« La force respecte la force et écrase les faibles. »
Bernard Barrera
Opération Serval, Notes de guerre – Mali 2013, éditions du Seuil, 2015
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« La force respecte la force et écrase les faibles. »
Bernard Barrera
Opération Serval, Notes de guerre – Mali 2013, éditions du Seuil, 2015
« J’ai choisi l’océan comme terrain de confrontation, comme terrain de bataille, car l’océan, c’est la réalité dans ce qu’elle a de plus dur, de plus exigeant. Pour lutter contre son pouvoir terrifiant, les valeurs humaines telles que l’intelligence, l’expérience et une inflexible volonté de vaincre sont mes armes. »
Gérard d’Aboville
Cité dans Carnets d’aventures, présentés par Sylvain Tesson, La Guilde européenne du raid / Presses de la Renaissance, 2007
« Pour moi, noblesse est synonyme d’une vie vouée à l’effort ; elle doit toujours être préoccupée à se dépasser elle-même, à hausser ce qu’elle est déjà vers ce qu’elle propose comme devoir et comme exigence. De cette manière, la vie noble reste opposée à la vie médiocre ou inerte, qui, statistiquement, se referme sur elle-même, se condamne à une perpétuelle immanence tant qu’une force extérieure ne l’oblige à sortir d’elle-même. C’est pourquoi nous appelons masse, ce type d’homme, non pas tant parce qu’il est multitudinaire que parce qu’il est inerte. »
José Ortega y Gasset
La révolte des masses (La rebelión de las masas), 1929, trad. Louis Parrot, éditions Stock, 1937
« En parcourant le camp, Achille fait armer ses guerriers myrmidons. On croirait voir des loups carnassiers, le cœur plein d’une indicible ardeur, qui vont dans la montagne attaquer le grand cerf ramé, puis le dévorent – de tous, le sang rougit alors les bajoues ; en bande, ils vont laper l’eau noire d’une source avec leurs langues minces, tout en crachant le sang de la bête égorgée, car, si leur cœur reste intrépide en leur poitrine, leur ventre est oppressé : ainsi, les conducteurs et les chefs des Myrmidons accourent tous auprès du vaillant écuyer d’Achille aux pieds rapides. Au milieu d’eux se tient l’Eacide fougueux ; il stimule les chars et les hommes en armes. »
Homère
Iliade, Chant XVI, Préparatifs des Myrmidons, vers 800 – 725 av. notre ère
« Quand des hommes combattent sur un plan supérieur, spirituel, ils intègrent la mort dans leur stratégie. Ils acquièrent quelque chose d’invulnérable ; la pensée que l’adversaire veut leur destruction physique n’est, par conséquent, plus effrayante pour eux. […] Il y a des moments dans l’histoire où des hommes saisissent la mort comme un bâton de commandement. Dans le procès des Templiers, par exemple, où le Grand Maître de l’Ordre montre soudainement le vrai rapport entre lui et les juges — ainsi un navire laisse tomber son camouflage et s’offre, avec ses pavillons et ses canons, au regard stupéfait. Le soir même, il fut brûlé vif, mais on posta des gardes, dès cette nuit, à l’endroit du bûcher pour empêcher le peuple d’y venir chercher des reliques. La poussière elle-même fait peur aux tyrans ; elle aussi doit disparaître. »
Ernst Jünger
Premier journal parisien (in Strahlungen), 1949, éditions Le Livre de poche, 1998
« Une tête sans mémoire est une place sans garnison. »
Napoléon Bonaparte
Virilités, maximes et pensées compilées par Jules Bertaut, éditions Sansot et Cie, 1912
« Pourquoi si mous, si fléchissants, si mollissants ? Pourquoi y a‑t‑il tant de reniement, tant d’abnégation dans votre cœur ? Si peu de destinée dans votre regard ? […] Ô mes frères, je place au-dessus de vous cette table nouvelle : Devenez durs ! »
Friedrich Nietzsche
Le marteau parle in Ainsi parlait Zarathoustra – Un livre pour tous et pour personne (Also sprach Zarathustra – Ein Buch für Alle und Keinen), 1883 – 1885, trad. Geneviève Blanquis, éditions Garnier-Flammarion, 2006
« Les dieux – entendez les passions qui nous donneront la force non raisonnée de vivre – ne viendront que si nous les méritons. Dans l’état sinistre où nous sommes, je ne peux que me demander – et ne vous demander, à vous, petit nombre – qu’une disposition à les accueillir. Ne pas succomber, ne pas rompre. Ne pas plier les genoux. Ne pas accepter la défaite qui en nous s’installe. Récuser la laideur qui nous lèche, en vue de jouissances immondes, de sa langue tiède. Dire non pour sauver l’éclat de notre oui. Notre courage, pour l’heure, est seul en cette forêt. Que faire ? Défricher. Tracer un sentier et, là-bas, au loin, qui vers nous s’avancera ? Je ne le sais pas. Personne en tout cas si nous ne nous efforçons pas d’ouvrir la voie. Quelqu’un peut-être, si nous avons battu le sentier et si nous sommes quelques-uns à toujours le garder ouvert, afin que les jungles toujours recommencées ne l’engloutissent. Et si nous sommes toujours obligés de tailler et d’élaguer, qu’importe ! »
Jean Cau
La grande prostituée, éditions de La Table Ronde, 1974
« En 1665, un capitaine corsaire fut chargé par les armateurs malouins de protéger leurs navires des attaques barbaresques. Ayant été capturé, il se vit offrir par le dey d’Alger d’aller porter à Louis XIV des propositions de paix. La vie d’une centaine d’esclaves français cautionnait sa démarche et l’obligation de revenir reprendre ses chaînes en cas d’insuccès. Il alla à Versailles. L’offre du dey ayant été rejetée, il passa par Saint-Malo, mit ses affaires en ordre et fit ses adieux à sa famille. Puis il retourna en Afrique. Le dey le fit exécuter, attaché à la gueule d’un canon. Il s’appelait Pierre Porcon de la Barbinais. Son nom est oublié. »
Dominique Venner
Histoire et tradition des Européens, Éditions du Rocher, coll. Histoire, 2002
« Rien de bien ne se fait couché ou assis ! Seul, l’homme debout fait du bon travail, et c’est quand il marche qu’il pense droit ! Garde toi de ne rien faire le cul sur une chaise ou sur un lit, sinon de manger, dormir ou reposer ! Si tu veux comprendre, débattre sainement, imaginer, organiser ta pensée, concevoir et décider : Marche ! Marche, tu verras ! »
Henri Vincenot
Les étoiles de Compostelle, éditions Denoël, 1982
« Car, qu’est-ce que la liberté ? C’est avoir la volonté de répondre de soi. C’est maintenir les distances qui nous séparent. C’est être indifférent aux chagrins, aux duretés, aux privations, à la vie même. C’est être prêt à sacrifier les hommes à sa cause, sans faire exception de soi-même. Liberté signifie que les instincts virils, les instincts joyeux de guerre et de victoire, prédominent sur tous les autres instincts, par exemple sur ceux du « bonheur ». L’homme devenu libre, combien plus encore l’esprit devenu libre, foule aux pieds cette sorte de bien-être méprisable dont rêvent les épiciers, les chrétiens, les vaches, les femmes, les Anglais et d’autres démocrates. L’homme libre est guerrier. — À quoi se mesure la liberté chez les individus comme chez les peuples ? À la résistance qu’il faut surmonter, à la peine qu’il en coûte pour arriver en haut. Le type le plus élevé de l’homme libre doit être cherché là, où constamment la plus forte résistance doit être vaincue : à cinq pas de la tyrannie, au seuil même du danger de la servitude. »
Friedrich Nietzsche
Crépuscule des idoles ou Comment on philosophe avec un marteau (Götzen-Dämmerung oder wie man mit dem Hammer philosophiert), 1888, trad. Patrick Wotling, éditions Garnier-Flammarion, 2005
« Le Rebelle a pour devise hic et nunc, car il est l’homme des coups de main, libre et indépendant. Nous avons vu que nous ne pouvons comprendre sous ce type humain qu’une fraction des masses ; et pourtant, c’est ici que se forme la petite élite, capable de résister à l’automatisme, qui tiendra en échec le déploiement de la force brute. C’est la liberté ancienne, vêtue à la mode du temps : la liberté substantielle, élémentaire, qui se réveille au cœur des peuples quand la tyrannie des partis ou des conquérants étrangers pèse sur leurs pays. Il ne s’agit pas d’une liberté qui proteste ou émigre, mais d’une liberté qui décide d’engager la lutte.
C’est une distinction qui agit sur la sphère des croyances. Le Rebelle ne peut se permettre l’indifférence, signe d’une époque révolue, au même titre que la neutralité des petits États ou la détention en forteresse pour délit politique. Le recours aux forêts mène à de graves décisions. Le Rebelle a pour tâche de fixer la mesure de liberté qui vaudra dans des temps à venir, en dépit de Léviathan. Adversaire dont il n’entamera pas le pouvoir à coups de concepts.
La résistance du Rebelle est absolue : elle ne connaît pas de neutralité, ni de grâce ni de détention en forteresse. Il ne s’attend pas à ce que l’ennemi se montre sensible aux arguments, encore moins à ce qu’il s’astreigne à des règles chevaleresques. Il sait aussi qu’en ce qui le concerne, la peine de mort n’est pas supprimée. Le Rebelle connaît une solitude nouvelle, telle que l’implique avant tout l’épanouissement satanique de la cruauté – son alliance avec la science et le machinisme, qui fait apparaître dans l’histoire, non pas un élément nouveau, mais des manifestations nouvelles. »
Ernst Jünger
Traité du rebelle ou le recours aux forêts (Der Waldgang), 1951, trad. Henri Plard, Christian Bourgois éditeur, 1995