Thème
Citations d’un auteur français
Un homme d’esprit est perdu…
Un certain héritage historique, la fortune…
« Un certain héritage historique, la fortune et la virtù sont les trois déterminants majeurs que l’on peut voir à l’œuvre derrière tous les grands évènements de l’histoire. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, 2002
Le premier instinct humain est l’instinct de survie…
« Le premier instinct humain est l’instinct de survie, et cet instinct emporte tout sur son passage ; nous aurions dû apprendre pour toujours ce que la peur pour l’espace vital peut déclencher dans un peuple qui pouvait se réclamer de la plus haute civilisation du monde, nous aurons demain à apprendre ce que la réalité des menaces pour l’espace vital et la dignité des hommes peut provoquer chez ceux qui se sentiront menacés dans leur survie par la surpopulation et l’entassement humain du futur. La loi de l’intérêt individuel, les passions de toute nature ne sont que les habillages que l’abondance permet d’élaborer autour de cette passion simple : survivre. Il est possible que la science politique de demain ait à oublier bien des vérités qui n’étaient que le fait de la richesse, de la sûreté du lendemain et de la survie, pour redécouvrir quelques aspects des sociétés humaines que nous avons depuis longtemps oubliés. »
Hervé Juvin
Le renversement du monde. Politique de la crise, éditions Gallimard, 2010
La retraite est révolte. Gagner sa cabane…
« La retraite est révolte. Gagner sa cabane, c’est disparaître des écrans de contrôle. L’ermite s’efface. Il n’envoie plus de traces numériques, plus de signaux téléphoniques, plus d’impulsions bancaires. Il se défait de toute identité. Il pratique un hacking à l’envers, sort du grand jeu. Nul besoin d’ailleurs de gagner la forêt. L’ascétisme révolutionnaire se pratique en milieu urbain. La société de consommation offre le choix de s’y conformer. Il suffit d’un peu de discipline. Dans l’abondance, libre aux uns de vivre en poussah mais libre aux autres de jouer les moines et de vivre amaigris dans le murmure des livres. Ceux-ci recourent alors aux forêts intérieures sans quitter leur appartement. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
La décision de Caracalla était bien révolutionnaire…
« La décision de Caracalla était bien révolutionnaire : elle rompait avec une politique qui avait réservé la citoyenneté hors d’Italie à une minorité, en général une élite sociale, et que les Empereurs avaient maintenue par-delà les nuances depuis Auguste. »
François Jacques
Rome et l’intégration de l’empire (avec John Scheid), éditions des Presses Universitaires de France, 2010
Les évènements ne sont jamais absolus…
« Les événements ne sont jamais absolus, leurs résultats dépendent entièrement des individus : le malheur est un marchepied pour le génie, une piscine pour le chrétien, un trésor pour l’homme habile, pour les faibles un abîme. »
Honoré de Balzac
Histoire de la grandeur et de la décadence de César Birotteau, 1837, éditions Alexandre Houssiaux, 1855
Faire une œuvre de vie de ce qui était lettre morte…
« Faire une œuvre de vie de ce qui était lettre morte, comprendre ce que l’on est, découvrir comment vivre et agir selon notre tradition, voilà notre tâche. Ce n’est pas seulement un préalable à l’action. La pensée est l’action. Notre monde ne sera pas sauvé par des savants aveugles ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants, par ceux qui auront forgé l’« épée magique » dont parlait Ernst Jünger, l’épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. Notre monde sera sauvé par les veilleurs postés aux frontières du royaume et du temps. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
À quoi sert le militantisme ? Rarement à faire…
« À quoi sert le militantisme ? Rarement à faire avancer la cause que l’on défend, mais avant tout à se former soi-même. À se doter d’un caractère. À se structurer, physiquement et mentalement. Le militantisme est une école. Le militantisme est un don de soi. Mais il peut aussi être une aliénation. Il aliène chaque fois qu’il empêche de penser par soi-même. […] Il permet d’acquérir une armure, mais peut faire oublier que la cuirasse n’est pas le corps. Il y a une énorme différence entre un esprit engagé et un esprit partisan. Même au service de la meilleure des causes, un esprit partisan n’est jamais un esprit libre. L’important est de toujours s’engager à temps complet, avec désintéressement. La priorité, c’est toujours l’au-delà de soi. »
Alain de Benoist
ID magazine, n°9, printemps 2007
Bien sûr, certains facteurs contribuent au malaise…
« Bien sûr, certains facteurs contribuent au malaise grandissant qui traverse notre société ; mais ni les tensions économiques, ni le discrédit politique, ni les difficultés d’intégration n’expliquent à eux seuls cet « ensauvagement » largement constaté et décrit. Nous ne voyons pas qu’il provient essentiellement d’une rupture de la transmission, d’un abandon de notre propre civilisation — dont tous les symptômes de la crise ne sont que des conséquences, proches ou lointaines. Nous ne voulons pas voir que l’enjeu est d’abord culturel. Comme si une génération qui s’est interdit de transmettre ne parvenait pas à comprendre que, en refusant de faire des héritiers, en privant ses enfants de la culture qu’elle avait reçue, elle prenait le risque de les déshériter d’eux-mêmes — de les déshériter de leur propre humanité. Nous nous sommes passionnés pour le doute cartésien et l’universelle corrosion de l’esprit critique, devenus des fins en eux-mêmes ; nous avons préféré, avec Rousseau, renoncer à notre position d’adultes pour ne pas entraver la liberté des enfants ; nous avons reproché à la culture d’être discriminatoire, comme Bourdieu, et nous avons contesté la discipline qu’elle représentait. Et nous avons fait naître, comme il aurait fallu le prévoir, « des sauvages faits pour habiter dans les villes ». »
François-Xavier Bellamy
Les Déshérités ou l’urgence de transmettre, éditions Plon, 2014
Ceux qui prétendent combiner culture et égalité…
« Ceux qui prétendent combiner culture et égalité, éducation et égalité, et introduire l’égalité ou seulement de l’égalité dans la culture ou l’éducation, s’abusent eux-mêmes ou abusent les autres, ou les deux, car il y a une incompatibilité radicale, fondamentale, insurmontable, entre ces domaines, ces champs ou ces valeurs. L’égalité est aussi absente de la culture qu’elle l’est de la nature. Les plus belles proclamations ne peuvent que reconnaître, ou imposer, ou prétendre imposer, une égalité en droit ou une égalité de droits ; et cette attitude est un héroïque, un magnifique défi à tout ce qui s’observe dans la nature et entre les hommes. […] L’égalité est une contrainte que s’imposent à grand mal certaines civilisations, en général contre leurs plus anciennes traditions et contre leurs instincts. »
Renaud Camus
La grande déculturation, éditions Fayard, 2008
Nous avons tout perdu, disait Fichte, mais il nous reste…
« “Nous avons tout perdu, disait Fichte, mais il nous reste l’éducation”. Et Nietzsche observait : “Où qu’apparaisse une grandeur tant soit peu durable, on peut observer une sélection préalable très soigneuse – par exemple chez les Grecs”. Ne sous-estimons pas ce pouvoir de l’éducation, et rappelons-nous qu’à la naissance, le meilleur des dons n’est jamais présent que sous une forme potentielle. D’où la nécessité de centres, de séminaires et de « cloîtres » où puisse mûrir une forme nouvelle de vie. Et pour cela d’abord éduquer des éducateurs. Dans Par-delà bien et mal, Nietzsche écrivait : “Les grandes choses sont réservées aux grands, les profondeurs aux profonds, les douceurs et les frissons aux âmes subtiles, tout ce qui est rare aux êtres rares”. Avant de se gargariser du mot “élite” et de se targuer d’en faire partie, c’est à réunir des conditions qu’il paraît nécessaire d’œuvrer. Travail à long terme, où il faut de la patience, de l’ordre, du goût, de la méthode et du temps. »
Alain de Benoist
Les idées à l’endroit, Éditions Libres-Hallier, 1979
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