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Nous sommes le produit d’une collectivité…

« Que serait donc un homme à ses propres yeux, s’il ne repré­sen­tait que soi-même ? Quand cha­cun de nous tourne la tête sur son épaule, il voit une suite indé­fi­nie de mys­tères, dont les âges les plus récents s’appellent la France. Nous sommes le pro­duit d’une col­lec­ti­vi­té qui parle en nous. Que l’influence des ancêtres soit per­ma­nente, et les fils seront éner­giques et droits, la nation une. »

Mau­rice Bar­rès, confé­rence inau­gu­rale de la Ligue de la patrie fran­çaise, 31 décembre 1898, cité par Éric Branca
3 000 ans d’idées poli­tiques, Chro­nique édi­tions, 2014

À propos de l'auteur

Maurice Barrès, né le 19 août 1862 à Charmes (Vosges) et mort le 4 décembre 1923 à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un écrivain et homme politique français, figure de proue du nationalisme français. Le premier axe de sa pensée est « le culte du Moi » : Barrès affirme que notre premier devoir est de défendre notre moi contre les « Barbares », c'est-à-dire contre tout ce qui risque de l'affaiblir dans l'épanouissement de sa propre sensibilité. Le second axe est résumé par l'expression « La terre et les morts » qu'approfondissent les trois volumes du Roman de l'énergie nationale : Les Déracinés (1897), L'Appel au soldat (1900) et Leurs Figures (1902) qui témoignent de l'évolution de Maurice Barrès vers le nationalisme républicain et le traditionalisme, l'attachement aux racines, à la famille, à l'armée et à la terre natale. Il est resté l'un des maîtres à penser de la droite nationaliste durant l'entre-deux-guerres.
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L’optimisme historique signifie qu’on sait la vérité, si cruelle qu’elle soit…

« Celui qui dira que nous sommes condam­nés et que c’est pour­quoi nous devons com­battre jusqu’au bout (comme disent les Russes, tant qu’à mou­rir, il faut le faire en musique), celui-là ne sera pas un pes­si­miste. Ce sera un opti­miste his­to­rique. L’opti­misme his­to­rique signi­fie qu’on sait la véri­té, si cruelle qu’elle soit, et qu’on est déter­mi­né à se battre, quoi qu’il en coûte. L’optimisme his­to­rique ne compte sur rien ni per­sonne, sauf sur soi-même et sur la bagarre. »

Alexandre Zino­viev
Nous et l’Occident, édi­tions de L’Âge d’homme, 1981, trad. Wla­di­mir Bere­lo­witch, édi­tions Gal­li­mard, coll. Idées, 1982

La volonté de restaurer le passé…

« La volon­té de res­tau­rer le pas­sé, quand bien même elle peut être tou­chante, est fon­da­men­ta­le­ment impo­li­tique : cela n’arrivera pas, et s’accrocher à ce rêve est vain. En revanche, les valeurs héri­tées du pas­sé, les struc­tures men­tales, les manières de pen­ser l’homme et la socié­té qui ont été propres au monde féo­dal peuvent nous inspirer. »

Guillaume Tra­vers
Entre­tien au site La Droite de demain, 15 février 2021

Ne pas mourir est une chose. Vivre en est une autre…

« Ne pas mou­rir est une chose. Vivre en est une autre.
Nous entrons dans une ère où l’homme cultive et mul­ti­plie tous les moyens de ne pas mou­rir (méde­cine, confort, assu­rances, dis­trac­tions) – tout ce qui per­met d’étirer ou de sup­por­ter l’existence dans le temps, mais non pas de vivre.
Nous voyons poindre l’aurore dou­teuse et bâtarde d’une civi­li­sa­tion où le sou­ci sté­ri­li­sant d’échapper à la mort condui­ra les hommes à l’oubli de la vie. »

Gus­tave Thibon
Notre regard qui manque à la lumière, 1955, édi­tions Fayard, 1995

De là cette chaleur et cette bousculade vers la culture…

« De là cette cha­leur et cette bous­cu­lade vers la culture, ce zèle pour une réforme phi­lo­so­phique de l’éducation et de l’ensemble des formes sociales et poli­tiques de l’humanité, qui font de l’époque de l’Aufklä­rung si sou­vent dépré­ciée une époque si digne d’être hono­rée. Un témoi­gnage impé­ris­sable de cet esprit, nous le pos­sé­dons dans l’hymne magni­fique « À la joie » que l’on doit à Schil­ler et à Bee­tho­ven. Nous ne pou­vons plus entendre cet hymne aujourd’hui qu’avec dou­leur. On ne peut ima­gi­ner contraste plus grand que celui de la situa­tion de ce temps avec notre situa­tion présente. »

Edmund Hus­serl
La crise des sciences euro­péennes et la phé­no­mé­no­lo­gie trans­cen­dan­tale (Die kri­sis der euro­pai­schen wis­sen­schaf­ten und die trans­zen­den­tale phae­no­me­no­lo­gie), 1954, trad. Gérard Gra­nel, édi­tions Gal­li­mard, coll. Tel, 1989

Le nom de Céline appartient à la littérature…

« Le nom de Céline appar­tient à la lit­té­ra­ture, c’est à dire à l’histoire de la liber­té. Par­ve­nir à l’en expul­ser afin de le confondre tout entier avec l’histoire de l’antisémitisme, et ne plus le rendre inou­bliable que par-là, c’est le tra­vail par­ti­cu­lier de notre époque, tant il est vrai que celle-ci, désor­mais, veut igno­rer que l’Histoire était cette somme d’erreurs consi­dé­rables qui s’appelle la vie, et se ber­cer de l’illusion que l’on peut sup­pri­mer l’erreur sans sup­pri­mer la vie. Et, en fin de compte, ce n’est pas seule­ment Céline qui sera liqui­dé, mais aus­si, de proche en proche, toute la lit­té­ra­ture, et jusqu’au sou­ve­nir même de la liber­té. »

Phi­lippe Muray
Céline, édi­tions Gal­li­mard, coll. Tel, 2001

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