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Les effets politiquement catastrophiques de la croyance…

« Ce n’est que de nos jours, qu’il est pos­sible de com­men­cer à mesu­rer exac­te­ment les effets poli­ti­que­ment catas­tro­phiques de la croyance au carac­tère conser­va­teur de l’ordre éco­no­mique et libé­ral. C’est ce pos­tu­lat insen­sé qui, depuis trente ans, n’a ces­sé de conduire méca­ni­que­ment la plu­part des mili­tants de gauche, à tenir l’a­dop­tion a prio­ri de n’im­porte quelle pos­ture moder­ni­sa­trice ou pro­vo­ca­trice — que ce soit sur un plan tech­no­lo­gique, moral ou autre — pour un geste qui serait tou­jours, et par défi­ni­tion, révo­lu­tion­naire”, et anti-capi­ta­liste” ; ter­rible confu­sion qui, il est vrai, a tou­jours eu l’in­com­pa­rable avan­tage psy­cho­lo­gique d’au­to­ri­ser ceux qui s’y sou­met­taient, à vivre leur propre obéis­sance à l’ordre indus­triel et mar­chand comme une moda­li­té exem­plaire de la rebel attitude”. »

Jean-Claude Michéa
Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l’im­pos­si­bi­li­té de dépas­ser le capi­ta­lisme sur sa gauche, 2002, édi­tions Flam­ma­rion, coll. Champs essais, 2006

À propos de l'auteur

Né en 1950, Jean-Claude Michéa est un philosophe français, auteur de plusieurs essais consacrés notamment à la pensée et à l'œuvre de George Orwell, au football et à la critique de l'idéologie libérale. Socialiste libertaire, il est connu pour ses positions engagées contre les courants dominants de la gauche qui, selon lui, a perdu tout esprit de lutte anticapitaliste pour laisser place à la religion du progrès. De la droite à l'extrême gauche, l'impasse libérale se fonde selon lui sur une vision très pessimiste de la nature humaine.
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L’histoire est un drame…

« L’his­toire est un drame, chaque géné­ra­tion a son drame. Il y a des drames qui se ter­minent bien, d’autres qui se ter­minent très mal. Nous en savons quelque chose en ce siècle. Ce que nous pou­vons faire, c’est d’o­rien­ter les nations euro­péennes selon la réa­li­té et selon leur voca­tion. Si nous sommes sub­mer­gés par l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion, c’est que nous n’au­rons pas été assez intel­li­gents ni sub­tils pour assu­rer la suture entre pas­sé et avenir. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

On ne dira jamais assez ce que la littérature, les arts…

« On ne dira jamais assez ce que la lit­té­ra­ture, les arts, le savoir ont dû à l’hos­pi­ta­li­té des grands sei­gneurs fran­çais et à l’exemple qu’ils ont don­né à l’Eu­rope. On ne dira jamais assez non plus ce qu’ils ont appris aux écri­vains, leur sens du style. Eux-mêmes ont été sou­vent des écri­vains supé­rieurs. La Roche­fou­cauld, Saint-Simon, le prince de Ligne, la mar­quise du Def­fand. Cela com­pense peut-être leur naï­ve­té politique. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

On a beau dire qu’Internet est une interactivité mondiale…

« On a beau dire qu’Inter­net est une inter­ac­ti­vi­té mon­diale : il lui man­que­ra tou­jours ce qui fait le propre de la conver­sa­tion, comme d’ailleurs du théâtre : la pré­sence vivante, char­nelle, émo­tion­nelle d’un inter­lo­cu­teur avec lequel on se sent enga­gé dans un espace qui n’a rien de vir­tuel. »

Marc Fuma­ro­li
Notre art de vivre est né du mariage des lettres et de l’é­pée, entre­tien. Pro­pos recueillis par Patrick Jan­sen, Enquête sur l’his­toire n°24, décembre 1997 – jan­vier 1998

Il faut faire ses preuves devant soi-même…

« Il faut faire ses preuves devant soi-même, pour démon­trer que l’on est né pour l’indépendance et le com­man­de­ment, il faut les faire au bon moment. »

Frie­drich Nietzsche
Par delà le bien et le mal – Pré­lude d’une phi­lo­so­phie de l’avenir (Jen­seits von Gut und Böse – Vor­spiel einer Phi­lo­so­phie der Zukunft), 1886, trad. Hen­ri Albert, Mer­cure de France, 1913

Le simple jeu de l’imagination, cette faculté que nous avons de créer…

« Le simple jeu de l’i­ma­gi­na­tion, cette facul­té que nous avons de créer, par des mots, un monde irréel, et de l’im­po­ser, ne serait-ce que fugi­ti­ve­ment, à l’es­prit d’au­trui, c’est une sorte de sport, aus­si satis­fai­sant, à sa manière, que celui qui consiste à feindre une petite guerre entre deux équipes dont cha­cune s’ef­force de reje­ter, dans le camp adverse, un bal­lon ovale ou un bal­lon rond. »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

L’Europe, la vraie, ne se fera pas sans les peuples slaves…

« À côté des âne­ries du réa­lisme socia­liste” s’est déve­lop­pé, dans des cir­cons­tances dra­ma­tiques, un under­ground” est-euro­péen d’une vita­li­té sai­sis­sante, et d’une extra­or­di­naire qua­li­té. Quatre au moins, par­mi les plus grands écri­vains du siècle, nous viennent des pays com­mu­nistes : les Russes Boul­ga­kov, Siniavs­ki et Sol­jé­nit­syne ; le Tchèque Kun­de­ra. Si enne­mis que nous soyons de l’i­déo­lo­gie mar­xiste, nous main­te­nons que l’Eu­rope, la vraie, ne se fera pas sans les peuples slaves — encore moins contre eux ! »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

Tel est le romantisme : une passionnante plongée dans le subconscient européen…

« Tel est le roman­tisme : une pas­sion­nante plon­gée dans le sub­cons­cient euro­péen, un inven­taire, non encore exhaus­tif, mais déjà d’une richesse incroyable, de notre domaine cultu­rel. Après cela, l’Eu­rope se conso­lide sous la forme que nous lui connais­sons : bour­geoise, mer­can­tile, colo­nia­liste, démo­cra­ti­sante, nive­leuse, nationaliste… »

Pierre Gri­pa­ri
Cri­tique et auto­cri­tique, édi­tions L’Âge d’Homme, 1981

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