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Citations sur les droits de l'homme

Il ne s’agit pas de le nier, cet autre…

« Il ne s’agit pas de le nier, cet autre. C’est à lui que nous devons d’exister en tant que com­mu­nau­té sin­gu­lière, en tant que non-autre, selon l’arithmétique de l’identité, qui pro­cède par dis­cri­mi­na­tion et retran­che­ment, mais de consta­ter que lui seul a désor­mais droit de cité. Il a pris toute la place. C’est la seule parole auto­ri­sée. Assor­ti d’une majus­cule, l’Autre est deve­nu, sous les espèces de l’idéologie des droits de l’homme et de l’antiracisme, une logo­ma­chie d’autant plus tyran­nique qu’elle est phi­lo­so­phi­que­ment inconsistante. »

Fran­çois Bousquet
L’idéologie Big Other, les autres avant les nôtres, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016.

L’homme supérieur, l’homme d’élite, est caractérisé…

« L’homme supé­rieur, l’homme d’élite, est carac­té­ri­sé par l’intime néces­si­té d’en appe­ler de lui-même à une règle qui lui est exté­rieure, qui lui est supé­rieure, et au ser­vice de laquelle il s’enrôle libre­ment. On se sou­vien­dra que, au début de cet essai, nous dis­tin­guions l’homme d’élite de l’homme médiocre en affir­mant que le pre­mier exige beau­coup plus de lui-même, tan­dis que le second, au contraire, tou­jours satis­fait de lui, se contente d’être ce qu’il est. La noblesse se défi­nit par l’exigence, par les obli­ga­tions, et non par les droits. Noblesse oblige. « Vivre à son gré est plé­béien ; le noble aspire à l’ordre et à la loi » (Goethe). Les pri­vi­lèges de la noblesse ne sont pas, à l’origine tout au moins, des conces­sions ou des faveurs, mais des conquêtes. Et, en prin­cipe, leur main­tien sup­pose que le pri­vi­lé­gié devait être capable de les recon­qué­rir à tout ins­tant, si cela était néces­saire, ou si quel­qu’un les lui dis­pu­tait. Les droits pri­vés, ou pri­vi­lèges, ne sont donc pas une pos­ses­sion pas­sive ou une simple jouis­sance, mais au contraire ils repré­sentent les limites où se haussent les efforts des indi­vi­dus. En revanche, les droits com­muns comme ceux de « l’homme et du citoyen » sont une pro­prié­té pas­sive, pur usu­fruit et béné­fice, don géné­reux du des­tin, auquel tout homme peut par­ti­ci­per et qui ne cor­res­pond à aucun effort, à moins que ce ne soit l’effort de res­pi­rer et de demeu­rer sain d’esprit. Les droits imper­son­nels, on les a, mais les droits per­son­nels, il faut les soutenir. »

José Orte­ga y Gasset
La révolte des masses (La rebe­lión de las masas, 1929), trad. Louis Par­rot, édi­tions Stock, 1937

L’homme devenu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être…

« L’homme deve­nu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et autres démo­crates. L’homme libre est guerrier. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Aucun des prétendus droits de l’homme…

« Aucun des pré­ten­dus droits de l’homme ne s’étend au-delà de l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la socié­té bour­geoise, c’est-à-dire un indi­vi­du sépa­ré de la com­mu­nau­té, replié sur lui-même, uni­que­ment pré­oc­cu­pé de son inté­rêt per­son­nel et obéis­sant à son arbi­traire privé. »

Karl Marx
Sur la ques­tion juive (Zur Juden­frage) in Deutsch-Franzö­sische Jahrbü­cher, 1843, trad. Jean-Fran­çois Poi­rier, édi­tions La Fabrique, 2006

Du Sinaï yankee roulent jusqu’à nos pieds les tables de la loi…

« Du Sinaï yan­kee roulent jusqu’à nos pieds les tables de la loi démo­cra­tique et, échine ployée, nous les ramas­sons pieu­se­ment sans nous deman­der ce qu’est, au fait, la démo­cra­tie amé­ri­caine. Ce qu’elle est ? Mala­die. Mais mala­die sup­por­tée par un corps colos­sal, déployée dans un espace qui n’est pas le nôtre, encore douée de confiance en sa jeu­nesse his­to­rique et en son mes­sia­nisme puri­tain. Oui, le sys­tème malade jouit encore en Amé­rique d’une confiance toute naïve qui n’est plus la nôtre. Nos démo­cra­ties, en Europe, ont fré­quen­té l’histoire et par elle ont été rudoyées alors que les États-Unis croient tou­jours, en leurs pro­fon­deurs, que la démo­cra­tie est leur être même. Ils ne se conçoivent pas n’étant-pas-démocrates alors que nous savons qu’il ne s’agit là que d’une forme poli­tique et non la sub­stance même de notre être. Nous avons connu d’autres régimes poli­tiques (les États-Unis jamais) et nous savons aus­si, après tout, que nous pou­vons nous en pas­ser. Mieux encore : nous n’avons pas tout à fait oublié que notre plus haute gloire ne furent pas néces­sai­re­ment liées à la forme démo­cra­tique de nos gou­ver­ne­ments. Et tou­jours mieux : nous avons trop vu, en France, en Alle­magne, en Ita­lie, en Espagne, les démo­cra­ties ame­ner le désastre et être inca­pables d’y faire face. Et les Fran­çais, par exemple, n’ont pas encore expul­sé de leur mémoire la cou­leur hon­teuse des jours de 40. […] En somme, la fille a dévoyé la mère : l’Amérique démo­crate pour­rit la démo­cra­tie d’Europe. Pour cela, je dis que la démo­cra­tie libé­rale n’est pas le bon rem­part contre le colo­nia­lisme américain. »

Jean Cau
Pour­quoi la France, édi­tions de La Table Ronde, 1975

Il y a deux façons principales d’envisager l’homme et la société…

« Il y a deux façons prin­ci­pales d’envisager l’homme et la socié­té. Ou bien la valeur fon­da­men­tale est pla­cée dans l’individu (et, par suite, dans l’humanité, for­mée de l’addition de tous les indi­vi­dus) : c’est l’idée chré­tienne, bour­geoise, libé­rale et socia­liste. Ou bien la valeur fon­da­men­tale, ce sont les peuples et les cultures, notions émi­nem­ment plu­rielles qui fondent une approche « holiste » de la socié­té. Dans un cas, l’humanité, somme de tous les indi­vi­dus, est éga­le­ment « conte­nue » dans chaque être humain par­ti­cu­lier : on est d’abord un « homme », et secon­dai­re­ment seule­ment, comme par acci­dent, membre d’une culture et d’un peuple. Dans l’autre, l’humanité n’est que l’ensemble des cultures et des com­mu­nau­tés popu­laires : c’est par ses appar­te­nances orga­niques que l’homme est fon­dé dans son huma­ni­té. D’un côté, on a Des­cartes, les Ency­clo­pé­distes et l’idéologie des droits de l’homme ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur le choix élec­tif indi­vi­duel et le contrat-plé­bis­cite révo­cable uni­la­té­ra­le­ment. De l’autre, on a Leib­niz, Her­der, le droit des cultures et la cause des peuples ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur l’héritage cultu­rel et his­to­rique. La dif­fé­rence entre ces deux concep­tions se retrouve jusque dans la façon d’envisager l’histoire et le struc­ture du réel. Nous sommes bien évi­dem­ment, quant à nous, du côté du holisme. L’individu, à nos yeux, n’existe qu’en liai­son avec les col­lec­ti­vi­tés dans les­quelles ils s’inclut (et par rap­port aux­quelles il se sin­gu­la­rise). Toute acti­vi­té indi­vi­duelle repré­sente un acte par­ti­ci­pant de la vie d’un peuple. L’intérêt de l’individu ne sau­rait être appré­cié « en soi ». »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

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