« Quand la télévision te montre le monde, ce n’est pas le monde que tu vois mais ce que la télévision t’en montre. »
Erik L’Homme
Le regard des princes à minuit, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2014
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« Quand la télévision te montre le monde, ce n’est pas le monde que tu vois mais ce que la télévision t’en montre. »
Erik L’Homme
Le regard des princes à minuit, éditions Gallimard Jeunesse, coll. Scripto, 2014
« Quand du haut de notre siège élevé nous regardions les séjours que l’homme a bâtis pour y cacher sa vie, son bonheur, ses nourritures, ses religions, alors tous les siècles fondaient à nos yeux en une seule réalité. Et les morts, comme si les tombes s’étaient ouvertes, surgissaient invisiblement. Ils nous environnent dès que notre regard se pose avec amour sur une terre à l’antique culture, et tout comme leur héritage est vivant dans la pierre et dans le sillon, leur âme très ancienne est présente sur les terres et les campagnes. »
Ernst Jünger
Sur les falaises de marbre (Auf den Marmorklippen) 1939, trad. Henri Thomas, éditions Gallimard 1942, coll. L’Imaginaire, 2017
« En matière de langage, qui est l’objet principal de la littérature, il est clair que les mots se dégradent perpétuellement. Ils cessent de dire ce qu’ils signifient ou de signifier ce qu’ils disent ; ils commencent toujours par signifier quelque chose qui non seulement est tout à fait différent, mais encore beaucoup moins défini et beaucoup moins fort. Et dans cette chute des symboles choisis par l’homme, pourrait bien se trouver un symbole de sa propre chute. Il a une difficulté à maîtriser sa langue, non seulement en tant qu’organe de la parole, mais dans le sens de langage parlé. Presque toujours s’il n’y prête pas attention, ce langage s’affole ou, pire encore, s’affaiblit. »
Gilbert Keith Chesterton
À bâtons rompus, propos débridés, trad. Maurice Le Péchoux, Éditions L’Âge d’Homme, 2010
« Le conte de fées envisage ce qu’un homme saint d’esprit ferait dans un monde de fous. Le roman réaliste et prudent d’aujourd’hui envisage ce qu’un homme essentiellement fou ferait dans un monde insignifiant. »
Gilbert Keith Chesterton
Orthodoxie, 1908, trad. Lucien d’Azay, éditions Flammarion, coll. Climats, 2010
« Sentinelle, sentinelle, c’est en marchant le long des remparts dans l’ennui du doute qui vient des nuits chaudes, c’est en écoutant les bruits de la ville quand la ville ne te parle pas, c’est en surveillant les demeures des hommes quand elles sont morne assemblage, c’est en respirant le désert autour quand il n’est que vide, c’est en t’efforçant d’aimer sans aimer, de croire sans croire, et d’être fidèle quand il n’est plus à qui être fidèle, que tu prépares en toi l’illumination de la sentinelle, qui te viendra parfois comme récompense et don de l’amour. »
Antoine de Saint-Exupéry
Citadelle, éditions Gallimard, coll. Blanche, 1948, coll. Folio, 2000
« L’homme lutte, se démène, navigue au rebours des éléments, se bat mais ne pratique pas cette activité si cartésienne, si moderne, si française : récriminer contre son sort, chercher des coupables à sa propre faillite, se défausser de ses responsabilités et barbouiller finalement un mur avec son petit pinceau pour expliquer au monde “qu’il est interdit d’interdire”. Cette capacité d’accueillir ce qui doit advenir rend l’homme grec fort. Fort parce que disponible. »
Sylvain Tesson
Un été avec Homère, éditions des Équateurs, 2018
« Certains hommes distinguent le merveilleux quand d’autres ne le voient pas. Homère indique que nous ne sommes pas égaux devant le sort. Certains sont les favoris des dieux, d’autres pas. Certains discernent le chatoiement dans les interstices du merveilleux. D’autres n’ont pas la double vision. Certains déchiffrent le réel, d’autres se contentent de le regarder. »
Sylvain Tesson
Un été avec Homère, éditions des Équateurs, 2018
« Qu’est-ce que la société ? Le nom donné à ce faisceau de courants extérieurs qui pèsent sur le gouvernail de notre barque pour nous empêcher de la mener où bon nous semble. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« La contemplation, c’est le mot que les gens malins donnent à la paresse pour la justifier aux yeux des sourcilleux qui veillent à ce que “chacun trouve sa place dans la société active”. »
Sylvain Tesson
Dans les forêts de Sibérie, éditions Gallimard, 2011
« Le monde occidental (…) a, depuis beau temps, perdu le sens de sacré. »
Henri Vincenot
Le sang de l’Atlas, éditions Denoël, 1975
« Misère ! Pensais-je, nous voulons jouer à Robin des Bois et nous ne savons même pas couper un arbre ! »
Henri Vincenot
Walther, ce boche mon ami, éditions Denoël, 1954