Citation

Dans les luttes civiles, les soldats, sauf de rares exceptions…

« Dans les luttes civiles, les sol­dats, sauf de rares excep­tions, ne marchent qu’avec répu­gnance, par contrainte et par eau-de-vie. Ils vou­draient bien être ailleurs et regardent plus volon­tiers der­rière que devant eux. […] Dans les rangs popu­laires, rien de sem­blable. Là on se bat pour une idée. Supé­rieurs à l’adversaire par le dévoue­ment, ils le sont bien plus encore par l’intelligence. Ils l’emportent sur lui, dans l’ordre moral et même phy­sique, par la convic­tion, la vigueur, la fer­ti­li­té des res­sources, la vita­li­té du corps et de l’esprit. Ils ont la tête et le cœur. Nulle troupe au monde n’égale ces hommes d’élite. »

Auguste Blan­qui
En 1868, cité par Éric Bran­ca in 3 000 ans d’idées poli­tiques, Chro­nique édi­tions, 2014

À propos de l'auteur

Louis-Auguste Blanqui, dit Auguste Blanqui, né en 1805, mort en 1881 à Paris, est un révolutionnaire socialiste français. Il défend les mêmes idées que le mouvement socialiste du XIXe siècle et fait partie des socialistes non-marxistes. Il s'oppose aux élections démocratiques, les considérant comme « bourgeoises », aspirant à l'« égalité sociale réelle ». La révolution ne pourra traduire la volonté du peuple que par la violence ; le peuple « sans garantie, sans défense », devant « l'odieuse domination des privilégiés », trouvera son salut dans la lutte. Emprisonné une grande partie de son existence, d’où le surnom de « l’Enfermé », il est à l'origine du blanquisme. En 1880, il publie le journal Ni Dieu ni Maître dont le titre est devenu une référence pour le mouvement anarchiste.