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Citations politiques
Légitime, légal : s’il existe deux mots pour exprimer la notion…
« Légitime, légal : s’il existe deux mots pour exprimer la notion générale de conformité à la loi, c’est bien qu’ils en traduisent des aspects différents. Il y a en effet lois et lois : celles que les hommes fabriquent à leur guise, et celles dont l’homme n’est pas maître, qui s’imposent à lui parce qu’elles sont les lois de sa nature ou de sa vocation. Est légitime ce qui se rapportent à celles-ci, légal ce qui se rapporte à celles-là. Les lois de la nature et de la civilisation sont intangibles. Vis-à-vis d’elles, l’homme n’a qu’un pouvoir, mais qui ne les affecte pas, celui de les reconnaître ou de les nier. Mais, suivant celle des deux attitudes qu’il adopte quand il légifère, il établit une légalité légitime ou illégitime. »
Louis Daménie
« La Cathédrale effondrée », in Cahiers de l’Ordre Français, 1962
Celui qui sauve sa patrie…
Ceux qui avaient interprété la démocratie individualiste issue des Lumières…
« Ceux qui avaient interprété la démocratie individualiste issue des Lumières comme une décadence, semblent souvent justifiés aujourd’hui. Elle est bel et bien entrée elle-même en décadence par rapport à ses propres valeurs et à ses ambitions. Son système de sociabilité qui n’a jamais bien fonctionné en Europe est en plein dérapage, surtout en France, lieu de sa fondation. La république contractuelle une et indivisible implose sous nos yeux. Dans sa lucidité, Raymond Aron, pourtant libéral convaincu, l’avait pressenti au terme de ses Mémoires (Julliard, 1983) : « Sans adopter l’interprétation spenglérienne selon laquelle la civilisation urbaine, utilitaire, démocratique marque en tant que telle une phase de décadence des cultures, il est légitime de se demander, […] si l’épanouissement des libertés, le pluralisme des convictions, l’hédonisme individualiste ne mettent pas en péril la cohérence des sociétés et leur capacité d’action. »
De cette nocivité, la plus grande partie du monde européen était convaincue avant 1914. Mais ce qui donnait de la force au rejet de l’idéologie des Lumières et de 1789, c’est que ce monde européen des monarchies et de l’ancien ordre féodal rénové était aussi le plus efficace, le plus moderne et le plus compétitif sur le terrain économique, social et culturel. Ce fait oublié, il convient de le rappeler. D’abord parce que c’est une réalité historique et à ce titre méritant d’être connue. Ensuite, parce que cette réalité permet de prendre du champ par rapport à l’illusion d’optique que les victoires répétées des États-Unis ont imposé depuis la fin du XXe siècle. Illusion qui fait prendre le phénomène particulier et contingent de la société américaine pour une nécessité universelle. Cette séduisante chimère s’est installée d’autant plus aisément que dans nos sociétés les esprits ont été formés depuis longtemps par l’imprégnation inconsciente de la vulgate marxiste à une interprétation déterministe et finaliste de l’histoire où le succès momentané vaut preuve. »
Dominique Venner
Le Siècle de 1914 : Utopies, guerres et révolutions en Europe au XXe siècle, éditions Pygmalion, coll. Histoire, 2006
Le libéralisme, étant le régime qui, à la fois, sécrète…
« Le libéralisme, étant le régime qui, à la fois, sécrète l’inégalité et fait de sa détestation même le fondement théorique de sa légitimité, présente un caractère « schizophrénique » et une impuissance constitutive. C’est la raison pour laquelle les politiciens libéraux n’ont jamais rien à opposer à leurs critiques socialistes, sinon une plus grande efficience, c’est-à-dire, en clair, l’assurance de mieux réussir qu’eux dans la réalisation des mêmes buts. »
Alain de Benoist
Orientations pour des années décisives, éditions Le Labyrinthe, 1982
Le libéralisme a donné une extension…
« Le libéralisme a donné une extension planétaire au principe du pillage, du rapt et du vol : son génie est de le faire au nom du droit, du développement et du contrat. »
Hervé Juvin
La grande séparation, éditions Gallimard, 2013
Je ne suis pas un libéral, du moins…
« Je ne suis pas un libéral, du moins au sens où il faut se mettre ensemble pour cela et voter. On porte la liberté en soi-même ; une bonne tête la réalise sous chaque régime. »
Ernst Jünger
Le problème d’Aladin (Aladins Problem),1983, trad. Michel Thomas, Christian Bourgois éditeur, 1984
On est plus libre à proportion qu’on est meilleur…
L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté…
« L’ordre, et l’ordre seul, fait en définitive la liberté. Le désordre fait la servitude. »
Charles Péguy
Notre patrie, Les Cahiers de la Quinzaine, VII‑3, 1905, in Œuvres en prose complètes, Tome II, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1988
Ainsi sommes-nous enfin libres…
« Ainsi sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher. Mais je hais cette époque où l’homme devient, sous un totalitarisme universel, bétail doux, poli et tranquille. »
Antoine de Saint-Exupéry
Lettre au général X (juillet 1943), in Un sens à la vie, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1956
La télé enferme les gens chez eux…
« En 1964, je fais mes classes à Paris et j’allais voir mes cousines qui habitaient le 14ème. La rue Pernety, c’était des taudis, bien sûr, mais les gens étaient dehors, assis sur des pliants, ils jouaient aux cartes, tricotaient, discutaient. Tout le monde se connaissait, il y avait le flic du quartier, la prostituée du quartier : tout le monde en bons termes ! Aujourd’hui, de telles scènes sont impossibles : la télé enferme les gens chez eux. Quand on passe l’hiver dans les rues on aperçoit la lueur de l’écran de fascination par les fenêtres, c’est désolant. »
Alain Paucard
Du Paris d’Audiard au Paris de Delanoë, par Alain Paucard, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 11 juillet 2014
La liberté existe toujours…
« La liberté existe toujours. Il suffit d’en payer le prix. »
Henry de Montherlant
Carnets 1930 – 1944, éditions Gallimard, 1957, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1963
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