« Je n’ai pas de télé­phone por­table car je trouve d’une inson­dable gou­ja­te­rie d’ap­pe­ler quel­qu’un sans lui en deman­der préa­la­ble­ment l’au­to­ri­sa­tion par voie de cour­rier. Je refuse de répondre au dre­lin” du pre­mier venu. Les gens sont si pres­sés de bri­ser nos silences… J’aime Degas, lan­çant : C’est donc cela le télé­phone ? On vous sonne et vous accou­rez comme un domes­tique.” Les son­ne­ries sec­tionnent le flux du temps, mas­sacrent la pâte de la durée, hachent les jour­nées, comme le cou­teau de cui­si­nier japo­nais le concombre. »

Syl­vain Tes­son
S’a­ban­don­ner à vivre, édi­tions Gal­li­mard, coll. « nrf », 2014, 978−2−07−014424−2, p. 38