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Marcher régulièrement dans la nature, s’immerger dans la splendeur…

« Dans sa sagesse d’homme éter­nel­le­ment libre, Domi­nique Ven­ner pro­po­sait quelques pistes aux modernes pour se retrou­ver : mar­cher régu­liè­re­ment dans la nature, s’immerger dans la splen­deur, les par­fums, les cou­leurs, renouer avec la beau­té et la poé­sie – pre­mières rup­tures fon­da­men­tales avec le monde moderne, pre­mières condi­tions au réen­chan­te­ment du monde ; se reti­rer dans la forêt-sanc­tuaire, le calme, le silence, et faire la paix avec soi-même ; péré­gri­ner libre­ment, dans l’effort, la cama­ra­de­rie et le sen­ti­ment de liber­té ; s’inscrire dans la tra­di­tion de rites ryth­mant l’année et célé­brant les cycles natu­rels. Ces démarches sont plus que jamais néces­saires et d’actualité si nous vou­lons tra­ver­ser le siècle sans clore défi­ni­ti­ve­ment le cha­pitre euro­péen de l’histoire du monde. »

Éric Gro­lier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’i­den­ti­té euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Je fixe l’étrange clarté…

« Je fixe l’étrange clar­té en son­geant aux peuples de la lumière nor­dique dont le soleil, renais­sant chaque été, aimante les yeux déla­vés, cou­leur de glace morte. »

Syl­vain Tesson
L’axe du loup, édi­tions Robert Laf­font, 2004

Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas…

« Si votre quo­ti­dien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accu­sez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appe­ler à vous ses richesses. »

Rai­ner Maria Rilke
Lettres à un jeune poète (Briefe an einen jun­gen Dich­ter), 1929, trad. Marc Buhot de Lau­nay, édi­tions Gal­li­mard, coll. Poé­sie, 1993

« Donner des chants », autrement dit des poèmes, cela signifie transcender le malheur…

« Si les dieux ont infli­gé la mort à tant d’hommes, c’est pour don­ner des chants aux gens de l’avenir”, L’Iliade (VIII, 579 – 580). Don­ner des chants”, autre­ment dit des poèmes, cela signi­fie trans­cen­der le mal­heur en œuvre d’art et en beau­té. Le mal­heur est ain­si ren­ver­sé en son contraire. »

Domi­nique Venner
Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

L’opulence des polyphonies européennes…

« L’opulence des poly­pho­nies euro­péennes a témoi­gné en faveur des ambi­tions des créa­teurs qui les ont ser­vies : mettre en place un monde esthé­tique dans lequel sons simul­ta­nés et sons suc­ces­sifs sont insé­pa­rables les uns des autres, comme devraient l’être les habi­tants des cités d’Europe. Même la ther­mo­dy­na­mique de Boltz­mann, qui tente de conte­nir dans une seule uni­té de gaz stable les mou­ve­ments incon­trô­lables des par­ti­cules indi­vi­duelles de ce gaz, ne pour­rait appri­voi­ser une telle mul­ti­pli­ci­té d’événements. La géné­ro­si­té esthé­tique l’emporte à l’évidence sur l’ambition cal­cu­la­trice. Ain­si allaient les com­po­si­teurs euro­péens, jusqu’à une époque récente où les nuages lourds des déci­bels ampli­fiés n’emportaient pas encore dans leurs orages téta­ni­sants la sub­ti­li­té des har­mo­nies concertantes. »

Jean-Fran­çois Gautier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

La voluptueuse, sacrée chair de l’amour…

« La chair, ce n’est pas seule­ment mais c’est aus­si la chair empor­tée par l’ivresse de l’amour.
Ne crai­gnons pas la chair enivrée des amants. Jouissons-en.
Célé­brons la chair exta­siée qui à une autre chair s’accroche et à une autre âme se suspend.
Dans nul autre domaine, ni de la réa­li­té ni de la fan­tai­sie, il ne se passe rien de pareil. Seule­ment dans l’amour et la volup­té. Ce n’est que là que, empor­tés de caresses et ber­cés de trans­ports, l’esprit et la chair s’entrelacent jusqu’à se confondre presque. Ce n’est que dans le luxu­rieux et luxu­riant, dans le sacré amour. »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

Tout homme est désormais un « porc » en puissance…

« L’introduction des concepts de gros­so­pho­bie, de vali­disme (qui serait un rejet des per­sonnes han­di­ca­pées ou non valides) ou encore de spé­cisme (qui dénonce la supé­rio­ri­té de l’homme sur l’animal) pour­rait de prime abord faire sou­rire, mais ce serait oublier les ligues de ver­tu qui com­mencent déjà à vou­loir faire recon­naître et sanc­tion­ner ces racismes” sur le plan juri­dique. La gros­so­pho­bie” – mot entré au dic­tion­naire en mai 2018 – a d’ailleurs déjà fait l’objet d’une cam­pagne offi­cielle de sen­si­bi­li­sa­tion par la Mai­rie de Paris. Au final, on remarque que le féti­chisme de la non-dis­cri­mi­na­tion est for­te­ment empreint d’une sorte de mar­xisme cultu­rel qui tend à ana­ly­ser sys­té­ma­ti­que­ment les rap­ports humains ou sociaux en termes de domi­nants-domi­nés ou de bour­reaux-vic­times et qui sou­tient que l’Occident serait essen­tiel­le­ment défi­ni par une struc­ture patriar­cale, homo­phobe, raciste et sexiste qu’il fau­drait faire tom­ber urgem­ment. Toute dif­fé­rence consi­dé­rée, à tort ou à rai­son, comme supé­rieure est dès lors oppres­sante” et doit être gom­mée. Tout homme est désor­mais un porc” en puis­sance, un Blanc est néces­sai­re­ment un colo­ni­sa­teur escla­va­giste”, émettre un juge­ment de pré­fé­rence esthé­tique sur la min­ceur d’une femme devient gros­so­phobe”, etc. La hié­rar­chie, l’élitisme ou encore la recherche du Beau et du Bien sont balayés par cette tyran­nie de la fai­blesse où la vic­time est glo­ri­fiée (on lui donne même la Légion d’honneur) et où le beau et le fort deviennent d’insupportables oppresseurs. »

Thi­bault Mercier
Athé­na à la borne. Dis­cri­mi­ner ou dis­pa­raître ?, Pierre-Guillaume de Roux édi­teur, 2019

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