Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne

Citatio, un portail ouvert sur notre civilisation

Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.

Thème

Citations sur les mythes et religions

Mais est-ce si différent en Occident où règne la religion de la consommation effrénée…

« Mais est-ce si dif­fé­rent en Occi­dent où règne la reli­gion de la consom­ma­tion effré­née, où tout est sacri­fié au mythe rava­geur de la crois­sance, où les popu­la­tions sont trom­pées par des concepts creux des­ti­nés à rendre sup­por­table le grand sui­cide qui consiste à pres­su­rer la Terre à outrance ? »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

On enterre à la pelle, plus au goupillon…

« Jadis, quand il y avait un grand mal­heur dans la cité, jusqu’à Paul Rey­naud en 1940 qui alla à pied récla­mer un miracle à Notre-Dame, on se pré­ci­pi­tait dans les églises. Les curés se pro­me­naient avec le Saint Sacre­ment, asper­geaient les rues et les malades, les appels à la prière étaient par­tout. (…) Aujourd’hui, les com­mu­ni­qués épis­co­paux ont revê­tu à leur tour la phra­séo­lo­gie du com­mun : La San­té est le pre­mier de nos biens com­muns”. Il y a même des évêques qui viennent d’interdire aux per­sonnes âgées de plus de 70 ans de par­ti­ci­per aux enter­re­ments. On enterre à la pelle, plus au gou­pillon. Et Lourdes ferme ses portes. Il n’y a plus de miracle. On ferme la grotte, on éteint les cierges. On confine Ber­na­dette. Ren­ver­se­ment de pers­pec­tive qui ne sera pas sans consé­quence. Foin de la pié­té popu­laire et des cierges de sup­pli­ca­tion. Quand on entend les appels à de nou­velles voca­tions, je me dis par-devers moi : une Église qui ferme ses églises ne peut sus­ci­ter qu’une sorte de voca­tion : la voca­tion de serrurier. »

Phi­lippe de Villiers
Le nou­veau monde est en train de mou­rir du coro­na­vi­rus, entre­tien avec Bas­tien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020

Le sacré : cet élan qui marquait la vie…

« Le sacré : cet élan qui — expri­mé dans l’art, mani­fes­té dans la reli­gion, ins­crit dans l’espace public d’un peuple — mar­quait la vie des anciens.
Le sacré : ce bat­te­ment qui, nous empor­tant au-delà, nous empêche de nous enfer­mer dans l’immédiateté de nos tra­vaux et de nos jouissances.
Le sacré : ce noyau de lumière qui, intan­gible et indé­ter­mi­nable, ne se laisse bor­ner à telle ou telle chose, à tel ou tel être. »

Javier Por­tel­la
Les esclaves heu­reux de la liber­té, édi­tions David Rein­harc, 2012

La rationalisation d’un monde compris comme créé par un Dieu unique…

« La ratio­na­li­sa­tion d’un monde com­pris comme créé par un Dieu unique s’est tou­jours heur­tée, chez nous, à l’éloge des diver­si­tés vécues. L’identité s’entendait en effet comme alté­ri­té, diver­si­té, plu­ra­li­té. Nul per­son­nage, dans l’Iliade ou l’Odys­sée, ou dans l’une des tra­gé­dies d’Eschyle ou de Sophocle, ne se serait aven­tu­ré à deman­der à Zeus ou à Apol­lon : Qui es-tu ?” Et des réponses bibliques et mono­théistes à cette ques­tion, telles que Ehyeh Asher Ehyeh, Je suis qui je suis”, ou Suis qui serai”, tra­duites en grec par quelque chose comme Je suis celui qui est” (Exode 3, 14), n’auraient eu aucune signi­fi­ca­tion dans les langues et les repré­sen­ta­tions euro­péennes antiques. »

Jean-Fran­çois Gautier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue Mémoire, 2020

À l’ère des plus grandes machines à bourlinguer, l’Acropole d’Athènes…

« À l’ère des plus grandes machines à bour­lin­guer, l’Acropole d’Athènes reçoit chaque année plus de visi­teurs qu’elle n’en accueillit durant le total des vingt-cinq siècles qui pré­cé­dèrent, au cours de ces époques bénies où elle était encore debout, vivante et fière. Ce pour­rait être une conso­la­tion. Mais il faut se méfier des nombres. Ils sont trom­peurs, jusque sur l’Acropole. Com­bien de voya­geurs y viennent encore prier ? Et quels dieux ? Le scin­tille­ment du soleil pro­pose une réponse : il rosit chaque soir de ses teintes mor­do­rées les bleus épars du ciel couchant. »

Jean-Fran­çois Gautier
À pro­pos des Dieux. L’esprit des poly­théismes, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue Mémoire, 2020

Si le destin de nos peuples se poursuit hors des Évangiles…

« Si le des­tin de nos peuples se pour­suit hors des Évan­giles vers des étoiles nou­velles ou plus anciennes encore, ni le Diable ni Dieu ne nous emporte. Devant l’immense pers­pec­tive décou­verte, la foi de notre ave­nir en ce monde nous entraîne, et les croix qui par­sèment nos pays nous accom­pagnent sur la route nou­velle. L’un des impé­ra­tifs adres­sés à notre siècle est de sor­tir du char­nier des idéo­lo­gies pas­sées. Nous n’en sor­ti­rons par le haut qu’en retrou­vant un hori­zon spi­ri­tuel, dont les idéo­lo­gies furent un pro­duit de substitution. »

Thi­baud Gibelin
Le Chant des alouettes, édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2017

L’Europe préexiste à la forme historique que le destin lui a donnée…

« L’Europe pré­existe à la forme his­to­rique que le des­tin lui a don­née ; exis­tant en puis­sance dans cha­cun de ses peuples autoch­tones, elle s’est cris­tal­li­sée dans la Grèce, puis s’est ins­ti­tuée en Rome et enfin s’est éten­due à l’échelle du conti­nent avec le catho­li­cisme. »

Thi­baud Gibelin
Le Chant des alouettes, édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2017

Il existe au total un fond de pensées helléniques très diversifié…

« Il existe au total un fond de pen­sées hel­lé­niques très diver­si­fié, qui fut dans toute l’Europe, et vingt-sept siècles durant, l’inspirateur de longs débats entre écoles. Plus que les que­relles de doc­trines qui agitent les com­men­ta­teurs, on peut en rete­nir deux leçons déci­sives. Elles sont, aujourd’hui encore, très éclai­rantes dans l’examen des erreurs qui par­sèment les his­toires res­pec­tives des nations euro­péennes.
La pre­mière leçon hérite de l’Iliade, pré­ci­sé­ment de ce pas­sage dans lequel le maître de l’Olympe, en pleine bataille confuse, sai­sit un détail déci­sif : un archer vise le com­bat­tant Hec­tor. Homère note : Cela n’échappa pas (ou lèthé) à la saga­ci­té pru­dente de Zeus”, lequel dévia la flèche. Il y a là une forme ver­bale (ou lèthé) de ce qui, chez les phi­lo­sophes, dési­gne­ra sous une forme nomi­nale la véri­té (alè­théïa). La véri­té, ici, n’est pas un conte­nu doc­tri­nal des­cen­du de cieux incon­nais­sables, mais l’expression d’une sub­ti­li­té d’observation dont le sage sait tirer les bonnes conclu­sions. Toutes les écoles phi­lo­so­phiques antiques s’accordèrent sur ce point : la véri­té est d’abord ce qui, à l’expérience ou à la réflexion, n’échappe pas à un exa­men sub­til et sagace, évi­dem­ment condi­tion­né par les cir­cons­tances du moment. Pen­ser, c’est s’adapter.
Un second point d’accord unit les dif­fé­rentes écoles : l’hubris, la déme­sure, l’excès, est pour elles une faute car­di­nale met­tant en dan­ger non seule­ment ceux qui frayent avec elle, mais aus­si ceux qui les écoutent ou les imitent et, à terme, la Cité elle-même. Toute action, en d’autres termes, doit s’accorder à ses fins par­ti­cu­lières, qui sont pré­cieuses mais limi­tées ; et les actions des uns et des autres n’ont qu’une seule fin géné­rale : la pro­tec­tion et l’accroissement de l’oïkos, de ce bien com­mun suprême qu’est la Cité, mal­heu­reu­se­ment absente des sou­cis euro­péens modernes. »

Jean-Fran­çois Gautier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

C’est aux âmes les plus spirituelles…

« C’est aux âmes les plus spi­ri­tuelles, en admet­tant qu’elles soient les plus cou­ra­geuses, qu’il est don­né de vivre les tra­gé­dies les plus dou­lou­reuses : mais c’est bien pour cela qu’elles tiennent la vie en hon­neur, parce qu’elle leur oppose son plus grand antagonisme. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Il n’y a pas de progrès qui vaille…

« Il n’y a pas de pro­grès qui vaille (et qui puisse rendre super­flu la fonc­tion que peut avoir la reli­gion au sens le plus haut et sévère, pour l’homme non dégra­dé), quand il s’agit de pro­blèmes plus réels, qui sont ceux de la mort, de l’angoisse exis­ten­tielle, de bou­le­ver­se­ments dus à l’irruption de l’irrationnel, aux pas­sions et aux ins­tincts eux-mêmes. Croire le contraire, croire que le pro­grès, la science, la tech­no­cra­tie ou même le Christ quand il est pré­sen­té comme un modèle d’altruisme huma­ni­taire, puisse résoudre de tels pro­blèmes, relève du pri­mi­ti­visme et d’un manque com­plet de sens du tra­gique de la vie et de la condi­tion humaine. »

Julius Evo­la
Il Conci­lia­tore, 15 juin 1969

La nature n’est pas seulement sentiment d’appartenance ou motif d’exaltation…

« La nature n’est pas seule­ment sen­ti­ment d’appartenance ou motif d’exaltation.
Elle est le siège de puis­sances, béné­fiques ou malé­fiques, qu’il convient avant toute chose de se conci­lier. Ce fut le rôle de l’animisme et de ses légions d’initiés arpen­tant l’espace euro­péen pen­dant trente, cin­quante, cent mille ans. Les sor­ciers peints dans les grottes, à l’origine peut-être des figures d’Odhinn-Wotan (Odhinn qui reçut les runes sus­pen­du à un arbre et la sagesse en buvant à une source, Odhinn et sa Chasse sau­vage !) et plus tard de Mer­lin-Myrd­din, étaient entiè­re­ment liés à la nature qu’ils inter­ro­geaient, uti­li­saient et conjuraient. »

Éric Gro­lier
Ce que nous sommes. Aux sources de l’i­den­ti­té euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Pour que les Français comprennent bien les défis dans lesquels ils ont été entraînés…

« Pour que les Fran­çais com­prennent bien les défis dans les­quels ils ont été entraî­nés mal­gré eux, je sou­haite rap­pe­ler que le voile, comme l’avait lon­gue­ment déve­lop­pé l’isla­mo­logue Abdel­wa­hab Med­deb dans une tri­bune publiée en décembre 2009 dans le Monde, n’est pas un simple bout de tis­su. […] Ce n’était pas néces­sai­re­ment le cas il y a vingt ans, mais nos hommes et femmes poli­tiques ont depuis par­fai­te­ment pris conscience de la réa­li­té des enjeux. Ils savent éga­le­ment qu’une femme qui se voile devient pour les autres musul­manes une leçon de morale ambu­lante qui peut ouvrir la voie à l’exercice, sur ces der­nières, d’une pres­sion de leur entou­rage ; d’où la pro­li­fé­ra­tion des voiles que l’on observe. Le voile n’est donc pas neutre et peut se muer en ins­tru­ment d’amputation de liber­té pour un cer­tain nombre de femmes. Par ailleurs, comme le mettent en évi­dence nombre d’enquêtes sur les signes reli­gieux – la der­nière en date étant celle du Cré­doc, les Fran­çais se sentent de plus en plus déran­gés par ces signes, et sont 81 % à sou­hai­ter les voir inter­dits dans les entre­prises pri­vées. Je ne vois donc pas en quoi la déci­sion de Najat Val­laud-Bel­ka­cem [d’autoriser les mères voi­lées à accom­pa­gner les sor­ties sco­laires, NDLR] pour­rait être assi­mi­lée à un quel­conque geste d’apaisement ou de tolérance.
Main­te­nant, cela fait mal­heu­reu­se­ment bien long­temps que notre classe poli­tique ose tout et risque tout, y com­pris la désta­bi­li­sa­tion des fon­da­tions de la mai­son France, sans vrai­ment prendre garde aux consé­quences : il y a fort à parier que le peuple fran­çais n’est pas mort, ne s’est pas sui­ci­dé et qu’il est en train de sor­tir, peu à peu, de sa longue anesthésie. »

Mali­ka Sorel
Inter­view au figaro.fr, 29 octobre 2014

Livres

À l'affiche

Comprendre la stratégie hongroise
Dominique Venner. La flamme se maintient
Sur les chemins noirs
Bienvenue dans le meilleur des mondes. Quand la réalité dépasse la science-fiction
Frédéric Mistral. Patrie charnelle et Provence absolue
Les Indo-Européens
Le soleil et l'acier
L’exil intérieur. Carnets intimes
La société de propagande
Tolkien, l’Europe et la tradition. La civilisation à l’aune de l’imaginaire
Voyage au bout de la nuit
Game over. La révolution antipolitique
Pour un réveil européen. Nature - Excellence - Beauté
Ceux de 14
La hache des steppes
Le japon moderne et l'éthique samouraï
Walter, ce boche mon ami
Les grandes légendes de France
Courage ! manuel de guérilla culturelle
À propos des Dieux. L’esprit des polythéismes
Les Déshérités ou l’urgence de transmettre
L’enracinement
Impasse Adam Smith. Brèves remarques sur l'impossibilité de dépasser le capitalisme sur sa gauche
Citadelle
Œuvres en prose complètes, tome III
L'Empire du politiquement correct
L’opprobre. Essai de démonologie
La grande séparation
Orthodoxie
Économie et société médiévale
Un samouraï d’Occident. Le Bréviaire des insoumis
Précis de décomposition
L’homme surnuméraire
L'Argent
Les Horreurs de la démocratie
Petit traité sur l’immensité du monde
La Cause du peuple
Histoire et tradition des Européens
Mémoire vive. Entretiens avec François Bousquet
Le déclin du courage
Sire
La France contre les robots
Le regard des princes à minuit
L’œuvre de chair
Service inutile
Traité du rebelle ou le recours aux forêts
Les sentinelles du soir
Athéna à la borne. Discriminer ou disparaître ?