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Citations sur la beauté

Dans les Andes, on ne compte pas quatre éléments…

« Dans les Andes, on ne compte pas quatre élé­ments, mais cinq : l’air dia­phane, l’eau inson­dable des lacs, le feu des vol­cans, la terre qui tremble, et le silence. Un silence de sépulcre, d’ordre divin, que seule trouble la voix des esprits en sou­le­vant des trombes de pous­sière qui emportent l’âme des humains : le vent. L’homme écoute le vent, dans les Andes, comme la voix de son créa­teur. Confon­du dans sa peti­tesse, relé­gué à l’é­tat d’é­pi­sode, conscient de son impuis­sance, il s’est cher­ché des alliés dans l’au-delà. Soleil, lune, lacs, mon­tagnes, cas­cades, rivières, rocs et vents, gla­ciers, et toutes les forces de la nature, tout est déifié. »

Jean Ras­pail
Pêcheur de lunes. Qui se sou­vient des hommes…, édi­tions Robert Laf­font, 1990

Vanité de la photo…

« Vani­té de la pho­to, l’é­cran réduit le réel à sa valeur eucli­dienne. Il tue la sub­stance des choses, en com­presse la chair. La réa­li­té s’é­crase contre les écrans. Un monde obsé­dé par l’i­mage se prive de goû­ter aux mys­té­rieuses éma­na­tions de la vie. Aucun objec­tif pho­to­gra­phique ne cap­te­ra les rémi­nis­cences qu’un pay­sage déploie en nos cœurs. »

Syl­vain Tesson
Dans les forêts de Sibé­rie, édi­tions Gal­li­mard, 2011

Cet ordre impersonnel et divin de l’univers…

« Cet ordre imper­son­nel et divin de l’univers a pour image par­mi nous la jus­tice, la véri­té, la beau­té. Rien d’inférieur à ces choses n’est digne de ser­vir d’inspiration aux hommes qui acceptent de mourir.
Au-des­sus des ins­ti­tu­tions des­ti­nées à pro­té­ger le droit, les per­sonnes, les liber­tés démo­cra­tiques, il faut en inven­ter d’autres des­ti­nées à dis­cer­ner et à abo­lir tout ce qui, dans la vie contem­po­raine, écrase les âmes sous l’injustice, le men­songe et la laideur.
Il faut les inven­ter, car elles sont incon­nues, et il est impos­sible de dou­ter qu’elles soient indispensables. »

Simone Weil
La per­sonne et le sacré, 1943, édi­tions Gal­li­mard, coll. Espoir, 1957, R&N Édi­tions, 2016

Un dieu qui sache danser…

« Ce qui peut nous sau­ver, c’est quelque chose comme l’esprit d’une beau­té” qui s’épanche dans notre sang, vivi­fie notre vie, redonne de l’élan à notre être.
Serons-nous capables d’assumer un jour que c’est de quelque chose de tel qu’il s’agit ?
Serons-nous capables de com­prendre que seul un tel dieu peut être celui que nous recherchions ?
Un dieu qui, comme celui de Nietzsche, sache danser.
Un dieu dont la marque du beau, de l’inouï, soit gra­vée au feu sur son cœur ivre et joyeux. »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

Qui ne sait le charme des landes ?

« Qui ne sait le charme des landes ?… Il n’y a peut-être que les pay­sages mari­times, la mer et ses grèves, qui aient un carac­tère aus­si expres­sif et qui vous émeuvent davan­tage. Elles sont comme les lam­beaux, lais­sés sur le sol, d’une poé­sie pri­mi­tive et sau­vage que la main et la herse de l’homme ont déchi­rée. Haillons sacrés qui dis­pa­raî­tront au pre­mier jour sous le souffle de l’industrialisme moderne ; car notre époque, gros­siè­re­ment maté­ria­liste et uti­li­taire, a pour pré­ten­tion de faire dis­pa­raître toute espèce de friche et de brous­sailles aus­si bien du globe que de l’âme humaine. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

Asservie aux idées de rapport, la société, cette vieille…

« Asser­vie aux idées de rap­port, la socié­té, cette vieille ména­gère qui n’a plus de jeune que ses besoins et qui radote de ses lumières, ne com­prend pas plus les divines igno­rances de l’esprit, cette poé­sie de l’âme qu’elle veut échan­ger contre de mal­heu­reuses connais­sances tou­jours incom­plètes, qu’elle n’admet la poé­sie des yeux, cachée et visible sous l’apparente inuti­li­té des choses. Pour peu que cet effroyable mou­ve­ment de la pen­sée moderne conti­nue, nous n’aurons plus, dans quelques années, un pauvre bout de lande où l’imagination puisse poser son pied ; pour rêver, comme le héron sur une de ses pattes. Alors, sous ce règne de l’épais génie des aises phy­siques qu’on prend pour de la Civi­li­sa­tion et du Pro­grès, il n’y aura ni ruines, ni men­diants, ni terres vagues, ni super­sti­tions comme celles qui vont faire le sujet de cette his­toire, si la sagesse de notre temps veut bien nous per­mettre de la raconter. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
L’En­sor­ce­lée, 1852, édi­tions Gal­li­mard, coll. Folio clas­sique, 1977

La beauté du torero est la plus classique…

« La beau­té du tore­ro est la plus clas­sique : elle sup­pose élé­gance, har­mo­nie des mou­ve­ments, per­fec­tion des formes, équi­libre des masses. Le tore­ro crée des formes, œuvres humaines, à par­tir de chaos – la charge natu­relle d’un tau­reau. Immo­bile, il met, d’un geste, de l’ordre là où il n’y avait que désordre et mouvement. »

Fran­cis Wolff
50 rai­sons de défendre la cor­ri­da, édi­tions Fayard, coll. Mille et une nuits, 2010

Ces idées que les Grecs découvraient…

« En voyant la façon dont étaient expri­mées, en ce début de notre culture, ces idées que les Grecs décou­vraient alors et qu’ils déve­lop­paient avec une mer­veilleuse clar­té, j’ai très sou­vent éprou­vé cette espèce de sai­sis­se­ment qu’ap­porte la pré­sence de la beau­té. Je ne veux pas dire par là que les Grecs étaient des opti­mistes béats, pei­gnant la vie sous des cou­leurs abso­lu­ment char­mantes et douces ! Ils sont les inven­teurs de la tra­gé­die, ils connaissent la vio­lence, la guerre, la mort ; mais ils ont eu conscience de tout ce qu’il y a d’é­mou­vant, de magni­fique, de sti­mu­lant même dans la vie humaine, et ils ont su le dire de manière incomparable. »

Jac­que­line de Romilly
Une cer­taine idée de la Grèce, 2003, Édi­tions de Fal­lois, 2006

Cet homme, élancé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée…

« Cet homme, élan­cé, beau, vêtu de sa tunique grise râpée, des­cen­dant en pèle­rin les flancs de la mon­tagne, la clar­té de ses yeux gris débor­dant d’é­clat et d’une nos­tal­gie sûre de son objet, était Zara­thus­tra des­cen­dant des hau­teurs, ou bien le Pèle­rin de Goethe. Le soleil jouait dans la fine pous­sière de craie que ses pieds et les nôtres sou­le­vaient, et la lumi­neuse roche du che­min sem­blait son­ner sous ses semelles… »

Wal­ter Flex
Le pèle­rin entre deux mondes (Der Wan­de­rer zwi­schen bei­den Wel­ten), 1916, trad. Phi­lippe Marcq, édi­tions ACE, 2020

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