auteur

Jack London, de son vrai nom John Griffith Chaney, né en 1876 à San Francisco et mort en 1916 à Glen Ellen en Californie, est un écrivain américain prolifique, essentiellement connu du grand public pour ses nouvelles et ses romans d'aventures liés au grand nord canadien et à la nature sauvage (L'appel de la forêt, Croc-Blanc). Membre du Socialist Labor Party en 1896, puis du parti socialiste américain en 1901, il est également l'auteur d'une dizaine de romans dits socialistes, qui décrivent l'horreur libérale et urbaine (Le Peuple d’en-bas), ainsi que la répression des sociétés capitalistes et industrielles (Le Talon de fer, qui sera préfacé par Léon Trotsky). À l'avant-garde de la contestation politique de son époque, Jack London est également un aventurier qui a parcouru le monde par la mer, avant de mourir prématurément de ses excès d'alcool et de morphine.