« Dans la verte vallée ou la montagne,
Nos pères ont lutté avant nous. »
A Soldier’s Song – La chanson d’un soldat – Amhràn na bhFiann (hymne national de la République d’Irlande, 1907)
Un projet de l'Institut ILIADE pour la longue mémoire européenne
Nous menons un travail long et exigeant afin d'assurer la qualité des milliers de citations que nous vous proposons. Tout cela a un coût que vous pouvez nous aider à supporter en faisant un don.
« Dans la verte vallée ou la montagne,
Nos pères ont lutté avant nous. »
A Soldier’s Song – La chanson d’un soldat – Amhràn na bhFiann (hymne national de la République d’Irlande, 1907)
« La racine, puisque c’est bien d’elle dont il est question, est la même d’éthos (coutume) et èthos (demeure). Pas d’éthique que ne s’enracine dans une maison. Chez Homère, le pluriel ta èthéa désigne les lieux où habitent troupeaux et bergers, leur séjour – le mot s’apparente donc à ho nomos, originellement la pâture, le pâturage – et au singulier, chez Hésiode et Hérodote, l’habitation des hommes, la sûreté de la place où l’on est. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« Hommes, femmes, dieux ou déesses, chefs de clan, représentation de la Grande Mère, gardiens des seuils, des morts ou des vivants, œuvres d’art ou de culte, les hypothèses ne manquent pas sans qu’il ait été possible, à ce jour, d’en mettre une en exergue qui invaliderait ou amoindrirait la valeur des autres. Quoi qu’il en soit, les statues-menhirs sont œuvres de mon profond peuple primitif, signes à nous envoyés par-delà les temps, présences muettes gravées dans la pierre immuable qui désignent au moins la permanence d’un long peuplement. Fichées en terre, enracinées, elles bornent notre mémoire commune, blocs rocheux semés qui balisent un chemin de campagne dont nous avons perdu le sens mais dont nous conservons la présence éclatée. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« Dès lors que l’affirmation identitaire est une réaction aux flux, à la mondialisation hors-sol, elle reste prisonnière des termes qu’elle combat, comme la contre-révolution de la révolution ou l’alter-mondialisme de la mondialisation. En tant que telle, elle s’inscrit jusqu’à un certain point dans le dispositif. Un positionnement autre – un déplacement, un vacillement ou un détour – permettent d’échapper à cette assignation et de redevenir ce que l’on est. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« Dans la démocratie marchande, l’identité est une part de marché et de l’« offre politique » parmi d’autres, comme la sécurité ou la souveraineté, ni plus, ni moins. La loterie électorale n’est qu’un divertissement, un opium dont les effets, d’ailleurs, s’amenuisent. Ainsi la seule fonction d’un parti aux prétentions révolutionnaires, en cas de crise grave, serait d’ordonner : « Il faut savoir terminer une grève ». Les dés sont pipés ; il ne faut plus jouer mais vivre et penser. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« L’enracinement implique une dimension communautaire et organique, mais, aussi, la conscience d’un héritage à faire fructifier, donc, la mémoire d’une dette à l’endroit de ceux qui nous ont précédés : l’homme se pense lui-même comme un débiteur, non un créancier, un homme de devoirs avant d’être un sujet de droits. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« Sartre hait la génération et les généalogies, les pères, les mères et les enfants, comme le lui commande le néant visqueux auquel il voue un culte. »
Rémi Soulié
Racination, éditions Pierre Guillaume de Roux, 2018
« Un pays qui n’a plus de légendes, dit le poète, est condamné à mourir de froid. C’est bien possible. Mais un peuple qui n’aurait pas de mythes serait déjà mort. La fonction de la classe particulière de récits que sont les mythes est en effet d’exprimer dramatiquement l’idéologie dont vit la société, de maintenir devant sa conscience non seulement les valeurs qu’elle reconnaît et les idéaux qu’elle poursuit de génération en génération, mais d’abord son être et sa structure mêmes, les éléments, les liaisons, les équilibres, les tensions qui la constituent, de justifier enfin les règles et les pratiques traditionnelles sans quoi tout en elle se disperserait. »
Georges Dumézil
Heur et malheur du guerrier, Presses universitaires de France, 1969, éditions Flammarion, coll. Champs, 1999
« Ris donc ennemi féroce !
Mais prend garde car tout trépasse !
Seule la gloire ne s’éteindra pas ;
Elle ne s’éteindra pas, et racontera
Ce qui est advenu en ce monde,
Qui avait raison et qui avait tort,
Et de qui nous sommes les fils. »
Taras Chevtchenko
Kobzar (Кобзар), 1840, trad. de l’ukrainien par D. Clarinard, J. Horetska, E. Massis, S. Maillot et T. Sirotchouk, éditions Bleu & Jaune, 2015
« Si, aujourd’hui, il n’est guère envisageable d’inverser rapidement le processus des déconstructeurs, du moins est-il possible de faire ce salutaire pas de côté, vers un ailleurs où transcender nos héritages. »
Anne-Laure Blanc
Pour un renouveau artistique : l’exigence de la beauté in Pour un réveil européen, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Iliade, 2020
« Ça y est, c’est le bonheur, hein ? Il y a du saucisson et des bananes. On se vautre dans la merde et on ne bouffe que de la nourriture importée. Au lieu d’une Patrie, on a un immense supermarché. »
Svetlana Aleksievitch
La fin de l’homme rouge ou le temps du désenchantement (Время секонд хэнд (Конец красного человека)), trad. Sophie Benech, éditions Actes Sud, 2013
« Il y a des moments où il faut choisir entre vivre sa propre vie pleinement, entièrement, complètement, ou traîner l’existence dégradante, creuse et fausse que le monde, dans son hypocrisie, nous impose. »
Oscar Wilde
Aphorismes, 1904, trad. Christophe Beslon, éditions Fayard, coll. 1001 Nuits, 2020