Thème
Citations d’un auteur français
Homère est nouveau ce matin…
« Homère est nouveau ce matin et rien n’est peut-être aussi vieux que le journal d’aujourd’hui. »
Charles Péguy
Notes sur M. Bergson et la philosophie bergsonienne, Les Cahiers de la Quinzaine, XV‑8, 1914, in Œuvres en prose complètes, Tome III, éditions Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1992
Il y a beaucoup de rêves dans l’homme d’action…
Comme je le craignais, mes nerfs furent d’abord…
« Comme je le craignais, mes nerfs furent d’abord rebroussés au contact de cette humanité qui n’est jamais si laide que dans ces orgies de vanité à bon marché où des milliers d’invitations lancées au hasard rassemblent pêle-mêle les ministres et les concierges, les parvenus et les resquilleurs, les célébrités éphémères et les ratés avides de faux semblant, les légitimes et les illégitimes, les gardes municipaux, les pickpockets, les ouvreuses, tant de gens laids, mal habillés, secrètement sales, ivres de la plus fade tisane d’amour-propre. »
Pierre Drieu la Rochelle
La Comédie de Charleroi, 1934, éditions Gallimard, coll. L’Imaginaire, 1996
Au-dessus de la guerre du Péloponnèse se lève…
« Au-dessus de la guerre du Péloponnèse se lève ce type parfait et plein, l’hoplite, l’homme pesamment armé qui ramasse solidement sur lui toute la substance de la cité, qui transporte là où il se bat un fragment authentique de sa muraille, ou qui même, et plus purement, est, comme le citoyen de Sparte, la seule muraille qu’elle juge digne de la défendre. »
Albert Thibaudet
La campagne avec Thucydide, 1922
Nouvelle internationale, comme tant d’autres libérés…
« Nouvelle internationale, comme tant d’autres libérés par la guerre, ces nouveaux riches se risquèrent, puis pullulèrent, se répandirent partout avec cette indiscrétion, ces petites fureurs, ce prosélytisme froufroutant qu’on leur connaît. Ayant grandi dans les catacombes, ils s’épanouirent vers 1920, comme une société secrète s’emparant du pouvoir et heureuse de faire des statuts ésotériques de l’ordre la constitution même de la république. […] C’est alors que les modes, les salons, les cafés, l’art, furent envahis d’une gent amère, insidieuse, ayant du goût à en périr et rien que cela, impulsive, névrosée, subtile, puérile et empoisonnée. »
Paul Morand
Journal inutile, 1974, cité par Christopher Gérard, in Quolibets, L’Age d’Homme, 2013
L’honneur d’un peuple appartient aux morts…
L’héroïsme : cette sauvage création de soi par soi…
« L’héroïsme : cette sauvage création de soi par soi et de l’homme par l’homme. Et les femmes exclues de cette terrible fête, soudain stériles lorsque les hommes n’ont plus besoin d’un ventre femelle pour enfanter des dieux. L’héroïsme : ce chant égoïste qui éclate. Me voici ! Unique ! Écartez-vous ! Je n’ai plus de mère ou d’amante ; je n’ai plus de passé ; je vais me mettre au monde. « Tu vas mourir ! » Oui, mais je serais né et j’aurais connu l’enivrement fou lorsque, dans mon corps et dans mon âme, j’ai éprouvé la naissance véhémente d’un dieu. « Il ne se connaît plus ! » C’est vrai puisqu’il s’invente. »
Jean Cau
Le Chevalier, la mort et le diable, éditions de La Table ronde, 1977
Nous possédons un héritage spirituel qui n’a rien à envier…
« Nous possédons un héritage spirituel qui n’a rien à envier à ceux des autres grandes civilisations, mais nous ne le savons pas ou nous le savons mal. À l’immense crise spirituelle du nihilisme occidental, il faut apporter nos propres réponses. Les hommes n’existent que par ce qui les distingue : clan, lignée, histoire, culture, tradition. Il n’y a pas de réponse universelle aux questions de l’existence et du comportement. Chaque civilisation a sa vérité et ses dieux, tous respectables pour autant qu’ils ne nous menacent pas. Chaque civilisation apporte ses réponses, sans lesquelles les individus, hommes ou femmes, privés d’identité et de modèles, sont précipités dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se passer de racines. Il appartient à chacun de retrouver les siennes. »
Dominique Venner
Le Choc de l’histoire, éditions Via Romana, 2011
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante…
« La Flamme.
Ce feu résume une vivante tradition. Non pas une image inconsistante, mais une réalité. Une réalité aussi tangible que la dureté de cette pierre ou ce souffle de vent. Le symbole du solstice est que la vie ne peut pas mourir. Nos ancêtres croyaient que le soleil n’abandonne pas les hommes et qu’il revient chaque année au rendez-vous du printemps.
Nous croyons avec eux, que la vie ne meurt pas et que par-delà la mort des individus, la vie collective continue.
Qu’importe ce que sera demain. C’est en nous dressant aujourd’hui, en affirmant que nous voulons rester ce que nous sommes, que demain pourra venir.
Nous portons en nous la flamme. La flamme pure de ce feu de foi. Non pas un feu de souvenir. Non pas un feu de piété filiale. Mais un feu de joie et de gravité qu’il convient d’allumer sur notre terre. Là nous voulons vivre et remplir notre devoir d’hommes sans renier aucune des particularités de notre sang, notre histoire, notre foi entremêlés dans nos souvenirs et dans nos veines…
Ce n’est pas la résurrection d’un rite aboli. C’est la continuation d’une grande tradition. D’une tradition qui plonge ses racines au plus profond des âges et ne veut pas disparaître. Une tradition dont chaque modification ne doit que renforcer le sens symbolique. Une tradition qui peu à peu revit. »
Jean Mabire
Les Solstices, Histoire et actualité, éditions Le Flambeau, 1991
La liberté de l’individu exigeait désormais le rejet des identités reçues…
« La liberté de l’individu exigeait désormais le rejet des identités reçues et de les dénoncer comme autant de prisons physiques et mentales. Elle appelait la proscription de ce qui liait, de ce qui durait et attachait, le congédiement de tout ce qui avait jusqu’ici déterminé l’aventure de l’homme : origine, filiation, parentèle, nation et autres communautés natives ou naturelles. Pour atteindre ce Graal de l’autonomie émancipatrice, les rectifications des corps, les hybridations de l’âme, les bricolages de soi devenaient non seulement recommandables mais recommandés. On choisirait désormais son identité passagère et sa communauté d’appartenance comme on choisissait un forfait d’opérateur téléphonique ou un fournisseur d’accès à Internet, mais avec l’option de résiliation instantanée. L’homme, devenu autoentrepreneur de lui-même, ne rencontrerait plus d’obstacle à son autosatisfaction au sein de la société de l’indétermination illimitée. »
Patrick Buisson
La Cause du peuple, éditions Perrin, 2016
Pour la puissance mondiale, tout aussi intégriste…
« Pour la puissance mondiale, tout aussi intégriste que l’orthodoxie religieuse, toutes les formes différentes et singulières sont des hérésies. À ce titre, elles sont vouées soit à rentrer de gré ou de force dans l’ordre mondial, soit à disparaître. […] L’objectif est de réduire toute zone réfractaire, de coloniser et de domestiquer tous les espaces sauvages, que ce soit dans l’espace géographique ou dans l’univers mental. »
Jean Baudrillard
Power Inferno, éditions Galilée, 2002
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