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Citations sur les droits de l'homme

Aucun des prétendus droits de l’homme…

« Aucun des pré­ten­dus droits de l’homme ne s’étend au-delà de l’homme égoïste, l’homme en tant que membre de la socié­té bour­geoise, c’est-à-dire un indi­vi­du sépa­ré de la com­mu­nau­té, replié sur lui-même, uni­que­ment pré­oc­cu­pé de son inté­rêt per­son­nel et obéis­sant à son arbi­traire privé. »

Karl Marx
Sur la ques­tion juive (Zur Juden­frage) in Deutsch-Franzö­sische Jahrbü­cher, 1843, trad. Jean-Fran­çois Poi­rier, édi­tions La Fabrique, 2006

Du Sinaï yankee roulent jusqu’à nos pieds les tables de la loi…

« Du Sinaï yan­kee roulent jusqu’à nos pieds les tables de la loi démo­cra­tique et, échine ployée, nous les ramas­sons pieu­se­ment sans nous deman­der ce qu’est, au fait, la démo­cra­tie amé­ri­caine. Ce qu’elle est ? Mala­die. Mais mala­die sup­por­tée par un corps colos­sal, déployée dans un espace qui n’est pas le nôtre, encore douée de confiance en sa jeu­nesse his­to­rique et en son mes­sia­nisme puri­tain. Oui, le sys­tème malade jouit encore en Amé­rique d’une confiance toute naïve qui n’est plus la nôtre. Nos démo­cra­ties, en Europe, ont fré­quen­té l’histoire et par elle ont été rudoyées alors que les États-Unis croient tou­jours, en leurs pro­fon­deurs, que la démo­cra­tie est leur être même. Ils ne se conçoivent pas n’étant-pas-démocrates alors que nous savons qu’il ne s’agit là que d’une forme poli­tique et non la sub­stance même de notre être. Nous avons connu d’autres régimes poli­tiques (les États-Unis jamais) et nous savons aus­si, après tout, que nous pou­vons nous en pas­ser. Mieux encore : nous n’avons pas tout à fait oublié que notre plus haute gloire ne furent pas néces­sai­re­ment liées à la forme démo­cra­tique de nos gou­ver­ne­ments. Et tou­jours mieux : nous avons trop vu, en France, en Alle­magne, en Ita­lie, en Espagne, les démo­cra­ties ame­ner le désastre et être inca­pables d’y faire face. Et les Fran­çais, par exemple, n’ont pas encore expul­sé de leur mémoire la cou­leur hon­teuse des jours de 40. […] En somme, la fille a dévoyé la mère : l’Amérique démo­crate pour­rit la démo­cra­tie d’Europe. Pour cela, je dis que la démo­cra­tie libé­rale n’est pas le bon rem­part contre le colo­nia­lisme américain. »

Jean Cau
Pour­quoi la France, édi­tions de La Table Ronde, 1975

Il y a deux façons principales d’envisager l’homme et la société…

« Il y a deux façons prin­ci­pales d’envisager l’homme et la socié­té. Ou bien la valeur fon­da­men­tale est pla­cée dans l’individu (et, par suite, dans l’humanité, for­mée de l’addition de tous les indi­vi­dus) : c’est l’idée chré­tienne, bour­geoise, libé­rale et socia­liste. Ou bien la valeur fon­da­men­tale, ce sont les peuples et les cultures, notions émi­nem­ment plu­rielles qui fondent une approche « holiste » de la socié­té. Dans un cas, l’humanité, somme de tous les indi­vi­dus, est éga­le­ment « conte­nue » dans chaque être humain par­ti­cu­lier : on est d’abord un « homme », et secon­dai­re­ment seule­ment, comme par acci­dent, membre d’une culture et d’un peuple. Dans l’autre, l’humanité n’est que l’ensemble des cultures et des com­mu­nau­tés popu­laires : c’est par ses appar­te­nances orga­niques que l’homme est fon­dé dans son huma­ni­té. D’un côté, on a Des­cartes, les Ency­clo­pé­distes et l’idéologie des droits de l’homme ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur le choix élec­tif indi­vi­duel et le contrat-plé­bis­cite révo­cable uni­la­té­ra­le­ment. De l’autre, on a Leib­niz, Her­der, le droit des cultures et la cause des peuples ; la natio­na­li­té et la socié­té reposent sur l’héritage cultu­rel et his­to­rique. La dif­fé­rence entre ces deux concep­tions se retrouve jusque dans la façon d’envisager l’histoire et le struc­ture du réel. Nous sommes bien évi­dem­ment, quant à nous, du côté du holisme. L’individu, à nos yeux, n’existe qu’en liai­son avec les col­lec­ti­vi­tés dans les­quelles ils s’inclut (et par rap­port aux­quelles il se sin­gu­la­rise). Toute acti­vi­té indi­vi­duelle repré­sente un acte par­ti­ci­pant de la vie d’un peuple. L’intérêt de l’individu ne sau­rait être appré­cié « en soi ». »

Alain de Benoist
Orien­ta­tions pour des années déci­sives, édi­tions Le Laby­rinthe, 1982

Redéfinie dans un sens libéral, la démocratie n’est plus…

« Redé­fi­nie dans un sens libé­ral, la démo­cra­tie n’est plus le régime qui consacre la sou­ve­rai­ne­té du peuple, mais celui qui « garan­tit les droits de l’homme », enten­dons par là des droits sub­jec­tifs, inhé­rents à la per­sonne humaine et décla­rés pour cette rai­son à la fois « natu­rels et impres­crip­tibles ». Pour les libé­raux, ces droits de l’homme priment la sou­ve­rai­ne­té du peuple au point que celle-ci n’est plus res­pec­tée que pour autant qu’elle ne les contre­dise pas : l’exercice de la démo­cra­tie est ain­si pla­cé sous condi­tions, à com­men­cer par celle de res­pec­ter les « droits inalié­nables » que pos­sè­de­rait tout indi­vi­du à rai­son même de sa seule existence. »

Alain de Benoist
Pour une Europe illi­bé­rale, allo­cu­tion au sixième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 6 avril 2019

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