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Un projet de l’Institut Iliade pour la longue mémoire européenne
CITATIO

« Le petit homme contemporain sait comment il se nomme et de qui il est directement issu. Là se borne sa certitude. Et encore… De la notion du temps, il ne reçoit qu’une perception horizontale, quelque chose de dérisoirement limité. Dans l’éruption continue à la surface de la terre, il se retrouve aggloméré à des milliards d’autres hommes… De la perception verticale, celle qui se hausse par l’échelle du passé, et qui lui rendrait sa noblesse, quelle que soit la modestie de son lignage, il n’a pas conscience. Souvent il la refuse. Débarrassé de ce bagage, il s’imagine courir plus vite ! Il galope en rond, le petit homme, comme une carne au bout d’une longe, avec son anonymat pour piquet. Il n’en sortira jamais. Alors ? […]
Il ne sait rien. En quoi cela le concerne-t-il ? Il se tient seul, au centre de sa vie passagère, entre son père et son fils, bornes extrêmes de son existence […] Alors vous mesurez combien immense et proche est le désert… Je trouve cela inadmissible, révoltant, incroyable, navrant. Je demeure persuadé que la chaîne resta longtemps solide et qu’elle commença à se perdre à l’aube du monde moderne, quand les hommes s’éloignèrent du vrai pour s’occuper de balivernes. »

Jean Raspail La hache des steppes, éditions Robert Laffont, 1974

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Référence de la citation

Édition citée
Éditions Robert Laffont, 1974

Source contrôlée. Citation vérifiée sur l’édition citée et relue avant publication.Signaler une erreur

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Voilà pourquoi je révère l’objet…

« Voilà pourquoi je révère l’objet. S’il n’avait existé, je l’aurais inventé. À nouveau je le saisis. Pour la millième fois depuis que j’en ai reçu la garde, j’en prends connaissance tactilement. Je me calme. Je reviens à l’essentiel. Rien ne vaut l’arrondi parfois de l’objet et la paume de mes mains glissant sur la pierre noire, polie trois mille ans plus tôt par quelqu’un qui, peut-être, me ressemblait. »

Jean Raspail La hache des steppes, éditions Robert Laffont, 1974

Toujours dans le lit du ruisseau…

« « Toujours dans le lit du ruisseau, avec de l’eau jusqu’à mi-roue, je pénétrai sous la forêt qui montait en pente douce vers le flan d’un petit morne. Une centaine de mètres plus loin, le ruisseau prenait sa source et je dus abandonner ma jeep et poursuivre à pied, enjambant les troncs d’arbres pourris de cette jungle… »

Jean Raspail La hache des steppes, éditions Robert Laffont, 1974

Je suis un partisan des frontières…

« « Je suis un partisan des frontières, à condition de pouvoir les franchir sans tracasseries inutiles. Mais j’aimerais qu’on fasse passer chaque voyageur devant un détecteur qui refoulerait impitoyablement les imbéciles et les vulgaires, le petit nombre étant seul admis à jouir des différences et s’en abreuver.… »

Jean Raspail La hache des steppes, éditions Robert Laffont, 1974

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