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Avec la globalisation, la Terre ne s’unifie pas n’importe comment…

« Avec la glo­ba­li­sa­tion, la Terre ne s’unifie pas n’importe com­ment. Elle s’unifie ten­dan­ciel­le­ment sous la forme d’un mar­ché, c’est-à-dire sous l’unique hori­zon de la logique de la mar­chan­dise et la recherche d’une hausse per­ma­nente des pro­fits. Cet avè­ne­ment d’un mar­ché mon­dial s’accompagne d’une trans­for­ma­tion des men­ta­li­tés. L’intériorisation du modèle du mar­ché consacre, dans les esprits comme dans les com­por­te­ments, le pri­mat des valeurs mar­chandes. La plu­part des domaines qui, aupa­ra­vant, échap­paient encore dans une cer­taine mesure à la logique du capi­tal (culture, sport, édu­ca­tion, etc.), y sont aujourd’­hui plei­ne­ment intégrés.
[…] Quels sont les effets de la globalisation ?
Le plus évident tient dans l’extension et la concré­ti­sa­tion de ce que j’appellerai l’idéologie du Même : homo­gé­néi­sa­tion pla­né­taire, uni­for­mi­sa­tion des com­por­te­ments, dis­pa­ri­tion des modes de vie dif­fé­ren­ciés, géné­ra­li­sa­tion d’un modèle de « déve­lop­pe­ment », etc. »

Alain de Benoist
Confé­rence pro­non­cée à Anvers le 11 novembre 2003, cité par Éric Bran­ca in 3 000 ans d’idées poli­tiques, Chro­nique édi­tions, 2014

À propos de l'auteur

Né en 1943, écrivain français, journaliste, essayiste, conférencier, philosophe, Alain de Benoist a publié plus de 100 livres et plus de 2000 articles, aujourd'hui traduits dans une quinzaine de langues. Ses domaines de prédilection sont la philosophie politique et l'histoire des idées, mais il est aussi l'auteur de nombreux travaux portant notamment sur l'archéologie, les traditions populaires, l'histoire des religions ou les sciences de la vie. Il est considéré comme l’inspirateur du mouvement intellectuel dit de la « Nouvelle droite », même s’il récuse ce terme parce qu’il le trouve trop équivoque. 
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Ce que l’on gagne en extension géographique…

« Ce que l’on gagne en exten­sion géo­gra­phique des échanges, par le brouillage du proche et du loin­tain, on le perd par l’extension conco­mi­tante de la bureau­cra­tie et des sys­tèmes for­mels de contrôle. D’une part, on paraît démul­ti­plier les pos­si­bi­li­tés d’échanges, en les ouvrant à la Terre entière. Mais de l’autre, on les réduit consi­dé­ra­ble­ment en nor­ma­li­sant, en régle­men­tant, en véri­fiant. C’est ain­si qu’un vaste car­can juri­dique, nor­ma­tif et tech­nique finit par deve­nir le cadre prin­ci­pal de l’action humaine. L’homme est « libre », mais uni­que­ment au sein de cette « mégamachine ». »

Guillaume Tra­vers
La socié­té de sur­veillance, stade ultime du libé­ra­lisme, édi­tions La Nou­velle Libraire, coll. dans l’arène, 2021

Chefs d’États et gouvernements sont de plus en plus dépourvus…

« Chefs d’États et gou­ver­ne­ments sont de plus en plus dépour­vus vis-à-vis de la « méga­ma­chine » de sur­veillance des flux, laquelle mène une exis­tence de plus en plus auto­nome. Ain­si, lorsqu’une pro­cé­dure est mise en place, la ques­tion qui domine n’est sou­vent plus de savoir si elle est conforme aux inté­rêts poli­tiques locaux, mais de s’assurer de sa confor­mi­té avec ce qui a été déci­dé ailleurs. Les logi­ciels doivent être com­pa­tibles. Les for­mu­laires har­mo­ni­sés. Les pro­ces­sus stan­dar­di­sés. Etc. »

Guillaume Tra­vers
La socié­té de sur­veillance, stade ultime du libé­ra­lisme, édi­tions La Nou­velle Libraire, coll. dans l’arène, 2021

Parce qu’elles sont le fruit d’expériences historiques…

« Parce qu’elles sont le fruit d’expériences his­to­riques de la vie en com­mu­nau­té, les liber­tés ne durent que tant qu’on les défend concrè­te­ment contre la ten­ta­tion de leur for­ma­li­sa­tion et de leur stan­dar­di­sa­tion dans un droit abs­trait et uni­ver­sel. »

Guillaume Tra­vers
La socié­té de sur­veillance, stade ultime du libé­ra­lisme, édi­tions La Nou­velle Libraire, coll. dans l’arène, 2021

L’homme d’âge moyen élevé, vacciné, revacciné…

« L’homme d’âge moyen éle­vé, vac­ci­né, revac­ci­né, débar­ras­sé de ses microbes, habi­tué aux médi­ca­ments, a moins de chances d’en sor­tir qu’un autre qui ne sait rien de tous ces remèdes. La basse mor­ta­li­té des époques pai­sibles ne donne pas la mesure de la san­té véri­table ; elle peut, d’un jour à l’autre, faire place à son contraire. Il se peut même qu’elle pro­voque des mala­dies encore incon­nues. Le tis­su des peuples devient fragile. »

Ernst Jün­ger
Trai­té du rebelle ou le recours aux forêts (Der Wald­gang), 1951, trad. Hen­ri Plard, Chris­tian Bour­gois édi­teur, 1995

Nous sommes trop engagés dans notre temps…

« Nous sommes trop enga­gés dans notre temps pour décou­vrir d’un seul coup les grandes lignes qui se décou­vri­ront d’elles-mêmes plus tard. Du moins sommes-nous sûrs que, si la France ne s’est pas faite toute seule, elle ne se conser­ve­ra pas sans efforts. Nous sommes sûrs aus­si qu’elle en vaut la peine. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre VII « Révo­lu­tions et Res­tau­ra­tions », édi­tions Hachette, 1960

Les idées ont leur importance en histoire, les institutions également…

« Les idées ont leur impor­tance en his­toire, les ins­ti­tu­tions éga­le­ment. La nation, telle que l’a consti­tuée la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen (27 août 1789), est une socié­té indi­vi­dua­liste et théo­ri­que­ment éga­li­taire. […] En inter­di­sant les asso­cia­tions de métier, au moment où s’annonçait la nais­sance de la grande indus­trie, l’individualisme révo­lu­tion­naire a mis le sala­rié dans une posi­tion infé­rieure en face du patron, don­neur de tra­vail, dis­pa­ri­té qui sera l’occasion d’abus et de troubles sociaux. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre VII « Révo­lu­tions et Res­tau­ra­tions », édi­tions Hachette, 1960

Les conditions économiques ne dépendent pas seulement des techniques et de la science…

« Les condi­tions éco­no­miques ne dépendent pas seule­ment des tech­niques et de la science, mais encore des conjonc­tures poli­tiques et, en géné­ral, de don­nées fort diverses dont beau­coup ont leur source dans le choix par­fai­te­ment conscient des hommes. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre IV « La Guerre de Cent Ans et la guerre bour­gui­gnonne », édi­tions Hachette, 1960

Certains pensent aujourd’hui que la tâche unique de l’historien…

« Cer­tains pensent aujourd’hui que la tâche unique de l’historien est la des­crip­tion des struc­tures sociales’ suc­ces­sives et que le récit des évé­ne­ments poli­tiques est inutile. En véri­té, on sait depuis un nombre res­pec­table de siècles que les socié­tés humaines sont en per­pé­tuelle évo­lu­tion, que les métiers, les mœurs et les croyances ont beau­coup chan­gé depuis l’âge de pierre. Mais si l’histoire sociale est une part impor­tante de l’histoire, on ne voit pas com­ment une nation pour­rait pas­ser d’un état social à un autre, sinon au tra­vers d’événements dont l’issue dépend par­fois d’un très petit nombre d’individus. »

Pierre Gaxotte
His­toire de France, cha­pitre IV « La Guerre de Cent Ans et la guerre bour­gui­gnonne », édi­tions Hachette, 1960

On peut se réjouir de voir les bourses plonger…

« [Avec le coro­na­vi­rus] On peut se réjouir de voir les bourses plon­ger, l’économie per­tur­bée, les rela­tions humaines remises en ques­tion, la nou­ga­tine du vivre-ensemble’ mena­cée, le monde de la culture’ et le tou­risme exsangues, le sec­teur de l’’événementiel’ réduit à son insi­gni­fiance : tout ce qui nuit au Nou­vel Ordre mon­dial est béné­fique pour l’esprit. »

Richard Millet
Éloge du coro­na­vi­rus, in Paris bas-ventre, édi­tions La Nou­velle Librai­rie, coll. Dans l’arène, 2021

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