« On n’ouvre pas la porte sur l’infini à des gens qui ne sont plus capables de le rêver. »
Jean Raspail
Septentrion, éditions Robert Laffont, 1979, réed. 2007
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« On n’ouvre pas la porte sur l’infini à des gens qui ne sont plus capables de le rêver. »
Jean Raspail
Septentrion, éditions Robert Laffont, 1979, réed. 2007
« La liberté n’existe que chez les peuples qui ont assez d’énergie pour la conquérir et assez de prudence pour la conserver ; autrement, c’est la violence qui dispose de leur sort. »
Louis Ménard
Les questions sociales dans l’Antiquité, Méthode expérimentale, 1898, éditions Les amis de Paris-Zanzibar, 2000
« Ce monde-ci, le même pour tous les êtres, aucun des dieux ni des hommes ne l’a créé ; mais il a toujours été et il est, et il sera un feu toujours vivant, s’allumant avec mesure et s’éteignant avec mesure. »
Héraclite
Fragments, 30, 576 – 480 av. notre ère, trad. Jean-François Pradeau, éditions Garnier-Flammarion, 2018
« Il ne suffit pas à l’homme de ne pas souffrir, il a besoin de donner, de se donner. Celui qui n’a rien à donner, le pur consommateur, celui-là est un pauvre type, un être déséquilibré. »
Pierre Gripari
Cité dans Gripari mode d’emploi (Alain Paucard), éditions L’Âge d’Homme, 1985
« En mon nom, en votre nom, je prends possession de Septentrion. Il n’y a de vraie conquête que lorsqu’on sort de ses frontières palpables et impalpables sans esprit de retour. Pour n’avoir pu le comprendre, semblables à tous les hommes de ce temps, ceux qui nous ont précédés ici ont misérablement reflué au sein de la masse protectrice. Dieu merci ! nous autres, nous n’en sommes plus là. Et maintenant, allons fêter cela ! »
Jean Raspail
Septentrion, éditions Robert Laffont, 1979, réed. 2007
« Tout éternellement croît, tendu vers son déclin. »
Héraclite
Fragments, 126, 576 – 480 av. notre ère, trad. Jean-François Pradeau, éditions Garnier-Flammarion, 2018
« L’homme n’est pas en règle avec la loi pour s’être abstenu de la violer, il faut qu’il la défende. Pour se mettre à l’unisson des harmonies célestes, il doit établir l’ordre en lui-même et hors de lui ; c’est par l’active énergie de la lutte qu’on imite les dieux. »
Louis Ménard
De la morale avant les philosophes, 1860, éditions Hachette Livre, 2013
« La frontière courait sur quelque quatre cent soixante-dix lieues face à l’est et au nord-est. Elle franchissait d’interminables forêts, noir et argent durant le long hiver, des plaines spongieuses semées de lacs dont l’eau avait la couleur du plomb, des marécages qui disparaissaient sous des océans de roseaux et des rivières roulant leurs flots boueux vers des destinations incertaines. Elle escaladait des collines au relief tourmenté qu’un ciel bas faisait apparaître comme autant de montagnes infranchissables dont les sommets se confondaient avec l’épais plafond des nuages. Face au nord, elle se perdait dans l’infini de la taïga au-delà de laquelle s’étendait une mer glauque hérissée de rochers battus par des vents furieux, mais nul voyageur, nul marin, hormis le commodore Liechtenberg en 1631, ne s’était avancé jusqu’à ces rivages. »
Jean Raspail
Les royaumes de Borée, éditions Albin Michel, 2003
« Plus de blanc sur les cartes ! À part quelques touffes de roseaux instables aux sources du Nil, quelques marais fuégiens où les géographes n’ont pas encore pataugé, quelques nuages de poussière mal fixés dans les déserts d’Australie, tout le reste a été vu, revu, arpenté, mesuré, étiqueté, catalogué et classé. Le monde est connu.
Mal connu : la multiplicité et la rapidité de nos moyens d’information le déforment. Le cireur de bottes du coin parle de la Mongolie et de la Chine comme s’il été le père Huc en personne. Il les a vues à la télé. »
Jean Giono
Les Trois Arbres de Palzem, éditions Gallimard, 1984
« La civilisation de l’âtre, de la huche à pain, du vin de famille et du sillon court, suintait de partout. Des jardins potagers de trente mètres carrés étaient soignés comme des tapisseries au point de croix ; on y avait fait alterner des raies de glaïeuls et des rangs de fèves. Les arbres, et surtout ceux qui ne rapportent rien que de l’ombre, comme le platane, avaient la beauté franche des êtres qui sont aimés. On les sentait avoir leur place – et pas la dernière – dans l’affection d’une humanité habile à jouir. Et non par principe : par expérience. »
Jean Giono
Les Trois Arbres de Palzem, éditions Gallimard, 1984
« Cette intelligence de la médiocrité marquera dans le temps notre époque moderne. On la voit s’exprimer hautement et largement dans l’architecture, abondamment dans la littérature, complètement dans la politique. Seul un romantisme désuet, et dangereux, peut encore croire à l’intelligence de la bravoure, de la générosité, de la grandeur d’âme et de l’amour. Ce sont des moyens parfaits “de ne pas parvenir”. À les exercer on y perd, non seulement la paix, ce qui est justice somme toute, mais l’estime d’autrui. »
Jean Giono
Les terrasses de l’île d’Elbe, 1976, éditions Gallimard, coll. L’Imaginaire, 2017
« L’architecte a introduit dans le circuit des entrepreneurs qui introduisent des fournisseurs, des sociétés anonymes ne tardent pas à apparaître, et voilà constituée une de ces “Grandes Compagnies”, une de ces invasions de barbares venus de l’intérieur, sous les pas desquelles l’herbe ne pousse plus. Tout est détruit, rasé, raclé ; quelqu’un s’insurge, défend un bel hôtel, un assemblage de pierres admirable, une porte monumentale, on l’abat sous les sarcasmes avec l’arme totale, l’imparable, celle à laquelle le primaire ne résiste pas : la nécessité de marcher avec son temps, et, s’il insiste, avec le mot “progrès” qui est la bombe atomique des raisonnements imbéciles. »
Jean Giono
Les terrasses de l’île d’Elbe, 1976, éditions Gallimard, coll. L’Imaginaire, 2017