« La verticale du pouvoir est la seule réponse satisfaisante, l’unique capable de calmer l’angoisse de l’homme exposé à la férocité du monde. »
Giuliano da Empoli
Le mage du Kremlin, éditions Gallimard, 2022
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« La verticale du pouvoir est la seule réponse satisfaisante, l’unique capable de calmer l’angoisse de l’homme exposé à la férocité du monde. »
Giuliano da Empoli
Le mage du Kremlin, éditions Gallimard, 2022
« Pourquoi parle-t-on plus des valeurs républicaines que des valeurs démocratiques ? La réponse est simple : c’est que la démocratie, c’est la souveraineté populaire, c’est le peuple, et que c’est du peuple que les élites dominantes ne veulent plus entendre parler. »
Jacques Julliard
« Pourquoi la gauche s’effondre », Éléments n°159, mars 2016
« Péguy a été un prophète. L’argent a toujours joué un rôle dans la vie des sociétés, bien entendu, mais il coexistait avec d’autres systèmes, le système de l’honneur dans les classes aristocratiques, le système de la solidarité dans les classes populaires, le système de la charité dans l’ordre chrétien. Ce que Péguy appelle le monde moderne, c’est le moment où le système de l’argent l’emporte définitivement sur tous les autres et devient l’étalon universel. Le capitalisme, de ce point de vue, est moins le système de l’appropriation privée des moyens de production que le système de l’équivalence universelle représentée par l’argent. »
Jacques Julliard
« Pourquoi la gauche s’effondre », Éléments n°159, mars 2016
« Le rationalisme progressiste s’accommode de tout. Il ignore la nature des choses comme il ignore l’instinct. Le « progrès » pose des définitions. Il ne voit pas l’animal et ses lois. Et tout peut sortir des définitions. L’élasticité morale du monde moderne est infinie, ses formes d’expression également. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, éditions Les Sept Couleurs, éditions Kontre Kulture, 2019
« Conscience, instinct non pas divin mais générosité du cœur, fille de la rage, paroles et fumées qui s’élèvent du sang, fierté qui sort des naseaux furieux, tu es la source de toute pureté et de toute intransigeance, de toi procèdent tout courage et toute révolte. Tu es la petite Antigone qui se lève devant le prince injuste. Tu es la main qui panse les blessures, tu es la sœur bien-aimée qui se penche sur le front des morts sacrifiés. Tu es la consolatrice et la certitude. Tu es la source fraîche à laquelle vont boire les vaincus. Tu es la douceur et le refuge et tu es aussi la déesse qui ne plie pas sous le fouet des hommes. Tu marches devant la mort et sur les genoux, sur tes genoux d’enfant pure, nous cachons notre tête blessée à l’heure où s’approche la Moissonneuse sans regard. Conscience, fille de Dieu, nous déroulerons éternellement devant tes pas le tapis qui mène jusqu’à nos âmes. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, éditions Les Sept Couleurs, éditions Kontre Kulture, 2019
« Il y a chez les hommes une sorte de pensée qui engage l’être tout entier. A certains moments, nous sentons bien que ce n’est plus le cerveau seul qui décide, mais quelque chose en nous de plus profond. C’est un mouvement de tout l’être qui nous dicte le refus ou qui accepte. Cette pensée instinctive sommeille chez l’homme. Elle est végétative, elle est lente, elle se manifeste par le malaise et l’inquiétude et il faut du temps pour qu’elle devienne claire : tandis que la pensée grégaire qui s’exprime dans les journaux et dans les discours des académiciens mène une danse allègre et fait entendre partout ses flûtes et ses grelots. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, éditions Les Sept Couleurs, éditions Kontre Kulture, 2019
« Nos libertés ne sont que des chaînes plus ou moins longues qui nous attachent à la niche. »
Maurice Bardèche
Sparte et les Sudistes, 1969, éditions Les Sept Couleurs, éditions Kontre Kulture, 2019
« Il n’y a pas de dictateur plus sanguinaire que le peuple ; seule la main sévère mais juste du chef peut en tempérer la fureur. »
Giuliano da Empoli
Le mage du Kremlin, éditions Gallimard, 2022
« La mort, en soi, n’est peut-être pas une chose si horrible, après tout. Nous l’aurons tous. Mais malheur à nous si nous savons, même si c’est dans un siècle ou deux siècles, le temps précis où elle viendra. »
Dino Buzzati
Équivalence, in Les nuits difficiles, nouvelles, 1971, trad. Michel Sager, éditions Robert Laffont, Coll. Pavillon, 1972
« Ce n’est que dans l’activité résolue que nous trouvons une suspension d’égoïsme dépassant le dévouement conventionnel. »
Christopher Lasch
Les femmes et la vie ordinaire (Women and the Common Life), 1997, éditions Flammarion, coll. Champs, 2018
« Rien n’est jamais acquis par avance de ce qui adviendra. Tout est à faire, chaque jour, par chacun et pour sa Cité. Le devenir, en résumé, n’est pas sans repères ; il est seulement sans programme acquis par avance ; c’est la première des leçons politiques du paganisme : le monde n’a pas de finalité ; seule l’action en porte une, la sienne, si et seulement si elle est adéquate, appropriée aux circonstances. »
Jean-François Gautier
À propos des Dieux. L’esprit des polythéismes, éditions La Nouvelle Librairie, coll. Longue Mémoire, 2020
« La jeunesse, comme l’étranger, nous boute hors des atmosphères chaudes et des lieux connus. Sa vertu n’est pas de changer le monde : le changement peut être recul, et le nouveau n’est pas toujours du neuf. Elle est d’être la jeunesse, c’est-à-dire cette pureté intérieure, cette bonne grâce, cette fraicheur et cette abondance que l’on voit plus particulièrement dans les choses qui viennent de naître. Nous devons être jeunes et nouveaux, non parce que l’être est mouvement, mais parce que la durée matérielle momifie, et qu’il n’est qu’un moyen de rester purs, de bonne grâce, frais et féconds, qui est de renaître toujours. Paradoxes du monde : comme l’abandon consolide la personne, c’est le perpétuel renouveau qui sauvegarde les richesses éternelles. Une direction, un contour, voilà la vérité : mais à l’intérieur un voyage inépuisable. »
Emmanuel Mounier
« Pour une réhabilitation de la communauté », in Krisis n°16, juin 1994