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Thème

Citations d’un auteur français

On naît moderne…

« Ce n’est pas seule­ment un déca­lage, c’est un abîme de moder­ni­té qui nous sépare. On naît moderne, on ne le devient pas. Et nous ne le sommes jamais deve­nus. Ce qui saute aux yeux à Paris, c’est le XIXème siècle. Venu de Los Angeles, on atter­rit dans le XIXème siècle. Chaque pays porte une sorte de pré­des­ti­na­tion his­to­rique, qui en marque presque défi­ni­ti­ve­ment les traits. Pour nous, c’est le modèle bour­geois de 89 et la déca­dence inter­mi­nable de ce modèle qui des­sine le pro­fil de notre pay­sage. Rien n’y fait : tout tourne ici autour du rêve bour­geois du XIXème siècle. »

Jean Bau­drillard
Amé­rique, édi­tions Gras­set, 1986, Le Livre de Poche, coll. Biblio essais, 1988

Les rapports qu’entretiennent les hommes entre eux sont donc calculables…

« Les rap­ports qu’entretiennent les hommes entre eux sont donc cal­cu­lables, l’homme seul étant une sorte de méca­nisme et l’ensemble de tous les hommes lui-même un grand méca­nisme dont une consti­tu­tion poli­tique énonce les lois. Le but étant d’obtenir une socié­té paci­fique où chaque homme pos­sé­de­rait une aire limi­tée d’action sans nuire à ses semblables. »

Marc Froi­de­font
Joseph de Maistre. La nation contre les droits de l’homme, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Longue mémoire, 2023

La permanence de l’impermanent…

« Le nou­vel ordre pro­duc­tif a ins­ti­tué la per­ma­nence de l’impermanent. La requête du chan­ge­ment” a fini par affo­ler les hommes. En quelques décen­nies, l’organisation glo­bale a éri­gé l’innovation” en dogme. Tou­jours plus, tou­jours dif­fé­rent, tou­jours ailleurs. De là, néces­si­té de vivre vite. Puisque tout se trans­forme, on sera tou­jours en retard. Alors, sous la menace de l’obsolescence, le résul­tat ne sera jamais satis­fai­sant : frus­tra­tion, res­sen­ti­ment, vio­lence. La requête de la mise à jour” numé­rique trans­po­sée dans le champ anthro­po­lo­gique fait de l’His­toire une valse musette avec sub­sti­tu­tion de cava­lier à chaque mesure. »

Syl­vain Tesson
Blanc, édi­tions Gal­li­mard, 2022

C’était un Polonais du temps de Sobieski…

« C’é­tait un Polo­nais du temps de Sobies­ki. Il en eût por­té héroï­que­ment le car­quois d’or. Sa vio­lence, qui res­sem­blait à cer­tains coups de vent dans les steppes, parais­sait exces­sive et même un peu folle dans un pays de sens ras­sis, de ce bon sens nor­mand, tout-puis­sant et calme, que l’on peut appe­ler sta­tor, comme Jupi­ter ! (…) Il avait besoin de sen­tir battre sur ses sveltes jambes d’Hip­po­lyte le sabre courbe avec lequel ses pères mater­nels cou­paient la figure des Pachas, et il n’y sen­tait jamais que le fouet­te­ment de sa cra­vache, rêveuse ou for­ce­née. De double race mili­taire, il aspi­rait l’o­deur des com­bats dans le tonique par­fum des bois et la poudre de son fusil de chasse, mais il pou­vait croire qu’il ne la res­pi­re­rait jamais mieux. »

Jules Bar­bey d’Aurevilly
Un prêtre marié, 1865, édi­tions Gal­li­mard, coll. Le Livre de poche, 1964

Les Anglais, disait-il, ne combattaient que pour l’honneur et pour la gloire…

« Per­sonne, je demande par­don au lec­teur d’employer une expres­sion un peu vul­gaire et qui com­men­çait alors à prendre une grande vogue, per­sonne ne bla­guait mieux que lui. Son esprit vif, actif et plein d’à‑propos, ne lui fai­sait jamais défaut pour l’attaque ou pour la riposte. Je me rap­pelle même à ce sujet une réponse qu’il adres­sa à un capi­taine anglais.
Ce der­nier pré­ten­dait que les Fran­çais, ce qui au reste était assez vrai pour Sur­couf, ne se bat­taient jamais que pour de l’argent, tan­dis que les Anglais, disait-il, ne com­bat­taient que pour l’honneur et pour la gloire !
 — Eh bien ! qu’est-ce que cela prouve, lui répon­dit le Malouin, sinon une chose, que nous com­bat­tons cha­cun pour acqué­rir ce qui nous manque ? »

Ambroise Louis Garneray
Voyages, aven­tures et com­bats, Alphonse Lebègue, Impri­meur-édi­teur, 1851

On dit que les nouveautés ont toujours suscité de ces réserves…

« On dit que les nou­veau­tés ont tou­jours sus­ci­té de ces réserves et de ces récri­mi­na­tions. On demande – impru­dem­ment à mon avis – ce que nous serions deve­nus si le pro­grès n’é­tait pas­sé outre ces timi­di­tés et avait renon­cé au che­min de fer ou à la télé­vi­sion ; on cite Gali­lée et Pas­teur, la loi iné­luc­table du deve­nir, ain­si qu’il en fut tou­jours”, etc. Je ne dis­cu­te­rai pas main­te­nant ces sophismes : je ne parle pas de ce que les choses ont chan­gé, mais de ce qu’elles ont dis­pa­ru ; de ce que la rai­son mar­chande a détruit entiè­re­ment notre monde pour s’ins­tal­ler à la place. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

Le passé n’a plus de présent parmi nous…

« Le pas­sé n’a plus de pré­sent par­mi nous : l’u­sur­pa­tion mar­chande ne le sup­por­tait pas vivant, habi­té avec du linge aux fenêtres, qui la contre­di­sait tou­jours : cam­pagnes enchan­tées du temps de la trac­tion ani­male, mœurs et usages curieux de ces contrées loin­taines peintes à la main, quar­tiers per­dus, rues pen­sives, pai­sibles mai­sons d’a­vant l’élec­tri­ci­té, chan­sons qu’on chante, pro­fu­sion des siècles ; qui ne sont plus et qui ne revien­dront jamais : jetés tout vivants qu’ils furent dans la chau­dière du pro­grès. »

Bau­douin de Bodinat
La vie sur Terre. Réflexions sur le peu d’a­ve­nir que contient le temps où nous sommes (1996), Édi­tions de l’En­cy­clo­pé­die des Nui­sances, 2008

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