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Citations sur la tradition

La mère n’avait point seulement transmis la vie…

« La mère n’avait point seule­ment trans­mis la vie : elle avait, à ses fils, ensei­gné un lan­gage, elle leur avait confié un bagage si len­te­ment accu­mu­lé au cours des siècles, le patri­moine spi­ri­tuel qu’elle avait elle-même reçu en dépôt, ce petit lot de tra­di­tions, de concepts et de mythes qui consti­tue toute la dif­fé­rence qui sépare New­ton ou Sha­kes­peare de la brute des cavernes. »

Antoine de Saint-Exupéry
Terre des hommes, édi­tions Gal­li­mard, coll. Blanche, 1939, coll. Folio, 2024

Le destin de ceux qui finiront avec la dissolution du monde moderne…

« C’est une voca­tion héroïque que d’affronter la vague la plus tour­billon­nante et de savoir que deux des­tins sont à égale dis­tance, le des­tin de ceux qui fini­ront avec la dis­so­lu­tion du monde moderne et le des­tin de ceux qui se retrou­ve­ront dans l’axe cen­tral et royal du nou­veau courant. »

Julius Evo­la
Révolte contre le monde moderne (Rivol­ta contro il mon­do moder­no), 1934, édi­tions Kontre Kul­ture, 2019

L’Inde part à la conquête du monde sous l’étendard écarlate de Shiva…

« Sans pose ni com­plexe, Ven­ner rejoint le cou­rant qui, de Bal­zac à Déon, main­tient et res­taure un type de pos­ture face à l’adversité, ces auteurs qui savent la pré­émi­nence du pole­mos héra­cli­téen – le conflit, père de toutes choses. Et qui refusent le déses­poir, conscients que l’histoire, dont l’ironie est féroce, sur­pren­dra tou­jours les esprits oublieux des tra­di­tions ances­trales. L’Inde part à la conquête du monde sous l’étendard écar­late de Shi­va, l’islam sous celui de Maho­met ; la Chine réap­prend Confu­cius. Quand rede­vien­drons-nous homé­riques ? »

Chris­to­pher Gérard
Quo­li­bets – Jour­nal de lec­ture, édi­tions L’Âge d’Homme, 2013

Par culture traditionnelle, on entend une culture organique…

« Par culture tra­di­tion­nelle, on entend une culture orga­nique, dont toutes les acti­vi­tés sont ordon­nées autour d’une idée cen­trale et, à pro­pre­ment par­ler, du haut vers le haut”. Vers le haut” signi­fie vers quelque chose de supé­rieur à ce qui est sim­ple­ment natu­ra­liste et humain. Cette orien­ta­tion pré­sup­pose un ensemble de prin­cipes ayant une valeur de norme immuable et un carac­tère méta­phy­sique. À un tel ensemble, on peut don­ner le nom de Tra­di­tion au sin­gu­lier, parce que les valeurs et les prin­cipes de base sont essen­tiel­le­ment les mêmes dans les tra­di­tions his­to­riques dis­tinctes, en dehors des adap­ta­tions et for­mu­la­tions qui leur sont propres. Qui recon­naît de telles valeurs et les affirme, peut se dire un homme de la Tra­di­tion. »

Julius Evo­la
inter­view de Gian­fran­co de Tur­ris, « L’Italiano », novembre 1970

Les cultures modernes sont des dévoreuses d’espace…

« Les cultures modernes sont des dévo­reuses d’espace, les cultures tra­di­tion­nelles furent des dévo­reuses de temps. Les pre­mières ont une fièvre ver­ti­gi­neuse de mou­ve­ment et de conquêtes ter­ri­to­riales, qui génère un arse­nal infi­ni de moyens méca­niques capable de réduire les plus grandes dis­tances, d’abréger chaque inter­valle, de conte­nir dans une sen­sa­tion d’ubiquité tout ce qui se déploie dans la mul­ti­tude des lieux […] Au contraire, les cultures tra­di­tion­nelles furent ver­ti­gi­neuses par leur sta­bi­li­té, leur iden­ti­té et leur capa­ci­té à résis­ter, inébran­la­ble­ment, au cours du temps et de l’histoire : elles ont été capables d’exprimer jusque dans des formes sen­sibles et tan­gibles un sym­bole d’éternité. »

Julius Evo­la
L’Arc et la Mas­sue (L’arco e la cla­va), 1968

L’État a toujours été l’acteur acharné du déracinement des Français…

« [C]’est l’État fran­çais qui, par sa poli­tique, ses lois, ses tri­bu­naux, a orga­ni­sé le « grand rem­pla­ce­ment » des popu­la­tions, nous impo­sant la pré­fé­rence immi­grée et isla­mique avec 8 mil­lions d’Arabo-musulmans (en atten­dant les autres) por­teurs d’une autre his­toire, d’une autre civi­li­sa­tion et d’un autre ave­nir (la cha­ria) […] L’État a tou­jours été l’acteur achar­né du déra­ci­ne­ment des Fran­çais et de leur trans­for­ma­tion en Hexa­go­naux inter­chan­geables. Il a tou­jours été l’acteur des rup­tures dans la tra­di­tion natio­nale. Voyez la fête du 14 juillet : elle célèbre une répu­gnante émeute et non un sou­ve­nir gran­diose d’unité. Voyez le ridi­cule emblème de la Répu­blique fran­çaise : une Marianne de plâtre coif­fée d’un bon­net révo­lu­tion­naire. Voyez les affreux logos qui ont été impo­sés pour rem­pla­cer les armoi­ries des régions tra­di­tion­nelles. Sou­ve­nez-vous qu’en 1962, l’État a uti­li­sé toute sa force contre les Fran­çais d’Algérie aban­don­nés à leur malheur. »

Domi­nique Venner
« Lettre sur l’identité à mes amis sou­ve­rai­nistes », www.dominiquevenner.fr, 26 juin 2012

Ces ouvriers ne servaient pas…

« Ces ouvriers ne ser­vaient pas. Ils tra­vaillaient. Ils avaient un hon­neur, abso­lu, comme c’est le propre d’un hon­neur. Il fal­lait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’é­tait enten­du. C’é­tait un pri­mat. Il ne fal­lait pas qu’il fût bien fait pour le salaire ou moyen­nant le salaire. Il ne fal­lait pas qu’il fût bien fait pour le patron ni pour les connais­seurs ni pour les clients du patron. Il fal­lait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même. Une tra­di­tion, venue, mon­tée du plus pro­fond de la race, une his­toire, un abso­lu, un hon­neur vou­lait que ce bâton de chaise fût bien fait. Toute par­tie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exac­te­ment aus­si par­fai­te­ment faite que ce qu’on voyait. C’est le prin­cipe même des cathédrales. »

Charles Péguy
L’Argent, Les Cahiers de la Quin­zaine, 1913, Édi­tions des Équa­teurs, coll. Paral­lèles, 2008

Le fondement de l’organisation sociale…

« Le fon­de­ment de l’organisation sociale et de la paix civile est l’unité eth­nique de la cité et le res­pect des lois, garan­tis par les Anciens et par la force. Les hommes sont heu­reux dans une socié­té heu­reuse, celle qui res­semble tou­jours à elle-même, où l’on se marie, comme les aïeux se sont mariés, où l’on laboure et on mois­sonne comme on a tou­jours labou­ré et mois­son­né. Les indi­vi­dus passent mais la cité demeure. »

Domi­nique Venner
Un samou­raï d’Occident. Le Bré­viaire des insou­mis, édi­tions Pierre-Guillaume de Roux, 2013

Au début de La guerre du Péloponnèse…

« Au début de la guerre du Pélo­pon­nèse, Thu­cy­dide s’en rap­porte à l’Iliade pour bros­ser à traits rapides l’histoire ancienne des Grecs, recon­nais­sant ain­si à Homère le mérite d’en avoir jeté les fon­de­ments. Mais ce mérite était peu au regard du reste. Ins­pi­ré par les dieux et par la poé­sie, ce qui est tout un, Homère nous a légué la source oubliée de notre tra­di­tion, l’expression grecque de tout l’héritage indo-euro­péen, celte, slave ou nor­dique, avec une clar­té et une per­fec­tion for­melle sans équivalent. »

Domi­nique Venner
Le Choc de l’histoire, édi­tions Via Roma­na, 2011

Contrairement à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hollywood…

« Contrai­re­ment à ce que veulent nous faire croire la BBC et Hol­ly­wood, Zeus et Achille n’étaient pas noirs, le roi Arthur n’était pas un migrant éry­thréen, Jeanne d’Arc n’entendait pas des Negro Spi­ri­tuals avant d’aller bou­ter les Russes hors d’Ukraine, Mar­gue­rite d’Anjou ne venait pas des rives du Niger.
Les Euro­péens doivent résis­ter au for­çage idéo­lo­gique per­ma­nent que veut leur impo­ser la super­classe mon­diale. Ils doivent refu­ser l’altération et la colo­ni­sa­tion de leur ima­gi­naire par la « World music » et les séries et les films déréalisants.
Les Euro­péens doivent reprendre pos­ses­sion de leur mytho­lo­gie et de leur his­toire. »

Jean-Yves Le Gallou
XXIe siècle, vers un nou­veau cycle euro­péen ?, allo­cu­tion au cin­quième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 7 avril 2018

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