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Mathieu Bock-Côté

Mathieu Bock-Côté, né en 1980 à Lorraine (Québec), est un sociologue formé à l'UQAM, essayiste et chroniqueur canadien, d'orientation conservatrice. Il est diplômé en philosophie de l'Université de Montréal et titulaire d'une maîtrise en sociologie de l'Université du Québec à Montréal (Maître ès arts) et d'un doctorat en sociologie, de la même université. Ses recherches portent principalement sur le nationalisme québécois, le conservatisme occidental et la démocratie occidentale depuis les années 1960.

Découvrez 7 citations de Mathieu Bock-Côté

Le sort qui attend le dissident, c’est l’ostracisme médiatique…

« (…) La plu­part du temps, le sort qui attend le dis­si­dent, c’est l’os­tra­cisme média­tique, la dia­bo­li­sa­tion poli­tique, la psy­chia­tri­sa­tion sur la place publique. Il faut pro­ba­ble­ment un carac­tère ubuesque et déme­su­ré pour être capable de faire face à l’a­gres­si­vi­té extrême dont peut faire preuve le sys­tème lors­qu’il se sent menacé. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

La promotion de l’idéal diversitaire justifie un harcèlement médiatique…

« La pro­mo­tion de l’i­déal diver­si­taire jus­ti­fie un har­cè­le­ment média­tique per­ma­nent pour ame­ner les popu­la­tions à s’y conver­tir et pour iden­ti­fier ceux qui résistent à ses sirènes. Il est même néces­saire de heur­ter le sens com­mun, de le désta­bi­li­ser et lui faire perdre toute valeur d’é­vi­dence, pour qu’il ne sub­siste qu’à la manière de sté­réo­types à congé­dier et de pré­ju­gés à décons­truire – cela per­met­tra de démas­quer ceux qui s’y attachent exa­gé­ré­ment. C’est ce qu’on appel­le­ra pudi­que­ment des cam­pagnes pour faire évo­luer les mentalités. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

On ne saurait refonder l’action politique…

« On ne sau­rait refon­der l’ac­tion poli­tique sans s’ar­ra­cher men­ta­le­ment à tout ce qui inhibe la parole publique, sans se révol­ter contre l’é­touf­fe­ment de la liber­té d’ex­pres­sion, sans se révol­ter non plus contre ce qui empêche l’ac­tion publique. Il est pro­ba­ble­ment néces­saire de sor­tir de la mytho­lo­gie pro­gres­siste pour renouer avec un débat poli­tique qui ne dis­qua­li­fie pas à l’a­vance ceux qui confessent leur scep­ti­cisme devant la dyna­mique de la moder­ni­té. »

Mathieu Bock-Côté
L’Em­pire du poli­ti­que­ment cor­rect, Les Édi­tions du cerf, 2019

La beauté de notre histoire, c’est d’abord celle d’un peuple…

« La beau­té de notre his­toire, c’est d’abord celle d’un peuple qui ne veut pas dis­pa­raître et qui s’accroche à l’existence de toutes les manières possibles.
Rien n’est plus contre-intui­tif, aujourd’hui, j’en conviens. Les modernes sec­taires aime­raient bien nous déra­ci­ner. Nos sym­boles, ils veulent les effa­cer, les lami­ner, les décons­truire. Ils pré­tendent nous libé­rer du pas­sé alors qu’ils nous déshu­ma­nisent, ils pro­voquent une détresse psy­chique et cultu­relle que nous pei­nons pour­tant à recon­naître, puisque nous ne vou­lons plus accor­der quelque droit que ce soit au pas­sé sur notre pré­sent. Même lorsqu’il est semé de traces nous per­met­tant de mieux nous com­prendre. Le sys­tème média­tique qui se fait le pro­pa­ga­teur d’une nou­velle culture glo­bale sou­vent insi­gni­fiante accor­dée aux prin­cipes de la mon­dia­li­sa­tion cherche à frap­per d’obsolescence l’héritage his­to­rique des peuples, qui entrave l’avènement de l’individu mondialisé. […]
On l’oublie, mais un peuple qui perd le goût de vivre peut mou­rir, en deve­nant étran­ger à lui-même et indif­fé­rent aux pro­messes qu’il s’était déjà fait. […] Un pays sans légendes, à la mémoire vide, aux racines sèches, n’est plus un pays, mais un ter­ri­toire sans âme, un ter­rain vague, sur lequel n’importe qui peut se per­mettre n’importe quoi. […] C’est par l’enracinement que nous décou­vrons la pos­si­bi­li­té de la renais­sance. Et je me dis qu’un pays qui renoue avec ses légendes, qui redé­couvre ses grands mythes, qui ne se laisse plus séduire par les décons­truc­teurs qui nous expliquent que tout, dans notre culture, est faux ou per­fide, peut du coup se réanimer. »

Mathieu Bock-Côté
Gilles Vigneault : poète de l’enracinement et de la renais­sance, Le Jour­nal de Mont­réal (blog), 24 novembre 2014

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