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Citations sur l'esclavage

S’il y a jamais eu une civilisation d’esclaves…

« S’il y a jamais eu une civi­li­sa­tion d’esclaves dans les grandes lar­geurs, c’est bien la civi­li­sa­tion moderne. Aucune culture tra­di­tion­nelle n’a vu d’aussi grandes masses condam­nées à un tra­vail aveugle, auto­ma­tique et sans âme : escla­vage qui n’a même pas pour contre­par­tie la haute sta­ture et la réa­li­té tan­gible de figures de sei­gneurs et de domi­na­teurs, mais est impo­sé de façon ano­dine à tra­vers la tyran­nie du fac­teur éco­no­mique et des struc­tures d’une socié­té plus ou moins collectivisée. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934

Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie…

« Alors que tant d’hommes se font les esclaves de leur vie, mon geste incarne une éthique de la volon­té. Je me donne la mort afin de réveiller les consciences assou­pies. Je m’insurge contre la fata­li­té. Je m’insurge contre les poi­sons de l’âme et contre les dési­rs indi­vi­duels enva­his­sants qui détruisent nos ancrages iden­ti­taires et notam­ment la famille, socle intime de notre civi­li­sa­tion mul­ti­mil­lé­naire. Alors que je défends l’identité de tous les peuples chez eux, je m’insurge aus­si contre le crime visant au rem­pla­ce­ment de nos populations. »

Domi­nique Venner
« Les rai­sons d’une mort volon­taire », der­nière lettre, 21 mai 2013

Partout où elle a pris le pouvoir, la bourgeoisie a foulé…

« Par­tout où elle a pris le pou­voir, la bour­geoi­sie a fou­lé aux pieds les rela­tions féo­dales, patriar­cales et idyl­liques. Tous les liens com­plexes et variés qui unis­saient l’homme féo­dal à ses supé­rieurs natu­rels, elle les a bri­sés sans pitié pour ne lais­ser sub­sis­ter d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid inté­rêt, les dures exi­gences du paie­ment au comp­tant. Elle a noyé les fris­sons sacrés de l’extase reli­gieuse, de l’enthousiasme che­va­le­resque, de la sen­ti­men­ta­li­té tra­di­tion­nelle, dans les eaux gla­cées du cal­cul égoïste. Elle a fait de la digni­té per­son­nelle une simple valeur d’échange… La bour­geoi­sie a dépouillé de leur auréole toutes les acti­vi­tés qui pas­saient jusque-là pour véné­rables et qu’on consi­dé­rait avec un saint res­pect. Le méde­cin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des sala­riés à ses gages. La bour­geoi­sie a déchi­ré le voile de sen­ti­men­ta­li­té qui recou­vrait les rela­tions de famille et les a réduites à n’être que de simples rap­ports d’argent… La bour­geoi­sie ne peut exis­ter sans révo­lu­tion­ner constam­ment les ins­tru­ments de pro­duc­tion, ce qui veut dire les condi­tions de la pro­duc­tion, c’est-à-dire les rap­ports sociaux… Ce bou­le­ver­se­ment conti­nuel de la pro­duc­tion, ce constant ébran­le­ment de tout le sys­tème social, cette agi­ta­tion et cette insé­cu­ri­té per­pé­tuelle dis­tinguent l’époque bour­geoise de toutes les pré­cé­dentes… Tout ce qui avait soli­di­té et per­ma­nence s’en va en fumée, tout ce qui était sacré est pro­fa­né, et les hommes sont for­cés enfin d’envisager leurs condi­tions d’existence et leurs rap­ports réci­proques avec des yeux désa­bu­sés… La bour­geoi­sie a sou­mis la cam­pagne à la ville, elle a subor­don­né les peuples de pay­sans aux peuples de bourgeois… »

Karl Marx et Frie­drich Engels
Le Mani­feste du par­ti com­mu­niste (Mani­fest der kom­mu­nis­ti­schen Par­tei), 1848, trad. Émile Bot­ti­gel­li, édi­tions Flam­ma­rion, 1998

Qui ne sait être pauvre est né pour l’esclavage…

« Qui ne sait être pauvre est né pour l’esclavage
Qu’il serve donc les grands, les flatte, les ménage
Qu’il plie en appro­chant de ces superbes fronts
Sa tête à la prière et son âme aux affronts
Pour qu’il puisse, enri­chi de ces affronts utiles
Enri­chir à son tour quelques têtes serviles.
De ces hon­teux tré­sors je ne suis point jaloux
Une pau­vre­té libre est un tré­sor si doux ! »

André Ché­nier, « Ô jours de mon prin­temps », Élégies
Œuvres com­plètes, Pléiade, 1950

Qui est déraciné déracine. Qui est enraciné ne déracine pas…

« Le déra­ci­ne­ment est de loin la plus dan­ge­reuse mala­die des socié­tés humaines, car il se mul­ti­plie lui-même. Des êtres vrai­ment déra­ci­nés n’ont guère que deux com­por­te­ments pos­sibles : ou ils tombent dans une iner­tie de l’âme presque équi­va­lente à la mort, comme la plu­part des esclaves au temps de l’Empire romain, ou ils se jettent dans une acti­vi­té ten­dant tou­jours à déra­ci­ner, sou­vent par les méthodes les plus vio­lentes, ceux qui ne le sont pas encore ou qui ne le sont qu’en par­tie. (…) Qui est déra­ci­né déra­cine. Qui est enra­ci­né ne déra­cine pas. »

Simone Weil
L’enracinement, 1943, édi­tions Gal­li­mard, 1949

Le combat est père de toute chose…

« Le com­bat est père de toute chose, de toutes les lois ; les uns, il les porte à la lumière comme dieux, les autres comme hommes ; les uns, il les fait esclaves, les autres, libres. »

Héra­clite
Frag­ments, 53, 576 – 480 av. notre ère, trad. Jean-Fran­çois Pra­deau, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2018

Il n’y a de véritable égalité que dans l’esclavage…

« Il n’y a de véri­table éga­li­té que dans l’esclavage, et de liber­té que dans une hié­rar­chie. Il n’y a de fra­ter­ni­té que celle des armes. »

Ghis­lain de Diesbach
Petit dic­tion­naire des idées mal reçues, édi­tions Via Roma­na, 2009

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