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Thème

Citations sur l'homme

Certes, je suis seul et je m’avance inconnu…

« Certes, je suis seul et je m’avance incon­nu par­mi eux. Mais celui qui est un homme ne peut-il pas plus que cent qui sont seule­ment des tron­çons d’hommes ? »

Frie­drich Hölderlin
Hypé­rion ou l’Er­mite de Grèce (Hyper­ion oder Der Ere­mit in Grie­chen­land), 1797, trad. Jean-Pierre Lefebvre, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Au-dessus de la guerre du Péloponnèse se lève…

« Au-des­sus de la guerre du Pélo­pon­nèse se lève ce type par­fait et plein, l’hoplite, l’homme pesam­ment armé qui ramasse soli­de­ment sur lui toute la sub­stance de la cité, qui trans­porte là où il se bat un frag­ment authen­tique de sa muraille, ou qui même, et plus pure­ment, est, comme le citoyen de Sparte, la seule muraille qu’elle juge digne de la défendre. »

Albert Thi­bau­det
La cam­pagne avec Thu­cy­dide, 1922

Il n’existe pas une Histoire, entité mystérieuse…

« Il n’existe pas une His­toire, enti­té mys­té­rieuse écrite avec un h majus­cule. Ce sont les hommes, tant qu’ils sont vrai­ment des hommes, qui font et défont l’histoire. »

Julius Evo­la
Orien­ta­tions (Orien­ta­men­ti), 1950, trad. Phi­lippe Baillet, édi­tions Par­dès, 2011

L’héroïsme : cette sauvage création de soi par soi…

« L’héroïsme : cette sau­vage créa­tion de soi par soi et de l’homme par l’homme. Et les femmes exclues de cette ter­rible fête, sou­dain sté­riles lorsque les hommes n’ont plus besoin d’un ventre femelle pour enfan­ter des dieux. L’héroïsme : ce chant égoïste qui éclate. Me voi­ci ! Unique ! Écar­tez-vous ! Je n’ai plus de mère ou d’amante ; je n’ai plus de pas­sé ; je vais me mettre au monde. « Tu vas mou­rir ! » Oui, mais je serais né et j’aurais connu l’enivrement fou lorsque, dans mon corps et dans mon âme, j’ai éprou­vé la nais­sance véhé­mente d’un dieu. « Il ne se connaît plus ! » C’est vrai puis­qu’il s’invente. »

Jean Cau
Le Che­va­lier, la mort et le diable, édi­tions de La Table ronde, 1977

La liberté de l’individu exigeait désormais le rejet des identités reçues…

« La liber­té de l’individu exi­geait désor­mais le rejet des iden­ti­tés reçues et de les dénon­cer comme autant de pri­sons phy­siques et men­tales. Elle appe­lait la pros­crip­tion de ce qui liait, de ce qui durait et atta­chait, le congé­die­ment de tout ce qui avait jus­qu’i­ci déter­mi­né l’aventure de l’homme : ori­gine, filia­tion, paren­tèle, nation et autres com­mu­nau­tés natives ou natu­relles. Pour atteindre ce Graal de l’autonomie éman­ci­pa­trice, les rec­ti­fi­ca­tions des corps, les hybri­da­tions de l’âme, les bri­co­lages de soi deve­naient non seule­ment recom­man­dables mais recom­man­dés. On choi­si­rait désor­mais son iden­ti­té pas­sa­gère et sa com­mu­nau­té d’appartenance comme on choi­sis­sait un for­fait d’opérateur télé­pho­nique ou un four­nis­seur d’accès à Inter­net, mais avec l’option de rési­lia­tion ins­tan­ta­née. L’homme, deve­nu autoen­tre­pre­neur de lui-même, ne ren­con­tre­rait plus d’obstacle à son auto­sa­tis­fac­tion au sein de la socié­té de l’indétermination illimitée. »

Patrick Buis­son
La Cause du peuple, édi­tions Per­rin, 2016

L’homme devenu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être…

« L’homme deve­nu libre foule aux pieds cette sorte de bien-être mépri­sable dont rêvent les épi­ciers, les chré­tiens, les vaches, les femmes, les Anglais et autres démo­crates. L’homme libre est guerrier. »

Frie­drich Nietzsche
Cré­pus­cule des idoles ou Com­ment on phi­lo­sophe avec un mar­teau (Göt­zen-Däm­me­rung oder wie man mit dem Ham­mer phi­lo­so­phiert), 1888, trad. Patrick Wot­ling, édi­tions Gar­nier-Flam­ma­rion, 2005

Nous sommes le produit d’une collectivité…

« Que serait donc un homme à ses propres yeux, s’il ne repré­sen­tait que soi-même ? Quand cha­cun de nous tourne la tête sur son épaule, il voit une suite indé­fi­nie de mys­tères, dont les âges les plus récents s’appellent la France. Nous sommes le pro­duit d’une col­lec­ti­vi­té qui parle en nous. Que l’influence des ancêtres soit per­ma­nente, et les fils seront éner­giques et droits, la nation une. »

Mau­rice Bar­rès, confé­rence inau­gu­rale de la Ligue de la patrie fran­çaise, 31 décembre 1898, cité par Éric Branca
3 000 ans d’idées poli­tiques, Chro­nique édi­tions, 2014

Ce n’est pas à partir d’un au-delà que la divinité…

« Ce n’est pas à par­tir d’un au-delà que la divi­ni­té œuvre dans le for inté­rieur de l’homme, ou dans son âme, mys­té­rieu­se­ment unie à elle. Elle ne fait qu’un avec le monde. Elle vient au-devant de l’homme à par­tir des choses du monde, quand il est en che­min et prend part au branle vivant du monde. L’homme fait l’expérience du divin non par un repli sur soi, mais par un mou­ve­ment vers l’extérieur. »

Wal­ter F. Otto
Les dieux de la Grèce. La figure du divin au miroir de l’esprit grec (Die Göt­ter Grie­chen­lands. Das Bild des Göt­tli­chen im Spie­gel des grie­chi­schen Geistes), 1929, trad. Claude-Nico­las Grim­bert, édi­tions Payot, 1993

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie…

« Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâ­tir, Ou perdre d’un seul coup le gain de cent par­ties Sans un geste et sans un sou­pir. […] Si tu sais médi­ter, obser­ver et connaître Sans jamais deve­nir scep­tique ou des­truc­teur, Rêver, mais sans lais­ser le rêve être ton maître, Pen­ser sans n’être qu’un pen­seur ; Si tu peux être dur sans jamais être en rage, Si tu peux être brave et jamais impru­dent, Si tu sais être bon, si tu sais être sage Sans être moral ni pédant ; Si tu peux ren­con­trer Triomphe après Défaite Et rece­voir ces deux men­teurs d’un même front, Si tu peux conser­ver ton cou­rage et ta tête Quand tous les autres les per­dront, Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Vic­toire Seront à tout jamais tes esclaves sou­mis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire, Tu seras un homme, mon fils. »

Rudyard Kipling
If, 1895, in Rewards and Fai­ries, 1910, trad. André Maurois

Un homme d’esprit est perdu…

« Un homme d’esprit est per­du s’il ne joint pas à l’esprit l’énergie de carac­tère. Quand on a la lan­terne de Dio­gène, il faut avoir un bâton. »

Sébas­tien-Roch Nico­las de Chamfort
Maximes et pen­sées, Édi­tions Riche­lieu, 1953

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