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Citations d’un auteur français

Une civilisation est, me semble-t-il…

« Une civi­li­sa­tion est, me semble-t-il, une sorte d’é­tat de grâce ou l’au­to­ri­té tuté­laire, au lieu d’é­touf­fer ses aspi­ra­tions, offre à l’homme de la Cité, pro­tec­tion et liber­té. Par pro­tec­tion”, j’en­tends un cer­tain nombre de règles de vie en socié­té qui restreignent nos liber­tés les plus anar­chiques, pour que s’é­pa­nouissent la spi­ri­tua­li­té dans cer­tains cas, dans d’autres la créa­tion artis­tique (expres­sion très géné­rale) qui est une des nobles aspi­ra­tions de l’homme sur cette terre. Même les artistes les plus athées, les plus dépour­vus de spi­ri­tua­li­té sont encore des croyants, ou alors, c’est que leur œuvre est sans âme. L’é­qui­libre à trou­ver entre la main de velours et l’ou­ver­ture à toutes les créa­tions et un des plus dif­fi­ciles pro­blèmes de ces der­niers siècles. On en connait peu d’exemples depuis l’An­ti­qui­té, je par­le­rais volon­tiers, dans ce cas, d’har­mo­nie, une har­mo­nie qui pour les bien­heu­reux pos­sé­dés par la foi se nimbe du mys­tère de la poé­sie, puis, pour les autres, est le ter­rain idéal de la spé­cu­la­tion esthé­tique et philosophique. »

Michel Déon
L’Herne Déon, Cahier diri­gé par Lau­rence Tacou, Édi­tions de l’Herne, 2009

Il n’y a pas d’islam modéré…

« Il y a des musul­mans modé­rés. Il n’y a pas d’islam modé­ré. Les musul­mans ne sont pas tous des isla­mistes mais tous les isla­mistes sont des musul­mans. La dif­fé­rence entre un isla­miste et un musul­man, c’est que l’islamiste est un musul­man pres­sé. Impa­tient de sou­mettre le monde à Allah. Impa­tient d’appliquer le coran. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

Dans les nuits d’angoisse…

« Dans les nuits d’angoisse, jamais les livres ne m’ont à ce point sem­blé des com­pa­gnons. Sans eux, serais-je debout ? Étrange sen­sa­tion d’entendre les élites poli­tiques se van­ter de ne plus jamais lire (la cyber girl Fleur Pel­le­rin, par exemple) et pro­mettre avec enthou­siasme, l’avènement de géné­ra­tions ultra-connec­tées. »

Syl­vain Tesson
Une très légère oscil­la­tion, jour­nal 2014 – 2017, édi­tions des Équa­teurs, 2017

Un haut lieu…

« Un haut lieu, dit-il, c’est un arpent de géo­gra­phie fécon­dé par les larmes de l’His­toire, un mor­ceau de ter­ri­toire sacra­li­sé par un geste, mau­dit par une tra­gé­die, un ter­rain qui, par-delà les siècles, conti­nue d’ir­ra­dier l’é­cho des souf­frances tues ou des gloires pas­sées. C’est un pay­sage béni par les larmes et le sang. Tu te tiens devant et, sou­dain, tu éprouves une pré­sence, un sur­gis­se­ment, la mani­fes­ta­tion d’un je-ne-sais-quoi. C’est l’é­cho de l’His­toire, le rayon­ne­ment fos­sile d’un évé­ne­ment qui sourd du sol, comme une onde. Ici, il y a eu une telle inten­si­té de tra­gé­die en un si court épi­sode de temps que la géo­gra­phie ne s’en est pas remise. Les arbres ont repous­sé, mais la Terre, elle, conti­nue de souf­frir. Quand elle boit trop de sang, elle devient un haut lieu. Alors, il faut la regar­der en silence car les fan­tômes la hantent. »

Syl­vain Tesson
Bere­zi­na, édi­tions Gué­rin, 2015

À chaque fois que j’entre sous le vieux porche…

« À chaque fois que j’entre sous le vieux porche [d’une cathé­drale], mar­qué par les vicis­si­tudes de la pierre souf­frante, déca­pi­tée, je res­sens en moi char­nel­le­ment, qui vibre, toute une France des hautes nefs immé­mo­riales, une foule chan­tante, un grouille­ment d’âmes simples, un hymne à l’unité pro­fonde de la sym­pho­nie mil­lé­naire, l’accord par­fait du burin sur la pierre et du souffle de l’esprit. C’est une grande émo­tion que cette pré­sence de l’œuvre vive, une res­pi­ra­tion qui ne s’étaient pas. Des ombres qui se lèvent le long des colonnes. Des géants. Des gisants de géants. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

Le réveil nécessaire s’inscrit dans le combat pour sa langue…

« Le réveil néces­saire s’inscrit, pour cha­cun de nos pays, dans le com­bat pour sa langue face au sabir glo­bish que le sys­tème tend à impo­ser. Tout autant dans le com­bat pour l’Histoire à un moment où cer­tains his­to­riens, aveu­glés par l’idéologie, nous incitent à nous débar­ras­ser du poi­son de l’identité” et à nous recon­naître dans une his­toire glo­bale et connec­tée”, à renon­cer au roman natio­nal décrit comme une pure construc­tion idéo­lo­gique tota­le­ment illé­gi­time pour rendre compte des len­de­mains qui chantent” à venir… »

Phi­lippe Conrad
Rele­ver le défi migra­toire, rendre à l’Europe son iden­ti­té, allo­cu­tion au troi­sième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 9 avril 2016

La France a été expropriée…

« La France a été expro­priée de chez elle. Si elle regagne ses pénates et recouvre sa mémoire, l’esprit retrou­ve­ra son rayon­ne­ment et sa force d’attraction.
Il faut relire la fable du riche Labou­reur” qui sen­tait sa mort pro­chaine et fit venir ses enfants :
Gar­dez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont lais­sé nos parents.
Un tré­sor est caché dedans. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

L’assise de la France…

« L’assise de la France tient à ce dépôt mil­lé­naire, elle tient à ce qu’elle existe autant par des mil­lions d’hommes vivants que par un mil­liard d’hommes morts. La vraie assise, la voi­là. Quand on est du même champ, alors on est pour tou­jours du même temps. »

Phi­lippe de Villiers
Les cloches son­ne­ront-elles encore demain ?, Albin Michel, 2016

Travaux et arts, nations et civilisations…

« (…) Que dit la Nature ? Dans son ample conseil où toutes les res­sources de la vie sont conviées et mises en action, rien ne pré­vaut sur le main­tien et la pro­tec­tion du toit domes­tique, car c’est de là, palais royal ou simple cabane, que tout est sor­ti : tra­vaux et arts, nations et civi­li­sa­tions. »

Charles Maur­ras
Mes idées poli­tiques, 1937, Édi­tions L’Âge d’Homme, 2002, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, 2023

La société est tiède et le confort nous affaiblit…

« Oui, la socié­té est tiède et le confort nous affai­blit mais beau­coup d’hommes et de femmes redé­couvrent la nature, l’effort, le com­bat. Qui ne voit le déve­lop­pe­ment des sports extrêmes” : la course au large, le trail, les par­cours le long des crêtes, le wing­suit, c’est-à-dire le rêve d’Icare enfin réa­li­sé ? Qui ne voit le regain des ran­don­nées au long cours Sur les che­mins noirs de la France, les routes d’Europe ou les pèle­ri­nages de Chartes ou de Com­pos­telle ? Qui ne voit l’intérêt crois­sant des nôtres pour les sports de défense : tir ou boxe ? À l’instar de ce qui se pas­sa au XIXe siècle quand les socié­tés de gym­nas­tique furent un élé­ment cen­tral du réveil des peuples. »

Jean-Yves Le Gallou
Après le der­nier homme, l’Européen de demain !, allo­cu­tion au qua­trième col­loque de l’Institut Iliade, Paris, Mai­son de la Chi­mie, 18 mars 2017

Il était pour ces gens plus facile d’imaginer un monde peuplé d’esprits…

« Même si cela peut paraître étrange, il était pour ces gens plus facile d’imaginer un monde peu­plé d’esprits malins que de conce­voir des astro­nautes posant le pied sur la Lune. Mais après tout, nos propres ancêtres, avant que nous don­nions des leçons de ratio­na­lisme à l’humanité tout en rem­plis­sant nos stades de foules hys­té­riques et en nour­ris­sant nos her­bi­vores de cadavres réduits en poudre, n’étaient-ils pas par­tis dans la pous­sière des routes orien­tales déli­vrer le tom­beau d’un dieu mort et res­sus­ci­té ? »

Erik L’Homme
Des pas dans la neige. Aven­tures au Pakis­tan, édi­tions Gal­li­mard Jeu­nesse, coll. Pôle fic­tion, 2010

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