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Citations sur l'existence

Même si l’on admet, pour le plaisir d’argumenter, que la vie n’a pas de sens…

« Même si l’on admet, pour le plai­sir d’argumenter, que la vie n’a pas de sens” en tant que signi­fi­ca­tion, la ques­tion se pose­rait encore de savoir si nous pou­vons nous pas­ser d’un sens” en tant que direc­tion. Un tel sens, nous ne le com­pre­nons pas en nous élan­çant plus haut que les réa­li­tés concrètes, mais au contraire en nous insé­rant nous-mêmes dans leur cou­rant ou, pour emprun­ter une image à Plo­tin, en dan­sant à leur rythme. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

Et d’après Protagoras aussi, l’être humain est la mesure de toutes réalités…

« Et d’après Pro­ta­go­ras aus­si, l’être humain est la mesure de toutes réa­li­tés, pour les étants mesure de leur exis­tence, pour les non-étants mesure de leur non-exis­tence ; il appelle mesure” le cri­tère et réa­li­tés” les choses, de sorte qu’il dit impli­ci­te­ment que l’être humain est le cri­tère de toutes choses, du fait qu’elles sont pour celles qui sont, du fait qu’elles ne sont pas pour celles qui ne sont pas ; et voi­là pour­quoi il pose seule­ment ce qui appa­raît à cha­cun, et de cette manière il intro­duit le rela­tif. »

Sex­tus Empiricus
Esquisses pyr­rho­niennes, I, 32, IIe siècle de notre ère

Comment peut-on être rebelle aujourd’hui ?

« Com­ment peut-on être rebelle aujourd’hui ?
Je me demande sur­tout com­ment on pour­rait ne pas l’être ! Exis­ter, c’est com­battre ce qui me nie. Être rebelle, ce n’est pas col­lec­tion­ner des livres impies, rêver de com­plots fan­tas­ma­go­riques ou de maquis dans les Cévennes. C’est être à soi-même sa propre norme. S’en tenir à soi quoi qu’il en coûte. Veiller à ne jamais gué­rir de sa jeu­nesse. Pré­fé­rer se mettre tout le monde à dos que se mettre à plat ventre. Pra­ti­quer aus­si en cor­saire et sans ver­gogne le droit de prise. Piller dans l’époque tout ce que l’on peut conver­tir à sa norme, sans s’arrêter sur les appa­rences. Dans les revers, ne jamais se poser la ques­tion de l’inutilité d’un com­bat perdu. »

Domi­nique Venner
Le Cœur rebelle, Les Belles Lettres, 1994, réédi­tion Pierre-Guillaume de Roux, 2014

L’Être n’est plus considéré comme quelque chose de bon…

« L’Être n’est plus consi­dé­ré comme quelque chose de bon, mais tout au plus comme un fait neutre, voire, dans cer­tains cas extrêmes, comme mau­vais. Le nihi­lisme en tire les consé­quences et vise à la des­truc­tion de ce qu’il consi­dère comme indigne d’être.
Mais il épargne le pré­sent, tout sim­ple­ment parce que celui-ci abrite le sujet de la des­truc­tion. Il cherche à détruire tout, sauf le pré­sent. C’est-à-dire ce qui reste une fois qu’on a fait abs­trac­tion du pré­sent, à savoir le pas­sé et l’avenir. La logique du nihi­lisme est donc celle de ce que l’on pour­rait appe­ler un « pré­sen­tisme » abso­lu. Il vise à la des­truc­tion du pas­sé et de l’avenir. »

Rémi Brague
Modé­ré­ment moderne, édi­tions Flam­ma­rion, 2014

Un peuple étant un complexe de rapports, d’attitudes…

« Un peuple étant un com­plexe de rap­ports, d’attitudes, il y a une autre menace qui pèse sur lui, autre que la des­truc­tion phy­sique, autre que la perte d’indépendance : c’est celle de la dis­so­lu­tion si les hommes ne se sentent plus membres d’un même corps, si le cli­mat de confiance qui unit ces citoyens dis­pa­raît, si les sym­boles qu’ils ont en com­mun n’ont plus le même sens pour les uns et pour les autres, en un mot si l’existence morale du peuple dis­pa­raît. Et cette perte de l’exis­tence morale n’est pas due à des causes exté­rieures et sou­daines : elle est due à des phé­no­mènes inté­rieurs et dis­so­cia­teurs, qui sont des sous-pro­duits du pro­grès. »

Ber­trand de Jouvenel
Du Prin­ci­pat et autres réflexions poli­tiques, 1958, édi­tions Hachette, 1972

Pendant près de quinze siècles, le christianisme a commandé l’imaginaire…

« Pen­dant près de quinze siècles, le chris­tia­nisme a com­man­dé l’imaginaire et les repré­sen­ta­tions des Euro­péens. Il leur a four­ni une morale, une vision de la mort et de l’au-delà en même temps que les cadres tem­po­rels de leur exis­tence. C’est dans le récit biblique autant que dans la tra­di­tion troyenne que s’est ins­crite l’image des rois de France. C’est à l’inverse avec le pas­sé romain que renoue l’Empire chré­tien caro­lin­gien, conti­nué au siècle sui­vant par le Saint Empire romain ger­ma­nique. C’est d’autre part contre l’ennemi musul­man que se forge au nom du Christ, sur les fronts ibé­rique, médi­ter­ra­néen et orien­tal l’identité euro­péenne qui va s’affirmer à par­tir de l’an mil. »

Phi­lippe Conrad
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Le totalitarisme est une structure indépendante du contenu qu’on y met…

« Alexandre Zino­viev me fai­sait obser­ver que le tota­li­ta­risme était une struc­ture indé­pen­dante du conte­nu qu’on y met, qu’il était pas­sé par diverses ébauches his­to­riques et qu’il consti­tuait l’a­ve­nir iné­luc­table de la socié­té indus­trielle où la fonc­tion prend le pas sur l’être. »

Slo­bo­dan Despot
Entre­tien accor­dé à la revue Rébel­lion, nº 55, juillet-août 2012

Libre de jouir sans entraves dans l’instantanéité du temps…

« Nos contem­po­rains répu­gne­ront à faire leur deuil du culte et du pri­mat de l’in­di­vi­du libre de toute déter­mi­na­tion, libre de jouir sans entraves dans l’instantanéité du temps, l’homo fes­ti­vus qu’a bien défi­ni Muray, dont le vivre ensemble” est un mélange para­doxal de consom­ma­tion maté­ria­liste, de jouis­sances fugi­tives et de convi­via­li­té factice.
Et c’est pour­tant à cet indi­vi­dua­lisme qu’il faut renon­cer pour reve­nir à une concep­tion et une défi­ni­tion holiste et orga­nique de la socié­té de l’Être. C’est une ques­tion de sur­vie indi­vi­duelle et collective. »

Lio­nel Rondouin
Ce que nous sommes. Aux sources de l’identité euro­péenne, Phi­lippe Conrad dir., édi­tion Ins­ti­tut Iliade / Pierre-Guillaume de Roux, 2018

Le petit homme contemporain sait comment il se nomme…

« Le petit homme contem­po­rain sait com­ment il se nomme et de qui il est direc­te­ment issu. Là se borne sa cer­ti­tude. Et encore… De la notion du temps, il ne reçoit qu’une per­cep­tion hori­zon­tale, quelque chose de déri­soi­re­ment limi­té. Dans l’éruption conti­nue à la sur­face de la terre, il se retrouve agglo­mé­ré à des mil­liards d’autres hommes… De la per­cep­tion ver­ti­cale, celle qui se hausse par l’échelle du pas­sé, et qui lui ren­drait sa noblesse, quelle que soit la modes­tie de son lignage, il n’a pas conscience. Sou­vent il la refuse. Débar­ras­sé de ce bagage, il s’imagine cou­rir plus vite ! Il galope en rond, le petit homme, comme une carne au bout d’une longe, avec son ano­ny­mat pour piquet. Il n’en sor­ti­ra jamais. Alors ? […]
Il ne sait rien. En quoi cela le concerne-t-il ? Il se tient seul, au centre de sa vie pas­sa­gère, entre son père et son fils, bornes extrêmes de son exis­tence […] Alors vous mesu­rez com­bien immense et proche est le désert… Je trouve cela inad­mis­sible, révol­tant, incroyable, navrant. Je demeure per­sua­dé que la chaîne res­ta long­temps solide et qu’elle com­men­ça à se perdre à l’aube du monde moderne, quand les hommes s’éloignèrent du vrai pour s’occuper de balivernes. »

Jean Ras­pail
La hache des steppes, édi­tions Robert Laf­font, 1974

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