« Un homme de l’ancien temps et un insurgé. »
Marcel Schneider à propos de Paul Morand
Mille roses trémières. L’amitié de Paul Morand, 2004
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« Un homme de l’ancien temps et un insurgé. »
Marcel Schneider à propos de Paul Morand
Mille roses trémières. L’amitié de Paul Morand, 2004
« Il s’est légué lui-même, et un homme, un homme vivant et éternel, vaut toutes les théories et les philosophies. »
Miguel de Unamuno
Le sentiment tragique de la vie (El sentimiento tragico de la vida), 1912, trad. Marcel Faure-Beaulieu, éditions NRF/Gallimard, coll. Folio essais, 1997
« Je ne serai pas quelqu’un ; je serai, simplement. Un homme, l’Homme qui est au milieu du monde – sans qu’il y ait de dieux pour le regarder. Car je ne suis pas une pensée, un rêve, une luciole fugitive. Je suis en chair et en os. D’abord en chair et en os. Ce qui est bien, c’est que je suis nu, c’est-à-dire sans argent, avec une chemise de rechange, un homme qui a restitué en lui le rudiment de toute réalité, qui travaille avec ses mains et ses pieds, qui mange, qui boit, qui dort.
[…] Qu’est-ce que je fais là ? Je suis un homme. J’ai été promis à un monde d’hommes et d’animaux. Mes ancêtres n’ont pas travaillé à une civilisation pour que soudain nous n’y puissions plus rien et que le mouvement se perde machinal, aveugle, absurde ? Une machine, un canon qui tire sans arrêt, tout seul. Qu’est-ce que cela ? Ce n’est ni un homme, ni un animal, ni un dieu. C’est un calcul oublié qui poursuit seul sa trajectoire à travers le monde, c’est un résidu incroyable. Quelle est cette reprise étrange de la matière sur la vie ? Quel est ce déroulement mécanique de la matière ? Des mots absurdes deviennent vrais : mécanisme, matérialisme. »
Pierre Drieu la Rochelle
La Comédie de Charleroi, 1934, éditions Gallimard, coll. L’Imaginaire, 1996
« L’important, c’est ce que nous représentons de vérité, de volonté. C’est l’héritage que nous détenons comme une dette qui nous vient de ceux qui nous ont précédés, morts pour les mêmes raisons. »
Gwenn-Aël Bolloré
J’ai débarqué le 6 juin 1944. Commando de la France libre, Le Cherche-Midi, 1994
« Au-dessus de la guerre du Péloponnèse se lève ce type parfait et plein, l’hoplite, l’homme pesamment armé qui ramasse solidement sur lui toute la substance de la cité, qui transporte là où il se bat un fragment authentique de sa muraille, ou qui même, et plus purement, est, comme le citoyen de Sparte, la seule muraille qu’elle juge digne de la défendre. »
Albert Thibaudet
La campagne avec Thucydide, 1922
« Nous possédons un héritage spirituel qui n’a rien à envier à ceux des autres grandes civilisations, mais nous ne le savons pas ou nous le savons mal. À l’immense crise spirituelle du nihilisme occidental, il faut apporter nos propres réponses. Les hommes n’existent que par ce qui les distingue : clan, lignée, histoire, culture, tradition. Il n’y a pas de réponse universelle aux questions de l’existence et du comportement. Chaque civilisation a sa vérité et ses dieux, tous respectables pour autant qu’ils ne nous menacent pas. Chaque civilisation apporte ses réponses, sans lesquelles les individus, hommes ou femmes, privés d’identité et de modèles, sont précipités dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se passer de racines. Il appartient à chacun de retrouver les siennes. »
Dominique Venner
Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011
« La Flamme.
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante, mais une réalité. Une réalité aussi tangible que la dureté de cette pierre ou ce souffle de vent. Le symbole du solstice est que la vie ne peut pas mourir. Nos ancêtres croyaient que le soleil n’abandonne pas les hommes et qu’il revient chaque année au rendez-vous du printemps.
Nous croyons avec eux, que la vie ne meurt pas et que par-delà la mort des individus, la vie collective continue.
Qu’importe ce que sera demain. C’est en nous dressant aujourd’hui, en affirmant que nous voulons rester ce que nous sommes, que demain pourra venir.
Nous portons en nous la flamme. La flamme pure de ce feu de foi. Non pas un feu de souvenir. Non pas un feu de piété filiale. Mais un feu de joie et de gravité qu’il convient d’allumer sur notre terre. Là nous voulons vivre et remplir notre devoir d’hommes sans renier aucune des particularités de notre sang, notre histoire, notre foi entremêlés dans nos souvenirs et dans nos veines…
Ce n’est pas la résurrection d’un rite aboli. C’est la continuation d’une grande tradition. D’une tradition qui plonge ses racines au plus profond des âges et ne veut pas disparaître. Une tradition dont chaque modification ne doit que renforcer le sens symbolique. Une tradition qui peu à peu revit. »
Jean Mabire
Les Solstices, Histoire et actualité, éditions Le Flambeau, 1991
« La liberté de l’individu exigeait désormais le rejet des identités reçues et de les dénoncer comme autant de prisons physiques et mentales. Elle appelait la proscription de ce qui liait, de ce qui durait et attachait, le congédiement de tout ce qui avait jusqu’ici déterminé l’aventure de l’homme : origine, filiation, parentèle, nation et autres communautés natives ou naturelles. Pour atteindre ce Graal de l’autonomie émancipatrice, les rectifications des corps, les hybridations de l’âme, les bricolages de soi devenaient non seulement recommandables mais recommandés. On choisirait désormais son identité passagère et sa communauté d’appartenance comme on choisissait un forfait d’opérateur téléphonique ou un fournisseur d’accès à Internet, mais avec l’option de résiliation instantanée. L’homme, devenu autoentrepreneur de lui-même, ne rencontrerait plus d’obstacle à son autosatisfaction au sein de la société de l’indétermination illimitée. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
« L’unique source de salut et de grandeur pour la France, c’est de reprendre contact avec son génie au fond de son malheur. »
Simone Weil
L’enracinement, 1943, éditions Gallimard, 1949
« Tout est venu à l’Europe et tout en est venu. Ou presque tout […]
Les autres parties du monde ont eu des civilisations admirables, des poètes du premier ordre, des constructeurs, et même des savants. Mais aucune partie du monde n’a possédé cette singulière propriété physique : le plus intense pouvoir émissif uni au plus intense pouvoir absorbant.
Tout est venu de l’Europe et tout en est venu. Ou presque tout. […]
La petite région européenne figure en tête de la classification, depuis des siècles. Malgré sa faible étendue, — et quoique la richesse du sol n’y soit pas extraordinaire, — elle domine le tableau. Par quel miracle ? — Certainement le miracle doit résider dans la qualité de sa population. Cette qualité doit compenser le nombre moindre des hommes, le nombre moindre des milles carrés, le nombre moindre des tonnes de minerai, qui sont assignés à l’Europe. »
Paul Valéry
La crise de l’esprit, éditions NRF, 1919