« Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en imagine ta philosophie. »
William Shakespeare
Hamlet (The Tragical History of Hamlet, Prince of Denmark), 1598 – 1601
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« Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n’en imagine ta philosophie. »
William Shakespeare
Hamlet (The Tragical History of Hamlet, Prince of Denmark), 1598 – 1601
« Tout naturalisme dans la morale, c’est-à-dire toute saine morale, est dominée par l’instinct de vie, — un commandement de la vie quelconque est rempli par un canon déterminé d’ “ordres” et de “défenses”, une entrave ou une inimitié quelconque, sur le domaine vital, est ainsi mise de côté. La morale antinaturelle, c’est-à-dire toute morale qui jusqu’à présent a été enseignée, vénérée et prêchée, se dirige, au contraire, précisément contre les instincts vitaux –, elle est une condamnation, tantôt secrète, tantôt bruyante et effrontée, de ces instincts. […] Toute faute, d’une façon ou d’une autre, est la conséquence d’une dégénérescence de l’instinct, d’une désagrégation de la volonté : par là on définit presque ce qui est mauvais. Tout ce qui est bon sort de l’instinct – et c’est, par conséquent, léger, nécessaire, libre. »
Friedrich Nietzsche
Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau (Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert), 1888, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2005
« Les nuits étaient déjà froides et annonçaient l’hiver. Les étoiles avaient perdu leur tremblotement estival et leur éclat était net et fixe : au cœur de la nuit elles allaient innombrables. Dans ce profond silence on percevait le vol des oiseaux migrateurs et le passage du temps. C’étaient des nuits faites pour marcher sans fin, avec bonheur. »
Mario Rigoni Stern
Sentiers sous la neige (Sentieri soto la neve), 1998, trad. Monique Baccelli, éditions La Fosse aux ours, 2000
« Le jeune être qui venait à nous était ivre de printemps. La tête rejetée en arrière, il se laissait entièrement inonder par les flots du soleil de mai, immobile en eux, il était là, les bras allongés en toute liberté et les mains ouvertes. Ses lèvres s’ouvrirent à la ferveur des vers goethéens, qui, libres et légers, s’envolaient de ses lèvres comme s’il venait de trouver les mots éternels »
Walter Flex
Le pèlerin entre deux mondes (Der Wanderer zwischen beiden Welten), 1916, trad. Philippe Marcq, éditions ACE, 2020
« Je n’ai pas cru que tes lois pussent l’emporter sur les lois non écrites et immuables des dieux. »
Sophocle
Antigone, 441 av. notre ère
« Légitime, légal : s’il existe deux mots pour exprimer la notion générale de conformité à la loi, c’est bien qu’ils en traduisent des aspects différents. Il y a en effet lois et lois : celles que les hommes fabriquent à leur guise, et celles dont l’homme n’est pas maître, qui s’imposent à lui parce qu’elles sont les lois de sa nature ou de sa vocation. Est légitime ce qui se rapportent à celles-ci, légal ce qui se rapporte à celles-là. Les lois de la nature et de la civilisation sont intangibles. Vis-à-vis d’elles, l’homme n’a qu’un pouvoir, mais qui ne les affecte pas, celui de les reconnaître ou de les nier. Mais, suivant celle des deux attitudes qu’il adopte quand il légifère, il établit une légalité légitime ou illégitime. »
Louis Daménie
« La Cathédrale effondrée », in Cahiers de l’Ordre Français, 1962
« Il est de par le monde infiniment de ces points spirituels qui ne sont pas encore révélés, pareils à ces âmes voilées dont nul n’a reconnu la grandeur. Combien de fois, au hasard d’une heureuse et profonde journée, n’avons-nous pas rencontré la lisière d’un bois, un sommet, une source, une simple prairie, qui nous commandaient de taire nos pensées et d’écouter plus profond que notre cœur ! Silence ! Les dieux sont ici. »
Maurice Barrès
La colline inspirée, 1913, éditions du Rocher, 2005
« Le libéralisme a donné une extension planétaire au principe du pillage, du rapt et du vol : son génie est de le faire au nom du droit, du développement et du contrat. »
Hervé Juvin
La grande séparation, éditions Gallimard, 2013
« J’appelle corrompu un animal, une espèce, ou un individu qui a perdu ses instincts. »
Friedrich Nietzsche
L’Antéchrist, Imprécation contre le christianisme, (Der Antichrist, Fluch auf das Christentum), 1896, trad. Eric Blondel, éditions Garnier-Flammarion, 1994
« La nature et l’histoire sont foncièrement immorales. »
Friedrich Nietzsche
Aurore, Réflexions sur les préjugés moraux (Morgenröte, Gedanken über die moralischen Vorurteile), 1881, trad. Eric Blondel, éditions Garnier-Flammarion, 2012
« Nous avons perdu notre âme parce que nous avons perdu le sens des valeurs communes qui formaient l’antique “sagesse” de nos peuples. Il nous faut faire revivre l’âme des Hyperboréens et “redéfinir” Dieu. Car le sacré ne se trouve pas hors de nous, mais en nous. Car Dieu n’est pas du Ciel, mais de la Terre. Car il ne nous attend pas après la mort, mais nous offre la création de la vie. Dieu n’est pas surnaturel et il n’est pas transcendant. Il est au contraire la Nature et la Vie. Il est dans le soleil et dans les étoiles, dans le jour et dans la nuit, dans les arbres et dans les flots. Dieu naît avec les fleurs et meurt avec les feuilles. Dieu respire avec le vent et nous parle dans le silence de la nuit. Il est l’aurore et le crépuscule. Et la brume. Et l’orage.
Dieu s’incarne dans la Nature. La Nature s’épanouit sur la Terre. La terre se perpétue dans le Sang.
Nous savons, depuis Héraclite, que la vie est un combat et que la paix n’est que la mort. Notre religion se veut d’abord culte des héros, des guerriers et des athlètes. Nous célébrons, depuis les Grecs, les hommes différents et inégaux. Notre monde est celui du combat et du choix, non celui de l’égalité. L’univers n’est pas une fin mais un ordre. La nature diversifie, sépare, hiérarchise. L’individu, libre et volontaire devient le centre du monde. Sa plus grande vertu reste l’orgueil – péché suprême pour la religion étrangère. Dans notre conception tragique de la vie, la lutte devient la loi suprême. Est un homme véritable celui qui s’attaque à des entreprises démesurées. Une même ligne de crêtes unit Prométhée à Siegfried. »
Jean Mabire
Thulé : le soleil retrouvé des Hyperboréens, éditions Robert Laffont, 1978, éditions Pardès, 2002