« Les systèmes qui reposent sur des principes arbitraires, conçus en dehors ou même à l’encontre des réalités et de l’expérience, n’engendrent que le néant. »
Jacques Bainville
Réflexions sur la politique, édition posthume, Plon, 1941
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« Les systèmes qui reposent sur des principes arbitraires, conçus en dehors ou même à l’encontre des réalités et de l’expérience, n’engendrent que le néant. »
Jacques Bainville
Réflexions sur la politique, édition posthume, Plon, 1941
« Nous en sommes arrivés, sans nous en rendre compte, à un régime où il n’est pas permis de penser incorrectement, et où il n’est pas permis non plus de vivre incorrectement. Comme le marxisme, la démocratie tient qu’il existe une vérité morale parce qu’elle croit comme le marxisme à un progrès de l’humanité et par conséquent à un sens de l’histoire. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, éditions Les Sept Couleurs, 1969
« [La novlangue] repose sur l’inversion du sens qui reflète l’inversion des valeurs sur laquelle se fonde justement l’idéologie du Système. Ainsi, par exemple, le mot « République » ne désigne-t-il plus de nos jours la souveraineté du peuple mais son contraire : la soumission à l’idéologie cosmopolite, au gouvernement des juges et à la loi des marchés. »
Jean-Yves Le Gallou (dir.)
Nouveau dictionnaire de novlangue, La novlangue revisitée (avant-propos), Polémia éditeur, 2013
« La plus grande erreur moderne, ce n’est pas d’annoncer que Dieu est mort, mais de croire que le diable est mort. »
Nicolás Gómez Dávila
Les Horreurs de la démocratie (tiré de Escolios a un texto implícito), 1977, trad. Michel Bibard, Éditions du Rocher/Anatolia, 2003
« Aujourd’hui, tous les pays européens, y compris l’Allemagne, ont rétabli leurs contrôles aux frontières. Seule la France se préoccupe de sauver le “soldat Schengen”. C’est dire la puissance de l’idéologie, quand on préfère les morts du coronavirus à la vérité protectrice. Les belles âmes du “Nouveau Monde” à l’agonie préfèrent encore avoir tort avec le coronavirus que raison avec les souverainistes. Quoi qu’il arrive, il ne s’agit pas, selon eux, de sauver les malades, il faut sauver l’idéologie. Mais le Réel, qui est impitoyable quand il tient à pleine main la faux du trépas, vient contrarier leurs certitudes et inoculer le doute dans leurs syllogismes mortifères. »
Philippe de Villiers
Le nouveau monde est en train de mourir du coronavirus, entretien avec Bastien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020
« La souveraineté se définit par le primat du politique. L’aliéner, c’est permettre à l’économie de s’organiser comme elle l’entend. Cette dernière va toujours là où vont ses intérêts. Nous avons donc connu un capitalisme débridé qui a choisi dans un premier temps l’aliénation américaine et désormais l’aliénation chinoise. Les gens qui ont prôné cette idéologie de la soi-disant division internationale du travail savaient ce qu’ils faisaient. Ils ont laissé derrière eux une France en pièces détachées, un pays qui n’a plus d’industrie qui vend ses plateformes aéroportuaires, et qui a favorisé une agriculture dégradée en un processus agrochimique suicidaire, un pays qui fait fabriquer les pièces de rechange des chars Leclerc en Chine, et lui confie le soin de produire pour elle ses médicaments. »
Philippe de Villiers
Le nouveau monde est en train de mourir du coronavirus, entretien avec Bastien Lejeune, Valeurs Actuelles, 18/03/2020
« L’illusion mondialiste soutient que les frontières sont non seulement contraignantes mais inutiles. Pourtant, après des décennies de sans-frontiérisme, le principe même de séparation n’a pas disparu et reprend au contraire de la vigueur. Comment ne pas voir que, dans une Europe qui s’est donné pour objectif la suppression de toute frontière extérieure entre les États, on assiste paradoxalement à la création exponentielle de nouvelles frontières, intérieures et plus insidieuses, qui sont aussi bien tangibles qu’intangibles ? Communautarisme, multiplication des contrôles de sécurité à l’entrée des aéroports, musées, centres commerciaux et autres lieux publics, blocs de béton à l’entrée des marchés de Noël, mur autour de la tour Eiffel sont autant de réponses débridées à la nécessité de protection des individus dans des États qui ont oublié qu’une de leurs fonctions régaliennes était d’assurer la sécurité de leurs citoyens. »
Thibault Mercier
Athéna à la borne. Discriminer ou disparaître ?, Pierre-Guillaume de Roux éditeur, 2019
« Si le destin de nos peuples se poursuit hors des Évangiles vers des étoiles nouvelles ou plus anciennes encore, ni le Diable ni Dieu ne nous emporte. Devant l’immense perspective découverte, la foi de notre avenir en ce monde nous entraîne, et les croix qui parsèment nos pays nous accompagnent sur la route nouvelle. L’un des impératifs adressés à notre siècle est de sortir du charnier des idéologies passées. Nous n’en sortirons par le haut qu’en retrouvant un horizon spirituel, dont les idéologies furent un produit de substitution. »
Thibaud Gibelin
Le Chant des alouettes, édition Institut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2017
« Lorsqu’on pense aux moyens chaque fois plus puissants dont dispose le système, un esprit ne peut évidemment rester libre qu’au prix d’un effort continuel. Qui de nous peut se vanter de poursuivre cet effort jusqu’au bout ? Qui de nous est sûr, non seulement de résister à tous les slogans, mais aussi à la tentation d’opposer un slogan à un autre ? »
Georges Bernanos
La France contre les robots, 1946, éditions Robert Laffont, 1947, Le Castor Astral éditeur, coll. Galaxie, 2017
« Il faut considérer comme sans fondement toutes les doctrines qui voient dans l’âge industriel ou économique le successeur pacifique de l’âge militaire, non seulement parce que l’ennemi politique ne se réduit pas au seul ennemi militaire, mais encore parce que la politique pénètre d’inimitié l’économie, la science, la morale et la technique aussi bien que les armées.
Il est fort probable que la violence durera aussi longtemps que l’homme ; elle est de tous les temps, encore qu’elle se montre plus virulente à certaines époques qu’à d’autres, quand l’idéologie lui prépare le terrain. De ce point de vue il est indiscutable que le socialisme révolutionnaire (Blanqui, Marx, Sorel, Lénine) a été, avant le fascisme, le propagateur de la violence dans le monde contemporain. Il est naïf de croire que le progrès de la civilisation pourrait substituer l’ère de la sérénité à celle de la violence. Au contraire, les nouveaux moyens que le progrès met à la disposition de l’homme, celui-ci les utilise non seulement au service de la guerre (nous le constatons tous les jours), mais de toutes les formes de la violence, révolutionnaire, psychologique, etc. Loin de décroître en intensité elle s’adapte sans cesse aux nouvelles conditions. Pour les mêmes raisons on ne saurait parler de peuples doux. Il se trouve seulement qu’à certaines époques de l’histoire la civilisation d’une collectivité parvient à limiter l’usage de la violence. »
Julien Freund
L’essence du politique, éditions Sirey, 1965
« Vincent Peillon, ancien ministre de l’Éducation nationale, estimait qu’il était du rôle de l’école d’ “arracher les enfants à tous les déterminismes sociaux et culturels”. Par cette déclaration il souhaitait promouvoir l’idée d’une société post-traditionnelle, en partie parce que lui, et ceux qui l’ont précédé, n’ont pas su régler le problème d’une société française qui voit cohabiter une multiplicité de traditions culturelles et religieuses (aux racines parfois fort éloignées) depuis désormais quarante ans. Le grand effacement de notre culture traditionnelle doit faciliter l’intégration de plusieurs peuples à qui l’on demandera plus tard le même effort. Le “vivre-ensemble” à la manière post-moderne est d’abord un “vivre avec”, puis un “revivre” sous une autre forme foncièrement différente de celle qui fut auparavant ; il n’y a pas de volonté d’assimiler des peuples à notre culture mais bien plutôt le projet de tous nous assimiler, à marche forcée, à une vision du monde partiellement inconnue fondée sur une utopie conceptuelle dont on ne peut mesurer les conséquences. Il faut se poser une question se situant au-delà de la passion que pourrait générer un tel débat : ce projet est-il réalisable et, le cas échéant, est-il souhaitable ? Non. »
Gabriel Robin
« Les Traditions vivantes », intervention à la 7ème journée de réinformation de Polémia, Paris, 18 octobre 2014
« Qui était sorti vainqueur de cette fausse guerre [la guerre froide, NDLR] ? Les États-Unis, bien entendu, et l’économie de marché. Mais aussi la religion de l’Humanité, une, uniforme et universelle. Une religion commune aux deux adversaires de la veille. Et ce n’était pas leur seule affinité. Que voulaient les communistes d’autrefois ? Ils voulaient la mise en commun des richesses de l’humanité et une gestion rationnelle assurant à tous abondance et paix. Ils voulaient aussi la création d’un homme nouveau, capable de désirer ces bienfaits, un homme rationnel et universel, délivré de toutes ces entraves que sont des racines, une nature et une culture. Ils voulaient enfin assouvir leur haine des hommes concrets, porteurs de différences, leur haine également de la vieille Europe, multiple et tragique. Et l’Occident américain, que veut-il ? Eh bien, la même chose. La différence porte sur les méthodes. Récusant la planification par la contrainte, le système américain voit dans le marché le facteur principal de la rationalité et des changements. […]
Le communisme de marché, autre nom du mondialisme, ne partage pas seulement avec son ex-frère ennemi soviétique la vision radieuse du but final. Pour changer le monde, lui aussi doit changer l’homme, fabriquer l’homo œconomicus de l’avenir, le zombi, l’homme du nihilisme, vidé de son contenu, possédé par l’esprit du marché et de l’Humanité universelle. Le zombi se multiplie sous nos yeux. Il est heureux “puisque l’esprit du marché lui souffle que le bonheur consiste à satisfaire tous ses désirs”. Et ses désirs étant ceux du marché ne sont suscités que pour être satisfaits. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002