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Citations philo
La force est à l’origine de tout mouvement…
« La force est à l’origine de tout mouvement, de toute action et, nécessairement, elle en est le couronnement. La vie est l’épanouissement de la force et, hors de la force, il n’y a que néant. […] L’idée, la pensée, tant belle soit-elle, n’est que bulle de savon si elle ne s’étaye pas sur la force, si elle n’est pas fécondée par elle. »
Émile Pouget
L’action directe, Édition du Réveil ouvrier, 1910
Le sentiment de ne plus habiter le vaisseau terrestre…
« Le sentiment de ne plus habiter le vaisseau terrestre avec la même grâce provenait d’une trépidation générale fondée sur l’accroissement. Il y avait trop de tout, soudain. Trop de production, trop de mouvement, trop d’énergies.
Dans un cerveau, cela provoquait l’épilepsie.
Dans l’Histoire, cela s’appelait la massification.
Dans une société, cela menait à la crise. »
Sylvain Tesson
Sur les chemins noirs, 2016, éditions Gallimard, coll. Folio, 2019
Et si nos malheurs venaient…
« Et si nos malheurs venaient de ce que nous vivons à trop grande échelle ? La terre se globalise, les frontières se dissolvent, les marchandises circulent. J’ai la subite envie de m’inventer une vie au 1⁄25000. C’était le rêve des anarchistes, des communards et des Grecs qui lisaient Xénophon : réduire l’espace de notre agitation, se replier dans un domaine, ne vouloir atteindre que ce qui est accessible. Accueillir des pensées universelles en cultivant un lopin. Ne côtoyer que les gens que l’on peut aller visiter à pied. Ne manger que les produits de sa propre région, en bref, vivre sur les chemins noirs, ces sentes secrètes qui strient les feuilles de l’IGN, échappant au contrôle de l’État. Il est urgent de changer d’échelle. »
Sylvain Tesson
Une très légère oscillation, journal 2014 – 2017, éditions des Équateurs, 2017
Je vois bien que pour croire à la différence…
« Je vois bien que pour croire à la différence il faut croire à un certain absolu. Il faut croire à l’être. Un existentialiste végétant dans un monde non orienté, où tout est permis, où rien n’a ni queue ni tête, où les capitaines ont été dégradés par la mort de Dieu, où le 1er janvier est un jour comme un autre, où Sisyphe ne roule son caillou que par entêtement, dans une espèce de bonheur tout de même un peu sommaire, n’a évidemment que faire des différences. Mais aussi ce sont les existentialistes qui ont prôné le désespoir envisagé comme une manière de vivre. Or, franchement, le désespoir ne m’intéresse pas. »
Vladimir Volkoff
Le complexe de Procuste, éditions Julliard – L’Âge d’Homme, 1981
La différence, qu’est-ce que c’est ?…
« La différence, qu’est-ce que c’est ?
“Caractère ou ensemble de caractères qui distingue une chose d’une autre”, pose le dictionnaire. Comme telle, la différence est le support de la connaissance. Ce n’est que par leurs différences que l’intelligence peut saisir les choses. La discrimination est sa fonction première, et le monde ne lui est accessible que dans la mesure où il est composé d’éléments distincts. Il ne saurait y avoir de connaissance du chaos. »
Vladimir Volkoff
Le complexe de Procuste, éditions Julliard – L’Âge d’Homme, 1981
Je commençais ce chapitre en disant, en substance…
« Je commençais ce chapitre en disant, en substance : seule la différence est gaie. J’en arrive au point où il me semble que je puis dire : seule la différence est féconde. »
Vladimir Volkoff
Le complexe de Procuste, éditions Julliard – L’Âge d’Homme, 1981
Lorsqu’on réclame l’attachement de tous aux valeurs de la République…
« Lorsqu’on réclame l’attachement de tous aux valeurs de la République, il faut comprendre que l’on propose en vérité des valeurs sans République, ou une République sans chose commune, puisqu’une chose commune comporte appartenance, éducation commune, loyauté et dévouement à la chose commune, toutes choses pour lesquelles on n’entend plus être liés. Ainsi, lorsqu’on nous demande d’adhérer aux valeurs de la République, on ne nous demande rien. »
Pierre Manent
Situation de la France, éditions Desclée De Brouwer, 2015
La pensée se forme et s’informe à partir de rencontres, de lectures…
« Elle [la pensée] se forme et s’informe à partir de rencontres, de lectures, de maîtres acceptés et dépassés, de thématiques explorées et rejetées, comme de la disputatio que ces diverses expériences engendrent. Dans la paideia classique, tout “théoricien” est lui-même d’abord un héritier, étape indispensable à son émancipation future. »
Alain de Benoist
Mémoire vive, entretiens avec François Bousquet, éditions de Fallois, 2012
Le pays n’est pas un slogan : ce n’est qu’un petit…
« Le pays n’est pas un slogan : ce n’est qu’un petit mot modeste, mais c’est aussi la poignée de terre où leur âme s’enracine. L’État, la nation sont des concepts flous, mais ils savent ce que pays veut dire. Le pays, c’est un sentiment que la plante est capable d’éprouver. »
Ernst Jünger
La Guerre notre Mère (Der Kampf als inneres Erlebnis), 1922, trad. Jean Dahel, éditions Albin Michel, 1934
Il serait vain de se détourner du passé…
« Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu’à l’avenir. C’est une illusion dangereuse de croire qu’il y ait même là une possibilité. L’opposition entre l’avenir et le passé est absurde. L’avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c’est nous qui pour le construire devons tout lui donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner il faut posséder, et nous ne possédons d’autre vie, d’autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l’âme humaine, il n’y en a pas de plus vital que le passé. »
Simone Weil
L’enracinement, 1943, éditions Gallimard, 1949
Mais n’accusons pas les seuls bourgeois…
« Mais n’accusons pas les seuls bourgeois sous prétexte qu’ils ont bon dos : nous sommes tous dans le même train, tous résignés à faire des patiences avec un jeu de cartes sans figures — littéralement sans honneurs. Un peu de progrès encore, et nous ne nous soucierons même plus d’avoir des cœurs rouges et des piques noirs. Des couleurs incolores ? Pourquoi pas ? Chacun d’entre nous est atteint, à un degré plus ou moins grand, du complexe de Procuste, et nous promenons sur le monde un regard qui n’en voit plus la gaieté là même où elle demeure, un regard qui ne reconnaît plus que le noirâtre, le blanchâtre et une infinité de grisés, un triste regard de daltonien ou d’animal. »
Vladimir Volkoff
Le complexe de Procuste, éditions Julliard – L’Âge d’Homme, 1981
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