« Les gens aujourd’hui rendent un culte aux objets, s’oublient derrière les miroirs qui ont remplacé leurs fenêtres. Ils ont mais refusent absolument d’être. »
Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, éditions Calmann-Lévy, 2019
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« Les gens aujourd’hui rendent un culte aux objets, s’oublient derrière les miroirs qui ont remplacé leurs fenêtres. Ils ont mais refusent absolument d’être. »
Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, éditions Calmann-Lévy, 2019
« Leurs prières aux dieux n’avaient d’autre objet que ce si rare accord entre soi et soi, et, au milieu des urgences, entre soi et la Cité, ou, plus largement encore, entre soi, la Cité et les divinités sans calcul. Prier, ce n’était pas faire du monde le premier langage du Dieu unique ; c’était agir en sorte que le monde fut le premier sanctuaire des dieux pluriels, l’oratoire de leur diversité et, par là même, le réceptacle d’une collégialité civique en équilibre. »
Jean-François Gautier
À propos des Dieux. L’esprit des polythéismes, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« L’économie médiévale est un contre-modèle au capitalisme libéral. Elle fonde ses institutions sur la terre plus que sur la richesse mobilière, les rapports entre les hommes sur des liens personnels (vassalité, serments, etc.), non sur les mécanismes impersonnels du marché (concurrence et libre-échange). Elle est fortement territorialisée, localisée, et le commerce lointain y est l’exception plutôt que la règle. Elle pense la division du travail non comme l’aboutissement ex post d’un processus d’échanges libres, mais ex ante, de manière fonctionnelle. Enfin, l’économie médiévale pense les prix non comme résultant du libre jeu des intérêts individuels (offre et demande), mais comme reflétant une forme de justice dans les relations interpersonnelles (“juste prix”). »
Guillaume Travers
Économie médiévale et société féodale. Un temps de renouveau pour l’Europe, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« Il ne faut rien habiter sinon l’espace dans lequel se déploient nos âmes. Ça s’est gâté pour nos ancêtres quand le monde a rétréci jusqu’à entrer dans le périmètre d’un enclos et que le temps s’est réduit à la maturité d’une graine. »
Erik L’Homme
Déchirer les ombres, éditions Calmann-Lévy, 2018
« Notre époque substitue les victimes aux héros. Elle ne cesse de rendre hommage aux victimes. Fort curieux hommage, car les victimes ne le sont jamais volontairement ; elles auraient préféré ne pas l’être. Le héros veut l’être ; un hommage au héros est un hommage à la volonté. »
Robert Redeker
« Vérités sur la mort à l’heure du transhumanisme », Éléments n°170, février 2018
« Il ne sait pas grand chose des histoires d’amour, sinon ce qu’on lui en a dit et qui finalement n’apprend rien. »
Erik L’Homme
Un peu de nuit en plein jour, éditions Calmann-Lévy, 2019
« C’est face à une telle diversité que prend son sens le vieil adage du fronton du temple de Delphes : gnôthi seauton, « connais-toi toi-même ». Il ne s’agit pas d’un conseil d’introspection, mais d’un marquage de situation, du type : tu n’es ni un dieu ni un concurrent d’une course de chars, alors qui es-tu dans cette diversité, par ton métier, par ta famille, par ta participation à la vie collective ? »
Jean-François Gautier
À propos des Dieux. L’esprit des polythéismes, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« Des contrefaçons de virilité n’ont jamais fait la virilité. La virilité s’éprouve sur les champs de bataille, dans la rue, l’arène, le dur combat de la vie, pas au saut à l’élastique, ni devant une glace qui renvoie à Narcisse l’image d’un taureau fumant, alors qu’il sait au fond de lui n’être qu’un bœuf impuissant. »
François Bousquet
Courage ! Manuel de guérilla culturelle, éditions La Nouvelle Librairie, 2019
« Ce n’est que de nos jours, qu’il est possible de commencer à mesurer exactement les effets politiquement catastrophiques de la croyance au caractère conservateur de l’ordre économique et libéral. C’est ce postulat insensé qui, depuis trente ans, n’a cessé de conduire mécaniquement la plupart des militants de gauche, à tenir l’adoption a priori de n’importe quelle posture modernisatrice ou provocatrice — que ce soit sur un plan technologique, moral ou autre — pour un geste qui serait toujours, et par définition, “révolutionnaire”, et “anti-capitaliste” ; terrible confusion qui, il est vrai, a toujours eu l’incomparable avantage psychologique d’autoriser ceux qui s’y soumettaient, à vivre leur propre obéissance à l’ordre industriel et marchand comme une modalité exemplaire de la “rebel attitude”. »
Jean-Claude Michéa
Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l’impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche, 2002, éditions Flammarion, coll. Champs essais, 2006
« L’Europe, ce n’est pas le monde de Belphégor, c’est la civilisation qui honore la femme : déesse, mère ou guerrière. »
Jean-Yves Le Gallou
Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être Européen !, vidéo, 20 juin 2015
« Les anciens Grecs ajoutèrent à la vénération du réel la puissance de leur imaginaire. Sur la mer éclairée par les mythes et les méduses, il y eut un miracle, voilà trois millénaires. Des hommes prirent une décision : ne plus jamais assister à un spectacle naturel sans y associer la présence d’un dieu. »
Sylvain Tesson
La grande odyssée de Sylvain Tesson, dans le sillage d’Ulysse, Le Figaro, 10 avril 2020
« Je ne pense pas que le mâle blanc hétérosexuel soit oublié dans la littérature contemporaine, cependant, on privilégie ses versions plus jeunes, plus engagées, plus souffrantes, plus célibataires, plus trendys. Le père de famille, agent immobilier, s’il n’est pas un beauf dans un roman féminin, s’il n’est pas assassiné dans un roman policier, s’il n’est pas concerné par le sort des va-nu-pieds dans un roman humaniste, ne doit pas, en effet, être si courant. »
Patrice Jean
Qu’un écrivain puisse être en paix avec son temps me paraît vraiment curieux, entretien au Figaro, par Eugénie Bastié, 29 septembre 2017